La vanlife en famille c’est l’aventure en pleine nature avec le confort d’une mini-maison à roulettes. Ce sont des escapades un peu collées-serrées-souvenirsassurés. Mais pour qu’elles se passent bien, mieux vaut oublier les clichés (souvent falsifiés) qui vous ont fait de l’œil sur Instagram. Surtout avec des marmots ! Alors si vous n’avez pas encore osé vous lancer avec vos minis, allez-y les yeux fermés… mais les oreilles grandes ouvertes pour prendre les conseils qu’on va vous filer. On a demandé aux parents de la commu Chilowé habitués à partir en van de nous donner toutes les clefs pour un premier week-end réussi.
Tordre la roue aux clichés
Avant de partir, mieux vaut savoir dans quoi on met les 4 roues.
La première règle est la même que l’on retrouve en page 1 du livre d’or de la parentalité : faites une croix sur le programme millimétré. « Rien ne va se passer comme vous l’imaginiez et c’est ok ! Il va falloir être ouverts au changement d’itinéraire, ne pas prévoir beaucoup de route, accepter de vraies journées à ne rien faire et laisser les enfants nous guider », conseille Marie Lamoise, du compte @guidedunemamanausommet. Et gare aux darons qui tenteraient d’être l’exception qui confirme la règle ! « Avec de jeunes enfants, on avait prévu plein de choses… mais finalement ce sont eux qui donnent le rythme et c’est très bien comme ça ! », lance Gaëlle. Passer la journée au même endroit (au lieu des 5 prévus) parce que la sieste de bébé s’éternise, c’est l’occasion de lâcher la pression, observer les couleurs de la nature changer au fil de la journée et réapprécier prendre le temps. Sea sieste and sun !
La seconde règle consiste à se dévisser du crâne les vidéos de vanlife que l’on voit sur les réseaux. Le van posé dans un spot de fou face au coucher des soleils avec les bambins qui font un coloriage, c’est 1% du temps. « Parce qu’il y a aussi des nuits sur un parking parce que tout est complet, des enfants qui se disputent dans 6 m², de la pluie pendant trois jours et quelqu’un qui veut dormir pendant que l’autre cherche désespérément ses chaussettes ! », rappelle Justine du compte @destination.aventures.
La 3ème règle c’est de voir ce premier week-end en van comme un brouillon plein d’imperfections, mais qui nous permettra de mieux dessiner tous les suivants. « Ne cherchez pas à réussir votre première vanlife. Partez, testez, voyez ce qui fonctionne pour votre famille et ajustez. C’est justement en voyageant qu’on découvre sa propre façon de faire », conseille Justine. Un premier coup pour du beurre, sans trop d’attente et qui sera peut-être 100% galère, mais forcément mémorable.
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Les charges mentales à laisser sur le bord de la route
« La vanlife n’est pas forcément synonyme de liberté absolue ! avertit Justine. Il faut gérer l’eau, les toilettes, l’électricité, les vidanges, trouver où dormir, faire les courses, parfois réserver… Et à 4, tout prend vite du temps », rappelle Justine. Voici 4 charges à anticiper (pour ne pas partir trop chargé) !
Trouver un endroit où dormir. Autant vous dire que ce n’est pas la question à se poser à 19h30 avec 3 minots affamés à l’arrière. Avec des enfants, c’est quelque chose que l’on anticipe avant de partir en week-end ou bien au moins le matin pour le soir. (RDV en partie 6 des applis garanties sans arrachage de cheveux pliés en 4)
Monter-démonter le camp. Sans enfants, c’est déjà une tannée. Avec, c’est comme enlever les miettes de pain d’un tapis avec une éponge : une super-tannée. Cynthia du compte @Cynthialabougeotte conseille de tester le van avant le grand départ pour ajuster l’organisation. Une répétition générale qui permet de découvrir tranquillement que le sac à langer devient inaccessible une fois le lit monté ou que quatre personnes essayant de se mettre en pyj au même moment dans 6 m² est un bon remake du twister.
Faire à manger et faire la vaisselle. Anticipez les repas avec un planning façon batch cooking pour limiter les courses et le temps passé derrière les fourneaux. Côté vaisselle, sachez que si vous la faites uniquement dans le van, l’évier aura souvent la taille d’un Tupperware. Une nuit dans un camping avec des infrastructures sauve parfois la soirée.
Vider les eaux grises. Joli nom pour parler de l’eau des toilettes. Et vous imaginez bien qu’on ne fait pas ça n’importe où mais dans des structures dédiées appelées « camping car parc ». Les repérer sur une carte en amont évitera une prise de tête non-solicitée sur le trajet du retour.


Où louer son van ?
Parmi les principaux loueurs, WeVan, Roadsurfer et BlackSheep proposent un large choix de vans et de fourgons aménagés adaptés aux familles, notamment des vans avec 4 à 5 places et couchages. Et pour ceux qui préfèrent louer directement à un particulier, Yescapa permet de choisir parmi de nombreux vans et camping-cars proposés par leurs propriétaires.
Pour le choix, ce n’est pas ce qui est à l’extérieur qui compte, c’est ce qui est à l’intérieur. Regardez surtout le nombre de couchages disponibles, les équipements et ces quelques petits détails essentiels avec des kids :
- Une banquette est bien compatible avec l’Isofix pour le siège enfant
- Des rideaux occultants pour pouvoir coucher les enfants même s’il fait encore jour dehors et des moustiquaires aux fenêtres
- Un chauffage qui fonctionne
- Un filet de sécurité au niveau de la tente de toit
- Un auvent intégré au van pour avoir un extérieur abrité
- Un extincteur, un détecteur de fumée fonctionnel, des gilets jaunes pour toute la famille
- Des cales à pneus (pour éviter de se rouler dessous toute la nuit).


Où partir pour son 1er week-end
Pour une première (et même les suivantes), inutile de commencer par une traversée de l’Europe. « Au départ l’objectif est plutôt de tester une nouvelle façon de voyager : trouver un joli camping, prévoir une balade accessible directement depuis le van, cuisiner dehors, prendre son temps… plutôt que de passer le week-end à rouler », avertit Justine.
En manque d’inspi ? Des desti testées et validées :
- Le massif des Vosges en France « accessible à tous avec de petites montagnes, pas de gros dénivelé, de beaux lacs, des cascades », recommande Marie.
- Le Jura, pour Mathieu ! C’est la montagne accessible, des paysages où un lac peut en cacher un autre et des arrêts fruitières pour s’éclater l’estomac avec de bons fromages du coin.
- Le lac d’Annecy, pour ses moult campings en bord de lac, assure Benoît.


Comment organiser son trajet ?
Si vous avez déjà pris la voiture avec votre mini vous savez qu’on n’enchaîne pas les kilomètres. La règle ne change pas comme par magie avec un van ! Au contraire… Sauf si vous avez l’habitude de conduire un camtar de déménagement tous les jours, la prise en main d’un van peut demander un peu de temps. Pour une première aventure, oubliez les grosses étapes et roulez pendant les siestes.
Pour le parcours, Cynthia conseille de prévoir des plans B. « L’idée n’est pas de programmer chaque journée à la minute près, mais d’avoir plusieurs options sous le coude pour pouvoir, si besoin, adapter l’itinéraire au rythme des enfants… et de la météo. »
Le soir, arrivez suffisamment tôt sur le spot pour avoir le temps de choisir, profiter, se laver, gérer la logistique et faire le rituel du coucher (sans lire l’histoire du soir en vitesse x2 comme vos vocaux WhatsApp).
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Les applis pour trouver où passer la nuit
- Park4Night répertorie sur une carte interactive les parkings, campings et espaces sur lesquels il est autorisé de se garer. Avec des enfants, prenez la version payante qui permet de filtrer les lieux en fonction de la taille de votre véhicule, les infrastructures sur place ou encore les notes. Ciao les mauvaises surprises. Bon à savoir : « On évite de se fier uniquement aux notes. On regarde surtout les commentaires récents et les photos, notamment pour savoir si l’endroit correspond vraiment à une famille », préconise Justine.
- Campspace qui recense les jardins, champs et terrains privés de particuliers prêts à accueillir votre bolide aménagé.
- France Passion et UnBonSpot sur lesquels des agriculteurs, fermiers, vignerons, éleveurs, brasseurs et artisans accueillent sur leurs terrains des vans et des camping-cars. En bonus : vous avez accès à des visites, dégustations et accès aux produits sur place !
- Bivouac Huttopia où l’on trouve des emplacements van en pleine nature nichés sur des terrains privés. Chaque spot est limité à deux emplacements max. Parfait pour se sentir seuls au monde (et ne pas déranger tout le parking avec les réveils nocturnes du petit dernier).
- Certains préfèrent chercher directement sur les cartes IGN pour emprunter les chemins autorisés. « C’est comme ça que l’on dégote nos spots, assure Marie. Il nous arrive aussi de demander directement à un agriculteur s’il est possible de passer la nuit dans un pré ou en bout de champ. »
- Enfin, le bon vieux bouche à oreille n’a jamais été aussi efficace que dans la commu de la vanlife. Un voisin de parking ou un gérant de camping a toujours un bon spot à vous recommander.


Comment gérer la nuit à plusieurs dans le van ?
Quand toute la famille vit dans quelques mètres carrés, avec des horaires de coucher différents, cela demande un poil d’orga. L’idéal, c’est que chacun ait son espace de couchage séparé et bien douillet.
Ensuite, on essaie de ne pas changer les bonnes habitudes de la maison. Pauline organise toujours la fin de journée en fonction de l’heure du coucher : « On adapte pour être de retour pas trop tard au van pour faire la routine du soir sans se presser. »
Pour que la soirée se prolonge côté daron, prévoyez de quoi passer l’after en extérieur : des lumières, des plaids, un réchaud extérieur ou un repas froid pour ne pas avoir à faire la popote à l’intérieur.


Comment gérer la chaleur le jour et le froid la nuit ?
Pour avoir une idée précise des températures de jour et de nuit dans le spot reculé que vous avez déniché, oubliez la météo Google et investissez dans une appli un peu plus précise que « un soleil caché par un nuage ».
Pour la chaleur la journée, on essaie de se garer à l’ombre pour ne pas laisser le véhicule chauffer, on aère au maximum et on privilégie le stationnement sur l’herbe ou la terre (plutôt que du macadam bien chaud).
Pour la nuit, gardez bien en tête que même en été, on peut se les peler, surtout en altitude. Benoît conseille de prévoir duvets, couettes, bonnets, tours de cou, gants, chaussettes chaudes et collants thermiques. Et petit détail bon à savoir au moment de distribuer les duvets : « dans les vans, il fait plus chaud en bas que sous le toit relevable, surtout si le van est équipé de chauffage ».

Le matos indispensable
Avec des enfants, une escapade de trois jours nécessite à peu près autant de matériel qu’une expédition polaire. Mais dans un van, chaque centimètre carré compte. Privilégiez les objets pratiques, pliables, de bonne qualité et de quoi les organiser pour ne pas passer les soirées à tout chercher.
- Une bonne couette et des pulls au cas où le chauffage du van lâche.
- Lampes et frontales rechargeables
- Batteries externes
- Ventilateur USB
- Une rallonge électrique
- Une raquette à moustiques + anti-moustique
- Des crochets aimantés pour accrocher les clés, un lange, un rideau…
- Une barrière de lit pliable si l’espace nuit en hauteur n’est pas sécurisé par un filet
- Un auvent si le van n’en a pas (cela permet d’avoir un extérieur abrité sous lequel on délimite en toute sécurité un espace de vie)
- Un scotch gaffer (pour réparer ou fixer n’importe quoi en deux secondes)
- Des sacs poubelle à foison et des bacs pour organiser chaque catégorie d’affaires.
- Une tente pour dormir dehors. Pratique si les nuits sont compliquées et qu’un des deux parents en détresse veut reprendre de l’énergie.
- « Un sac où chacun pose son portable, son livre, ses petits trésors pour qu’à chaque arrêt et chaque soir, rien ne traîne », recommande Marie.
- Tout ce qui sert à faire le rituel du dodo


Que faire s’il pleut pendant 2 jours ?
Vous aviez prévu baignade, rando et pique-nique, mais ça fait 48 heures que votre petit spot des Vosges a des airs de Cambodge pendant la saison des pluies ? Deux options s’offrent à vous.
1 – Bonne nouvelle, contrairement à un Airbnb, ma maison a des roues. « Pour la pluie, on a appris une chose : ne pas s’acharner. Si ça fait deux jours qu’il pleut et que la météo est meilleure ailleurs, on bouge ! C’est justement toute la liberté de la vanlife », explique Justine.
2 – Je n’ai qu’une philosophie : accepter les jours même de pluie. Si vous décidez de rester, place aux jeux de société, aux livres, aux films ou à la cuisine en famille dans le van. Et puisque la pluie n’a jamais encore fait fondre un enfant, « on s’équipe correctement, bottes ou chaussures adaptées, vêtements de pluie… et on sort jouer et se balader sous la pluie. Pour les enfants, ça peut même devenir l’une des aventures du séjour », assure Gaëlle. Si vous n’êtes pas loin d’une ville : les pistoches, médiathèques, musées, ciné, bars à jeux et salles d’escalade sont vos meilleurs amis.
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Le mot de la fin avant de vous remettre les clefs
La recette : pas trop de projections, une bonne capacité d’adaptation et un peu d’organisation. Vous touillez le tout et vous êtes prêts à vous laisser (agréablement) surprendre. Et au final, si votre plus beau souvenir du week-end finit par être une soirée pâtes sur un parking suivie d’une bataille dans les flaques, techniquement, vous aurez plutôt bien réussi votre premier séjour vanlife.











