Vous avez envie d’aller voir ce qui se passe sous la surface, mais votre expérience de l’apnée se résume à votre tonton relou qui vous met la tête sous l’eau sans que ça vous fasse vraiment rire ? Bonne nouvelle : ce sport peut être bien plus agréable qu’il n’en a l’air et pour commencer pas besoin de descendre à 20 mètres ni de tenir trois minutes sans respirer. Quelques mètres suffisent déjà pour changer complètement de décor, ralentir le rythme et observer le monde sous l’eau autrement. Mais avant de partir faire coucou aux poissons, mieux vaut connaître les bases : avec qui pratiquer, comment gérer son souffle, ses oreilles, la profondeur et quel matériel embarquer. Alors on se bouche le nez et on ouvre grand les oreilles !
Ne surtout pas partir seul
Avant même de choisir entre lac turquoise et crique de carte postale, il y a une règle qui ne se négocie pas : l’apnée ne se pratique jamais seul. Pour une première fois, le mieux est donc de passer par un club, un moniteur ou quelqu’un qui connaît vraiment la discipline et surtout les bons réflexes de surveillance. Le collègue qui bronze sur la berge en levant les yeux toutes les dix minutes ne compte pas vraiment comme binôme…
Pourquoi autant de sérieux avant même d’avoir mis les palmes ? Parce qu’en apnée, une syncope peut survenir. « Il y a un risque que le cerveau se mette en off et de perdre connaissance », résume Marion Chavanne, entraîneure d’apnée et ancienne apnéiste de haut niveau. Et sous l’eau, ce n’est évidemment pas le meilleur endroit pour que notre cerveau décide de taper sa sieste. La présence de votre moitié capable de surveiller et de réagir est donc indispensable.

Apprivoiser sa respiration à sec
Bonne nouvelle : travailler son souffle, ça peut se faire dans son salon et pas forcément en combinaison ! Assis ou allongé, on peut simplement inspirer doucement en laissant d’abord le ventre se gonfler, puis les côtes s’ouvrir et enfin le haut de la poitrine se remplir. À l’expiration, on relâche tranquillement le tout.
On peut aussi dérouiller un peu la mécanique avec quelques étirements doux du buste et des muscles inspirateurs. Parce qu’entre huit heures devant un écran et trois heures avachi dans le canapé, notre cage thoracique n’est pas toujours au max de sa souplesse. La FFESSM recommande justement d’intégrer à la préparation à l’apnée un travail à sec mêlant étirements et prise de conscience de sa respiration.

Ne pas chercher les abysses
Pour une première sortie, inutile d’aller directement rendre visite aux poissons du fond. On choisit plutôt un endroit calme, facile d’accès, avec peu de courant et des conditions où l’on se sent bien. Bref un lac tranquille plutôt que la plage d’Hossegor un jour de swell.
Pour Marion Chavanne le mieux est d’être « à l’écoute de son corps, ne pas essayer d’aller chercher les limites et se laisser des temps de récupération importants, pour que le corps puisse se réoxygéner ». Alors on oublie le concours de celui qui descend le plus bas dès la première tentative. On s’immerge tranquillement, on observe ses sensations, on remonte sans attendre que ses poumons demandent à sortir de notre corps, puis on récupère suffisamment avant de recommencer.

Ne pas déclarer la guerre à ses oreilles
À peine quelques mètres sous la surface et un nouvel invité débarque : la pression (et pas celle qu’on boit). Plus on descend, plus elle augmente, notamment au niveau des oreilles. Et contrairement à votre collègue qui assure que « ça va passer », vos tympans sont rarement sensibles aux discours de motivation.
« Quand il y a des variations de pression, un facteur qui a son importance (…) il faut apprendre à équilibrer les oreilles et c’est mieux de s’orienter vers un professionnel », explique Marion Chavanne.
La compensation fait donc partie des bases à apprendre avant de partir explorer les étages inférieurs. Si une douleur apparaît, pas question de serrer les dents pour gagner deux mètres… ON REMONTE DOUCEMENT. Les poissons ne distribuent aucune médaille en bas.

Le quatuor gagnant pour se mettre à l’eau
Bonne nouvelle pour votre compte en banque : la base de l’équipement tient en seulement quatre mots : masque, tuba, palmes, bouée (et maillot selon où vous vous trouvez).
« Une petite paire palme de piscine, c’est moins efficace mais facile d’utilisation, alors que les grandes palmes ça demande un petit peu de technique », précise Marion Chavanne. Vos palmes classiques feront donc très bien l’affaire pour découvrir la pratique avant d’investir dans deux immenses spatules qui ne rentrent dans aucun sac.
Quand l’eau est chaude, maillot ou lycra peuvent suffire… mais lorsqu’elle commence à transformer vos orteils en glaçons, la combinaison devient appréciable. Et le tuba n’est pas seulement là pour compléter la panoplie, il est essentiel pour la sécurité… Parce que si l’on doit relever la tête toutes les 5 secondes pour respirer on risque surement perdre de vue son copain qu’on était censé « surveiller » explique Marion Chavanne.
Et comme pour la nage en eau libre…on n’oublie pas sa bouée fluorescente avec pavillon pour être facilement repérable par les bateaux !


Pas besoin d’être un poisson pour commencer
Si votre crawl ressemble davantage à une tentative de survie qu’à celui de Léon Marchand, tout n’est pas perdu. « Pas forcément besoin d’être bon nageur », nous rassure Marion Chavanne. Il faut évidemment savoir nager et être à l’aise dans l’eau, mais l’apnée demande surtout de la technique pour se préserver son énergie dans l’eau, du relâchement et un peu (beaucoup) d’entraînement.
Même constat côté muscles : « Ce n’est pas que pour les sportifs très musclés. Peu importe le poids qu’on fait et l’aspect physique ». Autrement dit, pas besoin d’avoir le dos taillé en V pour aller explorer sous la surface.












