Vous pensiez que transpirer comme une passoire était une malédiction ? Oh que non, malheureux, et c’est même tout l’inverse ! Être en nage, mouiller la chemise ou suer comme un boeuf… transpirer est un mécanisme essentiel qu’on partage tous. Mais attention, en pleine nature, elle pourra se retourner contre vous si vous ne savez pas comment l’optimiser. Aujourd’hui, on va vous raconter pourquoi la transpi est votre meilleure amie et comment en faire une compagnonne d’aventure. Et que ça sue !
Pourquoi on transpire et comment ça marche ?
Transpirer l’équivalent d’une pinte par jour ça vous choque ? C’est pourtant bien la moyenne. La transpi, c’est en quelque sorte le climatiseur du corps, elle nous permet de rester à une température moyenne de 37°C, même en pleine côte, les deux mains sur les genoux. Mais ce n’est pas juste une question de confort, c’est de la survie. Au-delà ou en dessous de ces températures, on risque l’hypo ou l’hyperthermie, et on risque sérieusement d’y passer. Une fois sur la peau, la sueur ne refroidit pas automatiquement le corps, c’est son évaporation qui capte la chaleur avec elle et fait chuter le thermomètre.


Que perd-on vraiment ?
À part sa dignité ? 99% d’eau, et quelques minéraux qui donnent ce fameux goût de sel. Pas de graisse, pas de toxine, pas d’autre truc saugrenu. On « n’élimine » donc pas vraiment lorsqu’on transpire, c’est encore un mythe vieux comme mon grand-père. Le débit, si on peut dire ainsi, varie en revanche vachement d’une personne à l’autre. Cela va dépendre de l’acclimation de chacun à la chaleur, de la morphologie, du sexe, de la génétique et de l’alimentation. Une règle simple : plus le repas est difficile à digérer, plus on va dépenser de l’énergie, plus on va générer de la chaleur. Essayez la fondue si vous avez un doute, même dans un refuge en pleine montagne, vous suerez à grosses goutes.



Et en montagne, qu’est-ce qu’on risque ?
En altitude, le plus connu c’est le risque de déshydratation (même en hiver). Et c’est mathématique, si on transpire plus que ce qu’on boit, alors on se transforme en raisin sec. À l’inverse, boire de grandes quantités d’eau sans sodium peut causer l’hyponatrémie. Un mot compliqué pour dire que le corps manque de sel. Ce dernier s’évapore par la sueur et le stock n’est jamais réapprovisionné.
Enfin, il y a le coup de froid post-effort, le petit dernier de la bande qui guette tous les randonneurs. Quand on vous dit de mettre une petite couche (de vêtement) à chaque pause pendant la rando, ce n’est pas pour rien ! En mouvement, on ne sent rien, c’est la pause casse-dalle au sommet qui nous rappelle très vite à la réalité. Et c’est là que la matière qu’on porte entre en jeu.



Une histoire de mouton
La laine et la transpi, une looooongue histoire d’amour. Il faut qu’on vous parle de son meilleur producteur : le mouton mérinos, le petit génie derrière la fameuse laine mérinos. On s’est intéressé à ce petit trapu et à sa laine pour sa capacité à s’adapter très facilement aux conditions difficiles de la Nouvelle-Zélande. Contrairement au coton qui tient chaud mais colle à la peau une fois humide, la fibre de mérinos est composée à 85% d’air, ce qui lui permet d’absorber un bon tiers de son poids en eau. Quand les températures chutent, c’est un indispensable a porter par exemple en première couche. Et contrairement à ce qu’on pense, il est tout aussi adapté à l’été car sa matière laisse passer l’air et la chaleur évacuée du corps pendant l’effort. Le pompon sur le museau ? La kératine naturellement présente sur les vêtements en laine mérinos réduit (drastiquement) les odeurs de transpi. Une bien bonne excuse pour s’affranchir de la corvée de la douche quotidienne.















