On nous a bien vendu la Vendée ! Et il faut dire que les arguments étaient franchement convaincants : des oiseaux migrateurs à portée de jumelles, des nuits en catamaran et des marais en veux-tu en voilà. Mais surtout surtout : une culture de l’accueil comme nulle part ailleurs. Mouflon Grimpant et Loutre Gourmande sont partis explorer la Vendée du Sud et la Vendée Marais Poitevin, deux territoires complémentairs, sauvages et préservés, pendant 4 jours bien chargés. Voici leur récit d’aventure !
Ce topo en un coup d'oeil
Au départ de la Baie de l’Aiguillon.
- Observation des oiseaux migrateurs : gratuite, avec un point d’observation ouvert au public tous les samedis et dimanches après-midi en septembre et octobre.
- Restaurant – Julie dans la Cuisine : à partir de 28€ par personne
- Cabane de Pierre : gratuit, avec possibilité d’échanger avec Pierre pendant ses heures de présence sur site.
- Une nuit en catamaran : à partir de 350€ par personne
- Restaurant – La Suite : à partir de 47€ par personne
- Maison du Maître de Digues : visite gratuite d’avril à octobre (visites guidées en juillet et août).
- Ferme de Nermoux – Visite, dîner et nuit : visite gratuite tous les premiers mercredis du mois. Le dîner, proposé à 60€ pour deux personnes, est une option réservée aux personnes séjournant dans le meublé « Comme un moulin sans ailes ».
- Location fat bikes (2h) : 17€ par personne
- Restaurant – Au bord de l’eau : à partir de 23€ par personne
- Balade en barque à l’embarcadère de l’Autize (1h) : à partir de 17,5€ par personne pour deux (13,5€ si vous êtes quatre)
- Brasserie Cibulle (1h) : 7€ par personne
- Camping Ô P’tit Marais : à partir de 42,5€ par personne
- Restaurant – Chez Achille : à partir de 25€ par personne
- Visite Abbaye de Maillezais : 8€ par adulte hors journée de spctacle, 10€ en journée de spectacle
- Une bonne paire de jumelles
- Un Mercalme ou un estomac accroché si vous n’avez pas le pied marin
- Un coupe vent pour braver la côte
- Beaucoup de place dans le sac à dos pour repartir avec de bons frometons
- Un carnet pour recenser les oiseaux migrateurs
- Une casquette bien vissée
- 2 litres d’eau par jour
- Une paire de chaussure de randonnée

Jour 1 : Aiguillon-la-Presqu’île
On commence notre découverte vendéenne à la pointe de l’Aiguillon, au bord de l’océan, à l’extrémité du Parc naturel régional du Marais poitevin. On a rendez-vous ici avec des baroudeurs, des vrais : les oiseaux migrateurs. Avec les bénévoles de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), on sort les jumelles pour compter nos amis à plumes. Hirondelles de fenêtre par ici, hirondelles rustiques par là, cigognes et goélands un peu plus loin : tout le monde se réunit sur cette plage pour une halte bien méritée au cœur d’un looooong voyage.
- Où déjeuner ? On file chez Julie dans la Cuisine pour un repas en terrasse, avec vue imprenable sur la baie de l’Aiguillon. Au menu, rillettes de saumon et pastilla de poisson aux algues, que demande le peuple ? Foncez tout droit sur le cheesecake pomme-cacahuète et remerciez-nous plus tard.
Au bout du chemin, on a rendez-vous avec Pierre de la Cabane de… Pierre, pour découvrir une activité pas comme les autres : la myticulture. Derrière ce mot compte triple, on parle surtout de l’élevage des moules, véritable savoir-faire (et fierté) du coin. La passion de Pierre est débordante, il nous raconte son métier et son amour pour le territoire. Quand on regarde son bureau à ciel ouvert, on comprend très vite pourquoi il n’a pas besoin d’un coup de pouce pour se lever le matin !
On continue notre découverte des environs avec une balade autour de la Belle Henriette et la pointe d’Arçay. Un décor très sauvage qui donne cette impression d’être seuls au monde, échoués sur une plage perdue, dans une nature encore vierge et protégée. On se laisse filer le long de la côte en calculant notre coup pour faire demi-tour au bon moment et ne pas manquer l’abordage de ce soir.
- Où dîner ? Retour chez Julie dans la Cuisine pour reprendre des forces avant la nuit qui nous attend.
- Où dormir ? Tout à fait, ce catamaran qui mouille dans le port de la Faute-sur-Mer sera bien notre hôtel (de luxe) pour la nuit. Les skippers Patrick et Corinne nous attendent de pied (marin) ferme. On passera toute la nuit à naviguer avec eux le long de la côte en quête du meilleur spot coucher de soleil possible. L’avantage avec l’océan, c’est que peu importe où on se trouve, le spectacle est toujours grandiose.






Jour 2 : de Chaillé-les-Marais à Nalliers
Après s’être fait gentiment bercer par l’océan toute la nuit, on reste de longues minutes à observer le soleil se lever par le hublot. Un petit déjeuner de rois marins nous attend sur le pont. Au loin, ce sont les bateaux de pêche à la moule qui sont à l’œuvre depuis déjà un bon bout de temps. Patrick nous initie au maniement de la voile (pas fastoche) et on s’imagine déjà faire de grandes traversées d’océans comme les skippers du Vendée Globe !
- Où déjeuner ? Au restaurant La Suite, sur la terre ferme de Chaillé-les-Marais, après avoir pris le bus depuis La Faute-sur-Mer. Le burger ravivera les troupes pour une nouvelle journée d’aventure.
L’après-midi, on file voir Jean-Guy à la Maison du Maître de Digues. Ici, on apprend l’histoire des marais desséchés et des marais « mouillés ». Notre poète vendéen nous embarque dans ses histoires passionnantes. Il nous raconte que les marais desséchés ont notamment été créés grâce à des digues, par des moines du Moyen Âge. L’idée était surtout de protéger les terres des inondations et permettre ainsi leur exploitation agricole. À l’époque, le sel était un véritable trésor pour la région, à tel point qu’on lui avait donné le surnom (un peu stylé) de « l’or blanc ».
Il est maintenant temps pour nous de faire un tour à l’exploitation de la Ferme de Nermoux, à Nalliers, pour vérifier une rumeur locale : on a ouï dire que la Vendée était une terre de fromage… Eh bien figurez-vous que c’est vrai ! Chez Didier et Martine, on découvre une ferme familiale avec 90 vaches qui ont toutes un prénom, mais surtout un talent fou pour produire des fromages délicieux : Tomme, Motty, P’tit Gris, P’tit Rond, Camembert et même fromage blanc ! On vous avait dit qu’ils savaient tout faire ces Vendéens.
- Où dîner ? Allez hop, on reste carrément sur place pour le dîner. Nos hôtes nous préparent une « mogette », un plat à base d’haricots blancs secs typique du coin avec une tranche de jambon. Fromages et desserts entièrement faits maison, bien sûr.
- Où dormir ? Et puis tant qu’à faire, on passe même la nuit ici. Didier et Martine nous présentent le meublé qu’ils mettent en location : un ancien moulin rénové sur trois étages pour une nuit au calme, en pleine campagne.






Jour 3 : de Nalliers à Vix
Ce matin, on sort notre meilleur pouce pour se diriger vers le village du Mazeau. 40 minutes plus tard, nous voilà sur nos fat-bikes électriques avec un seul objectif : arpenter les décors atypiques du Marais Poitevin. Avec nos énormes roues, on ride à la vendéenne le long des canaux sur une boucle de 27 km sans voir passer le temps. Pas besoin de tirer d’immense conclusion pour comprendre pourquoi on appelle ce coin la Venise Verte.
- Où déjeuner ? On s’arrête casser la croûte Au bord de l’eau dans un restaurant qui porte diablement bien son nom. Sous l’ombre des arbres, on s’envoie une tarte aux légumes de saison dont on se souviendra, et on savoure le moment.
Ce canal nous a donné des idées de navigation (d’eau douce). Un peu plus loin, on embarque avec Julie, notre capitaine du jour, sur une barque de l’embarcadère de l’Autize, du côté de Saint-Sigismond. Julie est une locale qui connaît la faune et la flore du canal mieux que sa poche. Elle nous parle des ragondins, qu’on assimile trop souvent à de gros rats, mais qui sont en fait beaucoup plus proches des castors. Elle nous apprend surtout que l’eau des marais peut, tenez vous bien, prendre feu ! En remuant le fond avec sa pagaie, on en a même la démonstration en live (à petite dose). C’est notamment dû au gaz qui reste piégé dans les fonds du marais.
On termine cette journée bien remplie par une visite de la brasserie La Cibulle à Maillé. Pause désaltérante ET apprenante où Maxime, maître des lieux, nous conte l’histoire de sa brasserie : de l’époque où il produisait sa bière dans un garage jusqu’à son site de production aujourd’hui. On découvre comment est fabriquée une bière, du houblon jusqu’au verre !
- Où dîner et dormir ? Notre point de chute sera le Camping Ô P’tit Marais à Vix. On y mange à la guinguette avant de passer la nuit dans notre cabane : La Grande Perchée. Voilà deux gamins qui retombent en enfance, sauf que la cabane tient enfin debout cette fois-ci, et elle en jette sévère.












Jour 4 : de Vix à Doix-lès-Fontaines
Au petit matin, on part se perdre dans les ruelles de Fontenay-le-Comte. Une ville remplie d’histoire mais aussi de… chats ! Ces petits curieux ont bien choisi leur domicile, la ville a su garder le charme de l’ancien et on peut encore lire toute son histoire à travers les différentes architectures de ses façades.
- Où déjeuner ? On s’arrête prendre des forces chez Achille, sur la terrasse juste en face de l’Abbaye de Maillezais. Crêpes et galettes artisanales au rendez-vous.
L’après-midi, on visite l’Abbaye de Maillezais qui nous a fait de l’œil pendant tout le repas. Cette vieille bâtisse est aujourd’hui à ciel ouvert, ce qui lui donne en réalité encore plus de charme. On arpente le bâtiment à travers ses jardins et on se replonge à l’époque où l’Abbaye était gérée par les moines. Ces bâtisseurs avaient d’ailleurs eux-mêmes entamé de nombreux travaux pour exploiter les terres et maîtriser l’eau grâce aux digues et canaux. Malinx le moine.
Pour clore cette magnifique aventure vendéenne, on s’engage sur la randonnée de La Route de l’Eau à Doix-lès-Fontaines. 8 kilomètres au fil de l’eau pour se la couler douce une toute dernière fois ! Merci la Vendée, on reviendra, c’est certain.


















