Wandrille alias Walibi Waterproof est un fan de train de nuit. Déjà une quarantaine de trajets à son actif, principalement Paris -> les Alpes. À ce niveau c’est presque de l’actionnariat dans les INTERCITÉS de nuit. Alors quand ses filles Brune et Victoria sont nées en 2023 et 2025, forcément tout s̶’̶e̶s̶t̶ ̶a̶r̶r̶ê̶t̶é̶ a continué ! Avec sa femme Alix, alias Antilope, ils se sont un peu organisés, ont soufflé un grand coup et se sont lancés (pour ne plus jamais s’arrêter). Après 8 voyages en train de nuits avec ses minis, il nous livre leurs meilleurs tips pour une nuit sur rail réussie avec un baby.
À quel âge commencer ?
Quand on a emmené Victoria pour la première fois, elle avait seulement 1 mois et demi ! Je dirais que c’est le mieux : à cet âge-là c’est juste comme avoir un bagage en plus. Un bagage qui se réveille la nuit… Je dirais qu’entre 1 et 2 ans, c’est une période où il faut un peu plus de patience. C’est là où ils se rendent compte un petit peu de leur environnement et où ils remettent en cause pas mal de choses.

À quelle heure arriver en gare ?
Il ne faut pas hésiter à arriver tôt. De toute façon, les trains de nuit sont là très en avance. Ça permet de s’installer, de montrer aux enfants tout le wagon, les différents compartiments et éventuellement les gens avec qui on va voyager. À chaque fois que j’ai pris le train de nuit, les personnes du compartiment étaient très sympas et sont même sortis le temps que l’on couche Brune.
À lire aussi : 👉 5 trains de nuit depuis Paris pour se réveiller à l’autre bout de la France
Comment aménager son cocon-wagon ?
Au moment de la PourOn ne se sentait pas de faire dormir notre bébé aussi haut. Quand Brune avait six mois, elle ne bougeait pas trop la nuit, donc on l’avait calée dans un coin du lit du bas. Comme ça reste quand même à 50 cm de hauteur, on avait mis nos sacs de rando sur le côté et derrière elle pour faire une sorte de petit lit.
Avec un enfant de 1 an et demi qui bouge beaucoup la nuit, ça ne marche plus trop. Du coup, on a reproduit la même technique mais en accrochant les sacs avec des tendeurs. On trouve toujours quelques chose où les accrocher : une grille d’aération, les deux petites sangles qui tiennent le matelas… Dis comme ça, le système a l’air un peu aléatoire, mais ça marche vraiment très bien.
Dernière solution : embarquer la tente pliante peu encombrante de la marque Deryan qui fait office de lit parapluie de qualité avec un vrai matelas intégré.


Comment les endormir ?
Quand on doit prendre un train de nuit, souvent, c’est un horaire tardif, comme 21h30. Heure à laquelle les marmots sont sensés dormir comme des marmottes. Nous, on n’hésite pas à les coucher un peu tôt vers 18h30, en leur expliquant qu’on va les réveiller vers 20h pour aller à la gare. Comme ça, au moins, en arrivant, ils n’ont pas accumulé énormément de dettes de sommeil et ils sont un petit peu en forme.
Évidemment, on les laisse en pyjama parce que les changer, c’est quand même une charge en plus qu’on n’a pas envie de s’imposer.
Pour l’endormissement, c’est devenu un peu technique de notre côté a partir de un an et demi. Brune ne comprenait pas qu’il fallait dormir : elle pensait que le train était un jeu. Donc, elle nous regardait et elle rigolait. On savait que si on tentait le coucher autonome comme à la maison, ça ne marcherait pas, elle finirait par être fatiguée et exploser en plein vol. Notre technique : prendre bébé dans les bras et le bercer en chantant des chansons, encore et encore, jusqu’à ce qu’il s’endorme.
À lire aussi : 👉 Notre grand dossier sur l'aventure en train de nuit
Destressez
Comme à peu près tout ce qu’on entreprend avec des bébés, le plus important, c’est de lâcher prise. Il ne faut pas se poser la question de : « est-ce que je suis en train de déranger les gens derrière le mur (qui est vraiment un mur symbolique) ou sur la couchette du dessus ? » Quand on prend le train de nuit, on se rends compte qu’il y a beaucoup de personnes avec des enfants à la gare. Donc c’est un truc de famille (avec tout ce que ça implique).
S’il y a des gens dans notre compartiment, on discute avec eux et on leur assure qu’on ne le prendra pas mal s’ils veulent changer de compartiment. Il y a toujours des places dispo dans ces trains et ça évite le stress de déranger.

Profitez
Pour moi, le plus beau moment du trajet, c’est le matin. J’ai un souvenir que je n’oublierai jamais de Brune qui – quand on ouvre le rideau – se retrouve devant des champs d’oliviers, avec le soleil qui se lève et elle qui regarde en buvant son biberon. C’était vraiment magique. Nous on se fait un petit café, la tête un peu dans le gaz.

Selon la destination, on peut arriver tôt, comme 7h du mat’. C’est le cas quand on prend le train pour les Alpes depuis Paris. C’est top de prévoir un point de chute pas trop lointain – une maison de vacances, une réservation d’hôtel ou autre – dans lequel on peut terminer la nuit et les kids aussi. Nous, on recouche les filles, on prend un petit déj’ et après, on se rendort jusqu’à 9h30.
Rappelez-vous que vous faites le meilleur choix
Il vaut mieux un train de nuit dans lequel on met trois heures à endormir un bébé qu’un train de jour de 6h dans lequel on n’arrive pas à faire faire une sieste à son enfant. Parce qu’en train de nuit, à un moment donné, il va s’endormir. C’est une certitude. Alors qu’en train de jour, c’est beaucoup moins sûr ! Et moins ils dorment, plus ils sont irritables.
Cet hiver, on voulait prendre le train de nuit pour aller en Sicile via le bateau. Mais on n’avait pas beaucoup de temps donc on a pris l’avion. Et regretté. Certes le vol est plus court, mais quand on réfléchit au transport de bout en bout avec des enfants, il faut penser au-delà. Pas en temps de transport, mais en terme de pénibilité : trajet pour aller à l’aéroport et en repartir, arrivée en avance, enregistrement des bagages, confort, bruits, lumière… Et au-delà du bilan carbone, l’expérience est quand même beaucoup moins magique.
Enfin, le prix du billet fait économiser une nuit d’hôtel ou avoir un jour de vacances en plus. Et ça, c’est vraiment très profitable quand on a des enfants.











