Vous en avez marre de compter les carreaux de la piscine ? Relevez la tête direction le lac, la mer ou l’océan, avec de l’espace devant vous et, pour seuls voisins de ligne d’eau, quelques poissons qui vous regardent passer. Nager en eau libre pourrait bien vous réconcilier avec l’ennui de la natation en piscine…Ici, pas de chlore dans le nez mais seulement un paysage à regarder entre deux brasses. Mais avant de piquer une tête dans les (très) grands bassins, voici quelques conseils d’experts pour réussir votre première sortie en eau libre.
Miser sur le fluo pour être visible
Le plus important quand on débute en eau libre, c’est de savoir se fondre dans le décor avec les poissons… Eh bien non, MAUVAISE RÉPONSE ! Pour une première sortie (et toutes celles qui suivront), le plus important, c’est justement d’être bien visible. Comme nous le rappelle Damien Catti Vidal, entraîneur de natation en eau libre et ancien nageur de haut niveau, « le matériel est indispensable, même si l’on se pense habitué et suffisamment aguerri. »
Pas besoin pour autant d’investir dans les lunettes de Léon Marchand, une bonne paire qui évite que l’eau vienne s’inviter dans vos yeux toutes les cinq minutes fera très bien l’affaire. En revanche, côté visibilité, on peut se lâcher sur le fluo. Jaune, orange, rose… peu importe la couleur du bonnet, tant qu’on vous repère de loin.
Et surtout, n’oubliez pas votre meilleure amie : la bouée de nage fluorescente. C’est l’indispensable de l’eau libre, même quand on commence à se sentir comme un poisson dans l’eau. Elle permet d’être repéré plus facilement par les bateaux, mais aussi de s’y appuyer pour souffler en cas de fatigue.
La combinaison, elle, n’est pas forcément obligatoire à chaque sortie, mais elle peut vite devenir très utile lorsque l’eau se rafraîchit. Damien Catti Vidal le souligne : « La combinaison aussi est vraiment intéressante : elle apporte une meilleure flottaison, permet d’économiser de l’énergie et protège du froid. »


C’est pas la taille qui compte
Si vous comptiez jouer à celui qui a la plus grosse… distance, ce n’est pas forcément la meilleure idée quand on n’a plus les pieds sur terre. Pour une première sortie, mieux vaut donc commencer petit et augmenter progressivement la durée et la distance au fil des séances. Comme nous le conseille Damien Catti Vidal, « l’idéal, c’est de commencer raisonnable et de s’éloigner au fur et à mesure. Même si on y va pour nager 10 minutes, il ne faut pas minimiser. C’est déjà un premier pas et une expérience qui est hyper cool. »
À lire aussi : 👉 4 randos pour se baigner près de Paris en pleine nature ?Et si vous débutez vraiment en natation, attention, parce qu’en 10 min vous ne traverserez pas la Méditerranée, mais vous ferez plutôt 200 m, soit 4 allers-retours d’une pistoche de 50 m.
Alors inutile de partir à la conquête de l’autre rive en trois mouvements. Restez dans la limite des bouées jaunes et dans la bande des 300 mètres. Pierre Saulze, entraîneur de triathlon à Annecy et Aix-les-Bains, nous le rappelle : « Il ne faut surtout pas tenter une traversée d’un lac non encadrée parce qu’il y a des bateaux et c’est le meilleur moyen de se mettre en danger. »


Préparer sa sortie si on tient à sa vie
En eau libre, l’improvisation a ses limites. Avant de plonger, on vérifie que la baignade est autorisée, on jette un œil à la météo et, en mer, aux courants et aux marées. Pour une première fois, mieux vaut aussi choisir une zone connue, idéalement surveillée, plutôt qu’une crique sauvage digne d’un épisode de Koh-Lanta.
Comme le résume Damien Catti Vidal : « C’est comme tous les sports de nature, on doit préparer sa sortie. Il faut regarder la météo, les conditions, les courants, les changements de marée, parce que c’est parfois piégeant. Et quand on débute, il ne faut pas aller dans des endroits complètement sauvages…mieux vaut commencer par les plages surveillées et aller voir les maitres-nageurs pour leur poser des questions. » Alors, pour éviter de vous aventurer dans les profondeurs de l’océan, n’hésitez pas à checker les conditions sur des applis (surtout hors saison).
Mais une fois dans l’eau, encore faut-il savoir où aller. Contrairement à la piscine, pas de ligne noire au fond pour nous remettre dans le droit chemin. Avant de partir, on choisit donc sa direction et deux points de repère bien visibles pour former un cap. Ensuite, on relève régulièrement la tête pour vérifier sa trajectoire et la corriger si besoin.
À lire aussi : 👉 Les 15 plus beaux lacs de France ?Bref, le but est quand même de finir sa nage à peu près là où on avait prévu de la finir.


Et en cas de stress ?
Comme dit le diction « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »… et sans paniquer ! Nager à plusieurs permet déjà de se rassurer et surtout d’avoir quelqu’un à proximité si quelque chose ne va pas.
Mais même bien accompagné, un petit coup de stress peut vite arriver quand on n’a plus pied ou qu’on se sent soudain beaucoup plus loin du bord que prévu. Dans ce cas, le réflexe n’est surtout pas de tenter de revenir au bord au plus vite comme si un requin venait d’apparaître derrière vous. Damien Catti Vidal conseille plutôt de « se calmer, de se mettre sur le dos. On accepte de se faire bouger par le courant et on essaie de retrouver son souffle, parce que c’est le paramètre numéro un de la panique. Il faut faire redescendre le niveau d’anxiété dans le corps. »
Bref, si le cerveau commence à tirer la sonnette d’alarme, on oublie son record Strava, on se met quelques secondes sur le dos, et on reprend tranquillement son souffle.













