Il y a ce moment, chaque année, à peu près au même endroit dans le calendrier : les vacances sont finies, les lardons sont à la crèche ou à l’école, la boite mail commence à se remplir et l’été a un petit goût d’inachevé. Chers darons, c’est ce qu’on appelle un déni de rentrée ! Et dans ces cas-là, chez Chilowé, on a qu’un seul conseil : reprendre la poudre d’escampette ! Alors Manta Lumineuse et Macareux Polisson ont enfourché leur vélo Yuba (le p’tit dernier de la famille), mis leurs jumeaux Écureuil et Hérisson dans le porte bagage direction… le bas de la maison sur les bords du lac d’Annecy ! Parce qu’une aventure réussie n’est pas qu’une question de kilomètres parcourus. La mission, si vous l’acceptez : partir juste après la sieste et rentrer avant celle du lendemain. Allez, on file prendre l’air… sans forcément réinventer la roue !
Ce topo en un coup d'oeil
Bonne nouvelle : cette aventure se reproduit à l’identique, ou juste à côté de chez vous, où que vous soyez. Pour celle-ci, rendez-vous à la gare d’Annecy : comptez environ 3h45 en direct depuis Paris (Gare de Lyon), et environ 1h50 depuis Lyon (Part-Dieu).
- Nuit en camping : 30 € pour l’emplacement avec 2 adultes et 2 enfants
- Pique-nique avec des produits du coin : 25 € pour toute la famille
- Petit-déj à la boulangerie : 10 € pour toute la famille
- Equipement de bivouac : on fait le tour des copains ou de la famille pour dégoter tout le nécessaire. Pas besoin de s’équiper pour l’Everest !
- Restaurant à Menton-Saint-Bernard : comptez 15 à 20€ / adulte et une dizaine d’euros / enfant
- Le Yuba Spicy Curry Family Edition, avec les sièges enfant Thule pour les minis. Il a largement assez de batterie pour boucler une portion du tour du lac d’Annecy en multipliant les arrêts
- Une tente 3 places (pour 2 adultes et 2 minis, ça suffit largement)
- 3 matelas gonflables
- 1 duvet chacun. Même quand il fait chaud, les nuits et les matins restent frais
- Une couverture/plaid type Quechua, qui sert de nappe et de drap géant pour relier les 3 matelas le soir
- Tout le nécessaire pour les kids (couches, rechange, doudous, boite à histoire, …). On maintient le rituel du dodo, même en aventure
- Casques et lunettes de soleil pour tout le monde, grands et minis
- Un kit popote
Jour 1 : cap sur Saint-Jorioz
Samedi, 16h, l’appel de l’aventure est trop fort ! Sieste terminée pour les garçons, décision prise pour les darons. Le temps de charger les montures, la tente, les matelas et le duvet des minis qui disparaissent dans les sacoches et c’est parti pour la grande boucle ! Enfin, l’objectif du soir est à une dizaine de kilomètres à peine. Autant vous dire qu’on a pris le concept du Slow Travel à la lettre. Mais quel kiff d’avoir l’impression d’être en vacances à la maison !
Et puis c’est une formidable occasion de faire voir du pays à notre Yuba, qui en a gros sous la pédale et qui avait envie de nous montrer, au-delà du trajet quotidien jusqu’à la crèche, de quel moteur il se chauffe (le Bosch Cargo Line pour être précis) !
On traverse la vieille ville, on longe le lac par la piste cyclable de Sévrier, petit détour par le port de Saint-Jorioz, ses jolies maisons, et une vue imparable sur les Dents de Lanfon et la Tournette. On finalise les courses du pique-nique du soir, avant de repartir déjà vers notre camp de base.
- Où faire les courses : pour des produits du terroir à tomber de votre selle, rendez-vous chez Tommes & Beaufort à Sévrier. Que ce soit pour faire le plein de fromages du coin ou d’autres victuailles qui raviront toutes les papilles, c’est ici qu’il faut s’arrêter !
- Où dormir ? Au Camping Le Cretoux, sur les hauteurs de Saint-Jorioz. Attention, depuis le bord du lac, la remontée qui suit est jolie, mais réclame soit des mollets en acier, soit une monture à assistance électrique, du moins avec les kids assis sur le rack arrière. Une fois arrivés, c’est le coup de cœur ! Familial, mais surtout très nature, on est un peu isolés, loin de la foule du bord du lac, et la fraîcheur des hauteurs fait le plus grand bien. Petit espace de jeux pour les enfants, sanitaires, emplacements très tranquilles… et puis c’est tout.
On choisit l’emplacement le plus tranquille, notre inquiétude principale résidant dans le fait qu’Écureuil et Hérisson se transforment en coqs et réveillent toutes les tentes alentour demain matin. On plante la nôtre sous les encouragements des deux tornades « maman cabane ! », on installe la tablée, et on remplit nos estomacs devant un coucher de soleil sur le lac et le Mont Veyrier. Au final, on a plus eu l’impression de bivouaquer que de camper. Mais a-t-on vraiment besoin de plus ?






D’ici, on peut presque apercevoir la maison. Il y a quelque chose d’incroyablement dépaysant à dormir là-haut, si proche de chez soi. On est partis il y a à peine quelques heures, mais dans notre tête, on est déjà très loin. Le ventre bien rempli, on enchaîne avec le rituel du dodo, et on s’endort tous tôt, dans notre « cabane ». C’est aussi ça, l’aventure en famille : avoir le droit de dormir avec papa et maman. Et ce ne sont pas ces derniers qui vont s’en plaindre…
Jour 2 : Duingt, Talloires et Menthon-Saint-Bernard
Comme prévu, Écureuil a réveillé toute la basse cour donc on décide de plier le camp tôt pour filer prendre un petit-déj à Duingt, à quelques kilomètres de là, avec une vue incroyable sur le lac, le château de Duingt et le Roc de Chère. On achète de quoi se régaler à la Boulangerie du Lac. Ici, le plus dur c’est de choisir !
Petit-déj avalé, on reprend nos montures, on emprunte le tunnel de Duingt et on file vers le bout du lac. Après un court arrêt pour observer l’atterrissage des parapentes (« cui-cui » comme dirait Hibou), on fait une halte à la Réserve Naturelle du Bout du Lac (les vélos se garent à l’emplacement prévu pour ça). On parcourt à pied cette magnifique réserve aux airs de bout du lac monde.
De là, on récupère les vélos pour aller faire trempette à Talloires, sous la pression insistante des jumeaux « Papa, piscine ! », traduction officielle : « on adorerait se baigner, merci de garer nos montures dès que possible ». Pour boucler ce tour du lac, la sieste approchant à grands pas, direction le déjeuner à la terrasse du Chalet du Port, à Menthon-Saint-Bernard. Pour cela, on longe les magnifiques pontons et on se régale dans ce restaurant qu’on adore, et dans lequel on revient souvent. Pas besoin de réinventer la roue du Yuba à chaque fois !



La peau du bidon bien tendue, il est l’heure de rentrer, nos deux tornades trouvent leurs sièges tellement confortables qu’ils démarrent déjà la sieste. La boucle est bouclée, mission accomplie !
Ce qu’on retient
Et voilà : on est partis 24h, un peu sur un coup de tête, et on a l’impression d’avoir vécu un souvenir de dingue en famille. Un bon vélo, un paysage de carte postale, une bonne cure de nature, et surtout, surtout : aucune pression. Les plus belles aventures sont souvent celles qu’on vit à côté de la maison, sans préparation et sans autre volonté que de prendre l’air.
Quelque chose me dit que le déni de rentrée est loin d’être terminé…












