Un livre de Jules Verne, un noir d'encre, une atmosphère de monastère : voilà tous les ingrédients pour un bivouac hors du commun. On vous a déniché 5 grottes en France dans lesquelles il est possible de passer la nuit. Un voyage au centre de la Terre qui ferait jalouser Jules Verne. De quoi passer la meilleure des nuits dehors... entre quatre murs.
Cabane de Boule, au coeur des Alpes de Hautes-Provence
Spéléologue niveau 0
Envie de jouer les troglodytes, sans aucun matos de spéléo sous la main ? C'est possible ! Au coeur des Alpes de Hautes-Provence, la cabane de Boule est une grotte aménagée par les bergers du début du XXème siècle dans la roche. Le départ est donné à Thorame basse (environ une heure de Digne) et on s'engage dans 8 kilomètres de rando facile pour atteindre notre « grotte aménagée ». Muni d'un poêle fonctionnel, (encore faut-il monter du bois) ce refuge calcaire, avec des débats endiablés au coin du feu ne laissera personne de marbre.
Infos utiles :
- Départ : Du village de Thorame Basse à une heure de Digne-les-Bains
- Places pour dormir : 15
- Refuge non gardé
- Randonnée : 8,3 km pour 435 m de D+
- Astuce astucieuse : Pensez à prévoir de l'eau et du bois pour la nuit (pour vous faire des copains laissez un peu de bois dans le refuge est une excellente idée)

Abri de Tomy dans les Pyrénées-Orientales
Spéléologue niveau 0
Amis du GR10, on a déniché une pépite pour vous. Elle est l'oeuvre de Maurice, un habitant de Banyuls-sur-Mer qui a voulu rendre hommage à son chien Tomy. En 2003, il décide de créer un refuge pour tous les randonneurs surpris par le mauvais temps. Mais Maurice n'est pas humain comme tout le monde : il décide de le façonner directement dans la roche du Pic de Sailfort. Pour y dormir, mieux vaut ne pas être trop à cheval sur l'intimité car on va être à l'étroit avec des inconnus (ça tombe bien on ne rentre qu'à trois). Situé à proximité de Banyuls, dans la dernière étape du GR10, on s'offre une vue imprenable sur un soleil se couchant dans la mer.
Infos utiles :
- Départ : Village de Banyuls-sur-Mer du parking au col de Banyuls ou depuis Argelès.
- Feux interdits
- Prévoir de l'eau avant la montée du Sallfort, à la source Ravaner, à 20 minutes en suivant le GR10
- Capacité : 2 à 3 personnes


La Grotte Lamartine au lac du Bourget
Spéléologue niveau aventurier
Pour celle-ci, on troque nos sacs et nos chaussures de rando contre canoës et pagaies. Depuis le lac du Bourget en Savoie et plus précisément à l'abbaye millénaire Hautecombe, on prend le large en direction des côtes de la commune de Bourdeau. C'est la seule manière d'atteindre notre pépite du jour : la grotte Lamartine.
On prévoit une navigation d'une quarantaine de minutes sur l'eau (sauf bouchons imprévus sur la rocade bien évidemment). À savoir, le lac du Bourget est plutôt venteux notamment dû à l'effet Venturi phénomène qui va ravir nos amis les profs de physique-chimie.
Après ces quelques coups de pagaies dans l'eau, l'objectif est en vue. Si la grotte a été baptisée en l'honneur de ce cher Alphonse de Lamartine, c'est parce que c'est ici, sur le Bourget, que son poème Le lac en fut inspiré. « Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! » On espère que vous serez autant inspirés. On attend vos poèmes.
Infos utiles :
- Adresse de la Grotte de Lamartine : Bourdeau
- Location de Canoë Kayak au Bourget du Lac
- Ouvert toute l’année
- Bien s'informer sur la météo et le vent




Bivouac sous terres ardéchoises
Spéléologue niveau « même pas peur, mais avec un guide »
Pour ceux, qui ont envie d'aller plus loin (c'est le cas de le dire), on a déniché des bivouacs exceptionnels, encadrés par des spéléologues diplômés, à des centaines de mètres sous terre. Au coeur d'un des plus grands réseau ardéchois, le séjour découverte nous promet une immersion complète de 15 heures à la découverte de notre passé géologique. On y entre vers 18 h et la sortie se fait aux environs de midi après une nuit dans un calme inégalé.
Pour les plus téméraires, le séjour Grande Exploration propose de nous emmener dans un voyage hors du temps entre galeries majestueuses, passages étroits et aventure aquatique. Ces 20 heures passées sous terre résonneront pour certains comme la porte d'entrée vers le monde hors-du-commun de la spéléologie.
Infos utiles :
- Pour réserver : contact@guides-speleo-ardeche.com
- Prix : entre 150 et 200 euros
- Niveau : à partir de 12 ans ou 14 ans
- Durée : entre 15 et 20 heures
Matos à prévoir
- Des vêtements confortables à manches et jambes longues
- Une tenue chaude pour la soirée sous terre, polaire ou doudoune légère et bonnet ou cagoule
- Des chaussures fermées à semelles crantées (et tige haute pour la formule grande explo)
- De l'eau et les repas ( à préciser selon la sortie )
- Un duvet compact, température confort entre 0° et + 5° C
- Des vêtements de rechange pour après la sortie

Dormir au gouffre de Bexanka, dans les Pyrénées-Atlantiques
Spéléologue niveau « même pas peur, mais avec un guide »
Pour cette excursion, rendez vous dans le village de Tardets-Sorholus (où on ne se risquera pas à épeler en basque (Atharratze-Sorholüze pour les plus courageux). Du courage, il faudra en avoir pour descendre à plus de 100m dans ce bivouac qui voit les choses en grand. L'aventure commence par un rappel époustouflant de 55m, pour s'enfoncer dans les profondeurs de la terre. Pendant 24 heures, on découvre un univers de vastes salles et de formations géologiques spectaculaires. Loin de l'agitation de la ville, le gouffre de Bexanka est bien plus qu'une simple aventure sous terre, c'est un véritable ressourcement au centre de la terre.
Infos utiles :
- Contact : envergurepyrenees@gmail.com
- Lieu de rendez-vous : Place de Tardets-Sorhulus, dans les Pyrénées-Atlantique au centre du village du même nom.
- Prix : 180 euros par personne (pour une privatisation : 540 euros)
- Durée : 24 heures (Du Jour 1, 12h à Jour 2, 12h)
- Niveau : À partir de 14 ans
- Chaussettes épaisses
- Pantalon type jogging et polaire
- Tour de cou
- Tenue complète (qu'on laissera au chaud dans la voiture pour ne pas la traumatiser)
- Ne vous en faites pas vous serez relooké par l'équipe d'Envergure pour ce voyage aux entrailles de la terre.



Les règles de sécurité avant de s'engouffrer ?
Si vous décidez de bivouaquer dans une grotte autre que celles citées dans cet article, voici les choses à savoir avant de s'improviser apprentis spéléologues.
- Contacter en amont le club de spéléologie (FFS) le plus proche pour vous former. On a la chance d'en compter plus de 370 répartis sur tout le territoire. C'est l'assurance de comprendre les bases de sécurité, maîtriser les gestes de sécurité et d'obtenir le matériel nécessaire pour l'exploration.
- Dès qu'on a trouvé une grotte, contacter le club de spéléologie (FFS) pour leur demander : la nature du terrain : public/privé ? Si le site n'est pas classé ? S'il y a un arrêté préfectoral ? Les conditions météorologiques et d'accès ? Le topo à télécharger : plan de la grotte, dénivelé, passages étroits, puits inondables...?
- Prévenir quelqu'un (et pas le grand-oncle qu'on voit à chaque mort d'évêque) de votre sortie en lui indiquant bien la région, la cavité, l'heure d'entrée et de sortie prévue et surtout l'heure limite où donner l'alerte.
- Ne jamais partir seul : même pour la petite grotte à deux pas de la maison. On recommande de partir à 3 compagnons.
- Checker régulièrement la météo sur différents sites
- Faire un check-up du matos à prendre.
- Préserver la biodiversité. La règle d’or « ne laisser que des traces de pas, ne prendre que des photos » prend tout son sens dans ce contexte fragile. Chaque geste compte : ne pas crier pour préserver la tranquillité de la faune cavernicole, emporter tous ses déchets y compris les plus insignifiants comme les mouchoirs en papier qui se décomposent mal dans ces environnements pauvres en bactéries.
Le matos à prévoir
- Casque de spéléo
- Eclairage : 3 lampes frontales (chargées et prêtes à l'emploi et rangées à proximité)
- Batteries portables / piles de rechange
- Gants résistants
- Chaussures de randonnée
- Vêtements chauds et étanches
- Trousse de secours
- Couverture de survie
- Un briquet : si on n'arrive pas à l'allumer près du sol alors il y a trop de gaz carbonique et il faut sortir. Ça reste bien moins stable qu'un détecteur mais ça donne une indication sur le potentiel danger.











