Sur la Costa Brava espagnole, on a vite fait de fantasmer une vie de naufragé volontaire. Entre les falaises qui se dorent le calcaire au soleil, les pins et l’eau turquoise, on rêve d’être un Robinson pour quelques heures. Problème ? Les plages peuvent rapidement se transformer en Tetris de serviettes géant sur fond de « Chouchouuuux, beigneeeets, boissons fraiiiiches ! » (en espagnol). Pour nous, Thibault, alias Takin Givré est allé explorer les « cala » (« petite crique ») isolées de la Costa Brava où poser ses orteils en éventail sans toucher ceux des voisins.
Cala s’Alguer – Seul au monde
Bienvenue dans ce petit décor de cinéma près de Palamós. Des cabanes de pêcheurs pastel, deux barques qui attendent une gloire passée et une eau limpide à faire pleurer un glaçon. On arrive par un chemin côtier où ça sent la pinède chaude, et une fois sur place, on a l’impression qu’un grand-père catalan va sortir une guitare de nulle part. Pour y accéder, on laisse la plage de La Fosca derrière nous et on marche tranquillement le long de la côte jusqu’à ce que le bruit du monde disparaisse. On peut prolonger en suivant le Camí de Ronda vers les falaises. La récompense : une vue pépite pour un effort mini.



Cala Futadera – La baignade qui se gagne
Ici, tout commence sur le le bord de la route GI-682, avec une descente interminable d’escaliers. Mais vraiment interminable. On se dit que la mer a intérêt à être belle. Bonne nouvelle : c’est le genre de turquoise qui ferait douter Gaudi pendant des heures. Aucun service, aucun son, juste l’impression d’avoir réservé un coin de Méditerranée pour soi. Pour y aller, on se gare au bord de la route entre Tossa et Sant Feliu et on suit le sentier (jusqu’à ce que les mollets protestent). On conseille d’aller marcher du côté du Camí de Ronda de Tossa, histoire d’ajouter quelques falaises au menu.
Cala Rostella – Reine du silence
Non loin de Roses, cachée à deux virages de la foule, Bonne surprise : Cala Rostella. Un coude de roche, un bassin naturel, un calme presque suspect. L’eau clapote doucement, les pins font de l’ombre, et on se dit : “ok, c’est ici qu’on s’exile quelques heures en mode Robinson.” Pour y aller, la rando se fait au départ de Montjoi. En laissant la plage principale derrière soi, on empreinte le tronçon de La Font del Lledo. Un petit bijou. Et pour les amateurs de naturisme, un coin de liberté existe, suivez les panneaux faits maisons ! Eh oui, le mode Robinson se joue à fond.


Cala Joncols — À faire avec les copains
Celle-là, on l’aime parce qu’elle se mérite. Rien n’est facile : ni le chemin rocailleux, ni les passages où on se demande si on n’a pas raté un embranchement, ni la pente finale. Et pourtant, une fois en bas, on se retrouve face à une cuvette minérale incroyable, eau profonde, rochers polis… presque un décor de film. Pour y aller, on part de Montjoi (rien à voir avec Saint Denis) et on suit le sentier. Sachez que, l’hôtel familial de la crique veillit du vin en pleine mer en immergeant les bouteilles dedans. À absolument goûter après la rando (avec modération).


Cala Portaló — bienvenue sur Mars
Au Cap de Creus, tout semble avoir été sculpté par un géant un peu lunatique. C’est sec, brut, sublime. Portaló se cache dans ce labyrinthe de roche déchiquetée. Une petite poche d’eau calme et silencieuse comme la fin du fin du monde. On s’y sent minuscule et vivant. Pour y aller, on part du phare de Cap de Creuse et on marche 50 min dans un décor presque martien. Un des spots les plus dingues de Catalogne selon Thibault.











