Croissance verte ou décroissance : dans quel camp êtes-vous ?

Après les canicules, les sécheresses et les feux de forêt cet été, il n’y a plus à tortiller : il faut agir pour enrayer la machine du dérèglement climatique. Mais le monde se divise en deux catégories. D’un côté, les PRO-croissance verte, soutenant qu’il est possible d’avoir à la fois une croissance économique et une baisse des émissions de gaz à effet de serre. De l’autre, les PRO-décroissance, convaincu·e·s que la croissance et l’usage des ressources sont intimement liés et qu’il est donc nécessaire de décroître pour limiter notre empreinte carbone. Vous ne savez pas où vous situer ? Voici un test de personnalité en 10 questions pour choisir (ou pas) votre camp.

Pour vous la décroissance c’est :

Réponse A : Retour imminent à l’âge de pierre version RRRrrrr!!! La solution la plus efficace à ce jour, c’est faire évoluer la croissance, pas tenter en vain de renverser un système. Et puis la croissance, c’est positif : on avance, on progresse, on crée des emplois. Objectif : réconcilier économie et écologie !

RRRrrrr!!! Alain Chabat
“Avant on marchait sur quatre pattes. Maintenant on marche sur deux pattes. Si ça se trouve, un jour on marchera sur zéro patte…”

Réponse B : Abondance frugale souhaitée et création de valeur intelligente dans une société où l’on vit mieux avec moins. Concrètement ? On limite le transport d’humains et de marchandises, on lutte contre l’obsolescence programmée qui alimente la surconsommation et on remet en question l’utilité de certains secteurs d’activité comme la pub et la spéculation financière. Bref, on invente un nouveau modèle souhaitable, collectivement !

Le PIB, selon vous c’est :

Réponse A : Un bon indicateur des richesses d’un pays. Le PIB, Produit Intérieur Brut, est utilisé depuis des dizaines d’années à l’échelle planétaire. On en a besoin pour mesurer la production économique interne d’un pays et adapter les décisions politiques en fonction de son évolution. Mais pourquoi pas y intégrer de nouveaux indicateurs comme le suggère l’OCDE

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Réponse B : Un outil de compta et de gestion utile pour les finances publiques… MAIS qui est loin d’être suffisant. Le PIB montre la taille des activités monétaires dans une société mais ne dit rien de ce qu’elles sont. Certaines activités créatrices de valeur permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou les inégalités, quand d’autres sont néfastes pour la planète ou la justice sociale. Pour piloter nos économies, on pourrait peut-être s’inspirer du Bhoutan et de son BNB, Bonheur Intérieur Brut ?

Quels pays doivent agir en priorité ?

Réponse A : La France ne fait pas partie des plus gros pollueurs : elle émet moins de 1% du CO2 mondial et s’engage déjà dans un programme de croissance verte. Ce sont les pays les plus émetteurs, comme la Chine, l’Inde et les États-Unis, qui doivent agir en priorité. 

Emissions de CO2 par pays
Et le bonnet d’âne revient à…

Réponse B : Absolument tous les pays doivent agir pour endiguer le dérèglement climatique… à commencer par les plus riches. Si l’on regarde l’empreinte carbone par habitant·e, on fait partie des pays les plus responsables du problème. L’Europe se situe juste derrière les États-Unis. La balle est dans notre camp !

Quel est votre plan sobriété énergétique cet hiver ?

Réponse A : Passer chez Enercoop pour continuer à vous chauffer sans polluer et participer au développement des énergies vertes en France. Vous croyez au développement des énergies renouvelables pour continuer à soutenir la croissance et remplacer progressivement les énergies fossiles. Quand on vous parle de la raréfaction des métaux rares nécessaires à la construction des infrastructures pour le renouvelable, vous pensez que l’on va trouver des solutions technologiques et techniques.

Réponse B : Baisser le chauffage au max car vous êtes persuadé·e qu’aucune énergie n’est réellement verte (et votre porte-monnaie encore moins). Il n’existe aucune production d’énergie qui soit rigoureusement neutre en carbone ou verte.

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La compensation carbone c’est :

Réponse A : Un bon moyen pour permettre aux causes écologiques et aux associations qui protègent le vivant de récolter des fonds pour mener des actions concrètes sur le terrain. Et puis, c’est aussi important que les grandes firmes polluantes puissent payer leur impôt à la planète sous cette forme.

Nom de Zeus !

Réponse B : Une illusion pour se donner bonne conscience. La compensation carbone n’est pas à la hauteur de ses promesses. C’est un outil pour accélérer l’action climatique qui ne devrait être utilisé que pour les émissions incompressibles. Ce qui compte vraiment, c’est la réduction des émissions à la source.

Selon vous, le recyclage c’est :

Réponse A : Une solution indispensable sur laquelle miser. Vous soutenez les projets pionniers innovants en matière d’économie circulaire. Vous êtes convaincu·e qu’ils permettent d’évoluer vers des modèles plus soutenables en rallongeant la durée de vie des produits.

Réponse B : Un mythe qu’il faut déconstruire au plus vite. En 1972, alors que le Club de Rome publiait son rapport “Limites de la croissance”, le monde consommait 28,6 milliards de tonnes de matériaux. En 2000, ce chiffre était passé à 54,9 milliards de tonnes et, en 2019, il a dépassé les 100 milliards de tonnes… soit le poids de 10 millions de Tour Eiffel. Le problème, c’est qu’on n’a recyclé que 8,6% de l’ensemble de ces matériaux. Il y a encore du boulot avant que le recyclage soit efficace !

Quelle est votre définition du progrès ?

Réponse A : Le progrès, c’est l’innovation technologique, la disruption, dans l’objectif de résoudre les problèmes auxquels on est confronté·e·s. Autrement dit, aujourd’hui, le progrès, c’est ce qui nous permet de produire et consommer plus tout en polluant moins. C’est aussi ce qui nous permet d’améliorer nos quotidiens. Même si la situation est critique, le progrès sera la solution.

10 milliards de Thomas Pesquet et Sophie Adenot en 2050 ?

Réponse B : Le progrès, c’est rendre de l’importance à ce qui compte vraiment et ce dont on dépend pour notre survie : la santé de la planète et de tou·te·s ses êtres vivant·e·s. Selon vous, le progrès n’est pas lié à l’innovation technologique. Bien au contraire ! Même si elle peut apporter des solutions, les innovations technologiques tendent aussi à créer de nouveaux problèmes.

Vous avez 1 000 euros à investir, vous choisissez :

Réponse A : Une future licorne de la tech valorisée au-delà d’un milliard de dollars. Vous optez pour Carbios, une startup qui a de l’avenir sur la scène internationale. Le concept ? Révolutionner le recyclage grâce à une enzyme capable de biodégrader les plastiques. Le retour sur investissement promis est à 2 chiffres, et vous utiliserez cet argent pour la bonne cause.

las vegas parano
Cash only, baby!

Réponse B : Une licoorne coopérative. Votre choix s’est porté sur Telecoop, le premier opérateur télécom coopératif engagé pour la transition écologique et solidaire. Le concept ? Facturer les abonnements en fonction de la consommation réelle de données pour encourager la modération des usages numériques. D’ailleurs, vous aimez patrouiller régulièrement sur Lita et découvrir de nouveaux modèles économiques. Les retours sur investissement sont plus faibles, mais la valeur pour la société vous importe encore plus.

Quel rôle jouent les humains vis-à-vis des autres espèces ?

Réponse A : Les humains sont l’espèce douée de la plus grande intelligence. On est capables d’apprendre, de comprendre, d’appliquer la logique et la raison… Cette position vient avec une responsabilité : celle de protéger la planète et donc les espèces animales qui s’y trouvent.

avatar
“Je te vois.”

Réponse B : Les humains font partie d’un tout : Homo Sapiens est un animal comme les autres. Ainsi, on est lié·e·s à toutes les autres espèces et organismes vivants qui vivent sur la planète sans être supérieur·e·s à eux ni avoir de droit sur eux. Le film de Cyril Dion Animal fait écho en vous.

Quelle personne vous inspire le plus ?

Réponse A : Emmanuel Faber

Vous admirez l’ancien patron de Danone qui a réussi à se hisser à la tête d’une entreprise du CAC 40 tout en ayant un sens profond de l’engagement et de l’activisme. Et quand vous avez appris qu’il adorait grimper des parois et qu’il partait souvent dormir en montagne dans son petit utilitaire VW aménagé, ça n’a fait que confirmer votre admiration !

Réponse B : Pierre Rabhi

Vous adhérez à 100% à la sobriété heureuse, cette philosophie de vie qui prône le retour à la terre, l’éloge de la lenteur, le minimalisme, la déconnexion et la mesure. Vous vous demandez bien ce qu’on attend pour faire ce que Pierre Rabhi a fait il y a des années : sauter du wagon de la croissance infinie pour se reconnecter au temps et à la terre.

Bonus – Sur votre liste pour le père Noël cette année, il y a :

A : Le dernier iPhone acheté reconditionné sur Backmarket et une polaire Patagonia en plastique recyclée : ça peut toujours être utile !

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B : Une micro-aventure Chilowé et un don à une association qui agit pour la planète : avec les cadeaux immatériels, vous n’êtes jamais déçu·e !

Si vous avez une majorité de A, vous êtes du côté de la croissance verte. Vous croyez qu’il est possible de faire advenir un modèle économique qui produise des richesses, et donc de l’emploi, sans condamner le vivant. Au contraire, si vous avez une majorité de B, vous êtes du côté de la décroissance. Vous êtes persuadé·e que l’accumulation ne peut se faire qu’aux dépens des écosystèmes et qu’il est nécessaire de construire un système capable de prospérer sans forcément croître. Et si vous avez presque autant de A que de B ? Alors vous avez le cul entre deux chaises ! Vous avez l’intuition qu’il y a quelque chose qui cloche dans notre modèle, mais vous ne savez pas vraiment dans quelle direction partir pour rétablir l’équilibre : l’innovation technologique ou la sobriété choisie ? Où que l’on se trouve, c’est le moment de réfléchir plus longuement à la société que l’on souhaite voir advenir demain pour savoir quelles actions mettre en place dès aujourd’hui. Géronimo !
Vous en voulez encore ?