Plutôt à l’aise les quatre fers en l’air, au contact d’un éperon rocheux ou dans les eaux tourbillonnantes d’un torrent, ça tombe bien, la Vallée d’Aoste va mettre tout le monde d’accord parce qu’elle a tout en magasin ! Après avoir sillonné les sentiers à (gros) coups de pédales et tutoyé les sommets sans piolets, on a décidé de se prescrire une bonne dose d’adrénaline avec quatre activités où le vertige et l’insipidité n’ont pas été invités. Enfilez votre baudrier, fermez votre combi’ et prenez de la hauteur, voici les 4 manières de vivre la Vallée d’Aoste à la verticale.
Ascension verticale du mur de Paretone
Rien à voir avec la célèbre brioche qu’on engouffre par kilo à Noël chez notre mamie préférée ! Pour repartir plus italien qu’en arrivant, Paretone signifie grande paroi chez nos voisins outre-alpins. Ici, le plat de résistance est un mur de 400 m (longueur moyenne de 200 m) de haut à gravir via plus de 40 voies possibles. À chacun de trouver sa voie, me direz-vous ! Avec sa roche dure, sculptée, et très prisée, c’est le graal de toutes les mains blanches saupoudrées de la Vallée d’Aoste.
Pour y accéder, on pose nos valises à Arnad, qui fait parler d’elle grâce à son lard AOP, ses pierres médiévales et ses diverses parois. Faites un tour à La Gruviera qui peut servir de chauffe pour des couennes qu’on ne retrouvera pas dans l’assiette.
Mais la Vallée d’Aoste a bien plus d’une corde dans son sac et regorge d’autres spots plus mythiques les uns que les autres. Pour monter dans un décor sauvage entouré par les glaciers et les cascades, c’est à Cogne qu’il faut se cogner presser ! Les plus athlétiques se donneront rendez-vous à Courmayeur pour parfaire leur technique et leur grâce sur des parois noires (exposées vers le sud elles s’apprécient aussi les jours d’hiver au soleil). Pour le petit spot secret, direction Pontboset au Mont Charvatton !
- Où dormir ? Niché dans des murs en pierre et accueilli aux petits soins par des locaux au sourire contagieux au Coeur du village d’Arnad ou au Domaine Vallaise pour un séjour « green » chez un viticulteur.
- Avec qui partir ? Des guides locaux qui connaissent chaque coin de roche comme leur poche.
- Accès ? On peut atteindre Arnad en bus depuis Pont-Saint-Martin ou Aoste avec la ligne “Pont-Saint-Martin – Aoste” de la compagnie de transport Arriva ou avec le bus « Carema – Montjovet » de la compagnie VITA Group.





Changer d’échelles sur une Via Ferrata
Comme son nom l’indique, la première « Via Ferrata » est née en Autriche, mais c’est pendant la Première Guerre mondiale, de l’autre côté des Alpes, qu’elle a connu ses heures de gloire (et sa prononciation 100% italienne). Si l’on devait la décrire : c’est un savant mélange entre escalade, randonnée et accrobranche avec une vue sur les cimes en prime. Dans la Vallée d’Aoste, il n’y en a pas une, pas deux, pas trois, mais bien 18 ferratas, histoire de donner moult dernières chances à tous les voyageurs qui hésitent à mettre la main à la corde.
Pour commencer par l’évidence, on a choisi la Via Ferrata de Crète Sèche qui fait office du terrain de jeu helvético-italien parfait pour apprivoiser les sommets sans se blesser. Elle nous emmène sous la silhouette du Mont-Bellon avec une vue sur les pics rocheux en dépassant sur la pointe des pieds les 3000 m (3061 pour les tatillons). Histoire de se revigorer au sommet, la cuisine du Refuge Crête Sèche nous attend avec pléthore de friandises valdôtaines. Si la visite de cabane historique vous botte autant que le sentier ferré, direction le sentier aménagé du refuge Quintino Sella pour 970 m de D+ avec des mains courantes, des ponts en bois et des plats tout chauds qui nous attendent à 3585 m. Pour un parcours accessible à tous les casques, direction Rhêmes-Notre-Dame pour la ferrata Casimiro avec des alternatives à tout-va pour grimper sans se frustrer.
Les baudriers les plus affutés et effrontés pourront se confronter à la mythique « Via Ferrata du Mont-Émilius » qui toise la ville d’Aoste du haut de ses 3500 m. Avec ces 1450 m de câbles, ses 500 marches et son pont népalais à 35 m du sol, il faut arriver à lâcher prise tout en restant solidement cramponné. Au vu de la difficulté, être accompagné par un guide est trèèèsss loin d’être du luxe !
Infos pratiques :
- Avec qui partir ? Des guides locaux qui connaissent chaque coin de roche comme leur poche.
- Équipements obligatoires pour la Via Ferrata : casque, chaussures qui maintiennent la cheville et un baudrier avec équipement de via ferrata (dispositif de sécurité avec mousqueton de type K et dissipateurs).
- Selon les parcours, prévoir des tenues adaptées à la haute montagne : des vêtements techniques, un sac à dos avec des piolets et crampons et une lampe frontale.


Canyoning dans les eaux du Parc naturel du Mont Avic
Si la Vallée d’Aoste rayonne par ses cimes enneigées et ses roches prisées, ses gorges et ses torrents ne sont pas en reste. Avec la bagatelle de 35 canyons répertoriés, tout est réuni pour une plongée réussie.
Rendez-vous au canyon de Chalamy, dont les eaux coulent à l’intérieur du Parc naturel du Mont Avic. Composé de deux parties, il offre autant des moments ludiques et accessibles avec des sauts de cabris sur le haut que des rappels dans des blocs granitiques dans la partie basse. À seulement deux heures de Chamonix, ses vasques couleur émeraude attirent comme des aimants tous les amoureux des grands sauts et d es toboggans outdoors.
Pendant toute une journée, on peut aussi se laisser embarquer dans les eaux du torrent Fer entourées de cascades et de vasques profondes. La vingtaine de rappels se conjugue avec des sauts périlleux jusqu’à 10 m ! Bien sûr elle est réservée à tous ceux qui ont le pas aussi sûr qu’endurant. Et puisque les eaux du canyon, ça creuse, on se fait la joie d’emmener le pique-nique dans des sacs étanches pour une pause bien méritée : les pieds dans l’eau et les mains dans la pierre.
Infos pratiques :
- Partir avec les meilleurs guides spécialisés : rendez-vous à Champdepraz chez Canyoning VDA, à Verrès chez Canyoning Valle d’Aosta et à Pré-Saint-Didier chez Totem Adventure Rafting
- Tarif d’une journée bien chargée : Environ 100 € par personne






S’envoler entre les cimes en parapente
Qui a dit qu’on était obligé de mettre pied à terre pour se réserver une place de choix devant les 4000 du coin. Finis les quadris en feu et les queue-leu-leu dans les ascensions, on lâche du lest et on les observe de haut en parapente, comme des privilégiés. La vallée de Pila (rien à voir avec le bassin d’Arcachon) offre des décollages en biplace entre 1550 m et 2300 m avec des remontées mécaniques pour les mollets déjà usés. Pour s’offrir un face-à-face intime avec le Cervin, on hisse les voiles à Antey-Saint-André, l’un des hotspots aux vents chauds de la région.
Le vrai point positif, ici, on a la possibilité de voler quasi toute l’année et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une marmotte ensommeillée. Pour un vol sportif, Chamois est l’alternative rêvée. Le départ est donné du col de la Clavalité, c’est le coin préféré des artistes de la toile de la région. Les amateurs de balade contemplative au septième ciel préféreront les lueurs de l’aube ou du crépuscule tandis que les oiseaux nés seront plus à leur aise dans les ballets thermiques de l’après-midi.
Infos pratiques :
- Pour découvrir la région en parapente, rien de tel que l’accompagnement de véritables passionnés
- Entre 120 et 150 € pour le vol en tandem
- Pour une initiation parapente de 5 jours, comptez environ 600 à 700 €
- Petit conseil : Les chaussures fermées ne sont pas de trop pour planer




















