En Sologne, la faune est plus nombreuse que les habitants, et c’est précisémment pour l’observer qu’on est là. Entre les cerfs en pleine opération séduction, les oiseaux d’eau en réunion de famille et les kilomètres à avaler à pied, à vélo ou à cheval, la région ne manque pas de vie sauvage. L’avantage ? Pas besoin de sortir le treillis intégral ni de connaître le cri du héron par cœur pour en voir quelques-uns : une paire de jumelles, de bonnes chaussures et un peu de patience feront largement l’affaire. Voici 5 idées pour observer la faune locale sans jamais la déranger. Allez hop, on baisse d’un ton, et on est partis !
Quand le cerf hausse le ton
En septembre, pas besoin de réserver une place au premier rang pour assister au concert le plus impressionnant de Sologne. Il suffit de s’enfoncer discrètement dans la forêt, de tendre l’oreille et d’écouter attentivement. Bon, ne vous attendez pas à un chant mélodieux : le brame du cerf ressemble plutôt à un croisement entre le mugissement d’une vache et le rugissement d’un lion. En pleine saison des amours, les mâles donnent de la voix pour attirer les biches et dissuader leurs rivaux de venir leur marcher sur les pattes.
Et il y en a pour toutes les horloges biologiques ! Les lève-tard pourront miser sur la session de chant du soir, tandis que les plus courageux régleront leur réveil avant le lever du soleil. Un spectacle à découvrir accompagné d’un guide au Domaine du Ciran ou en autonomie depuis les observatoires aménagés de Chambord.
Mais attention ! Ici, apercevoir le bout des bois n’est jamais garanti et le bien-être des animaux passe avant la petite photo souvenir. Alors on suit bien les sentiers balisés, on baisse d’un ton, on reste discret et on part écouter le roi de la forêt jouer les grands séducteurs.
Infos pratiques :
- Comment on y va ? Depuis la gare La Ferté-Saint-Aubin, puis sortir son meilleur sourire et son pouce pour faire du stop pour les 15 dernières minutes de trajet jusqu’au Domaine du Ciran.
- Combien ça coûte ? 22 € par adulte / 16 € par enfant de 8 à 15 ans.
- Le truc à ne pas oublier ! Une bouteille d’eau, des vêtements discrets et surtout ne pas mettre de parfum trop puissant (déo compris).




Des observatoires qui donnent des ailes
Avec ses 180 hectares, l’Étang du Puits ne barbotte pas dans la pataugeoire. Le plus grand étang de Sologne abrite une réserve ornithologique et deux observatoires où l’on peut dégainer les jumelles sans faire fuir toute la basse-cour.
Hérons cendrés, grèbes huppés, cormorans, canards colverts, foulques ou cygnes : jusqu’à 121 espèces d’oiseaux sauvages fréquentent cette étendue bleutée. Et avec un peu de chance, vous pourrez même apercevoir le héron pourpré planqué quelque part dans la grande roselière. Les plus attentifs garderont aussi un œil ou deux (c’est mieux pour les jumelles) sur les 35 espèces de libellules et les 16 espèces de papillons recensées autour de l’étang.
Pour mettre toutes les chances de son côté, le réveil risque de piquer un peu… autour de 7h en septembre, les oiseaux sont plus actifs et les promeneurs encore sous la couette. La fin de journée fonctionne aussi, mais il faudra parfois jouer des coudes pour partager le perchoir au moment du coucher du soleil.
Infos pratiques :
- Comment on y va ? Se rendre jusqu’à la gare ferroviaire de Gien puis rejoindre Argent-sur-Sauldre avec le car !
- Combien ça coûte ? Une paire de jumelles… ou une très bonne vue !
- Le truc à ne pas oublier ! Prendre de l’avance, ou les oiseaux risquent d’être les seuls à voir le soleil se lever.




Un peu de théorie avant de chercher la petite bête
Avant de dégainer les jumelles, petit passage par la case révisions. À Saint-Viâtre, la Maison des Étangs plonge petits et grands dans les coulisses des 3 200 étangs de Sologne, l’une des plus grandes zones humides de France. Boîtes à histoires et animations racontent la faune, la flore, la pisciculture ou encore le rouissage du chanvre (autrement dit le petit bain des plantes avant d’en récupérer les fibres pour en faire des cordes). De quoi devenir incollable sur la vie aquatique sans même se mouiller les pieds. La visite est libre comme l’air.
Les amateurs de grands bois fileront ensuite à Villeny, à la Maison du Cerf. Pour cette journée de révision grandeur nature, mieux vaut prévoir un vélo ou de bonnes chaussures : les deux maisons sont séparées d’environ 20 km. Installé dans une authentique bâtisse solognote, le musée passe au peigne fin la vie du roi de la forêt : évolution des bois, empreintes, habitudes et secrets du brame. Un parcours ludique pour apprendre à reconnaître qui est passé par là avant d’aller jouer les détectives dans les sous-bois.
Et pour appliquer ces leçons sur le terrain, direction le programme d’animations de Sologne Nature Environnement. Sorties guidées, balades naturalistes et ateliers permettent de partir sur les traces de la faune et de la flore en compagnie de guides qui connaissent la Sologne comme leur poche.
Infos pratiques :
- Comment on y va ? Pour aller à la Maison des Étangs, prendre TER jusqu’à Lamotte-Beuvron, puis car jusqu’à Saint-Viâtre. Rejoignez ensuite la Maison du Cerf en 1h de vélo à travers les sentiers de la forêt !
- Combien ça coûte ? 7 € par adulte et 4 € pour les enfants de 6 à 16 ans pour la Maison des Étangs et 6 € par adulte et 3 € pour les enfants de 6 à 16 ans pour la Maison du Cerf.
- Le truc à ne pas oublier ! Une bonne nuit de sommeil et des oreilles attentives pour retenir toutes les infos.



Deux pieds, deux roues, mille chemins
En Sologne, on peut compter les kilomètres avec ses pieds ou ses pédales… à chacun sa manière de jouer les explorateurs.
À pied, le chemin des Barres nous embarque pour 11 kilomètres et environ 2 h 45 de balade. Au départ de la cité médiévale de Mennetou-sur-Cher, l’itinéraire s’enfonce peu à peu sous les grands arbres (certains sont encore plus vieux que le village). Ici, on file sur les chemins forestiers au rythme des craquements de branches avec parfois cette impression bizarre d’avoir été oublié au milieu de nulle part. Le bon plan pour prendre un bain de forêt sans avoir à enfiler un maillot.
À vélo, la Route des Étangs déroule sur 31 km au départ de Saint-Viâtre. Deux heures de balade facile entre roselières, sous-bois et grands miroirs d’eau, à condition de ne pas s’arrêter tous les 500 mètres pour dégainer l’appareil photo. Spoiler : c’est pas si simple. En chemin, on garde un œil sur les oiseaux et sur le chemin bien sur…
Infos pratiques :
- Comment on y va ? Se rendre en train à la gare de Mennetou-sur-Cher, puis on enfile direct ses chaussures de rando ! Pour le vélo, départ depuis Saint-Viâtre.
- Combien ça coûte ? Nada, que tchi, walou.
- Le truc à ne pas oublier ! Une grande bouteille d’eau fraîche et le tracé téléchargé avant de partir. La forêt préfère la connexion aux animaux qu’aux satellites.



En balade, pas d’Âne-ries
Avec leurs grandes oreilles et leur petit rythme bien à eux, Les ânes de Madame sont plutôt doués pour nous faire lever le pied. Pendant deux heures, on les suit dans la forêt de Contres aux côtés d’un garde forestier qui connaît chaque arbre, chaque trace et chaque rocher par son prénom.
Au fil de la balade, on apprend à reconnaître les empreintes de cerfs et de sangliers, parce qu’observer les animaux, ce n’est pas toujours les voir. On apprend aussi à repérer les plantes sauvages comestibles et même à ramasser des orties sans finir avec les mains en feu. Le garde forestier partage aussi ses astuces pour comprendre la forêt, se soigner avec certaines plantes et mieux saisir le rôle essentiel des arbres. De quoi en apprendre un rayon sur la nature sans avoir à retourner sur les bancs de l’école.
Mais ici, l’âne ne sert pas seulement à porter les sacs ou à embellir les photos. Sa présence masque en partie notre odeur et rassure les animaux sauvages, moins méfiants lorsqu’il ouvre la marche. Une bonne astuce pour observer plus facilement biches, écureuils et autres habitants de la forêt. Autant de qualités qui méritent bien quelques coups de brosse et une bonne dose de chouchoutage. De retour à la ferme, on le raccompagne dans son abri, on participe au nettoyage et on lui donne à manger. De quoi terminer la balade avec un peu de forêt dans la tête et beaucoup de paille sur les chaussures.
Infos pratiques
- Comment on y va ? Depuis la gare de Blois–Chambord, prendre le car Rémi jusqu’à Contres. Attention, les passages sont rares : mieux vaut vérifier les horaires plutôt que compter sur l’âne pour venir vous chercher.
- Combien ça coûte ? 65 € pour un groupe de 4 personnes avec un âne.
- Le truc à ne pas oublier ! Des baskets fermées…le sabot sur un orteil en sandale, ça laisse un souvenir plus durable que la balade.














