Max est un gars comme vous et moi… quoiqu’avec peut-être un peu moins de poil dans la main que moi. Un gars qui a toujours eu viscéralement besoin d’agir. Pour la nature, les plantes, les arbres, les animaux. Max est un gars qui avait un peu d’argent de côté. Alors, à l’aube de ses 40 ans, au lieu de placer ses économies dans un investissement locatif comme lui aurait conseillé sa banquière, il a décidé de l’investir dans quelque chose qui lui rapporterait bien plus qu’un loyer mensuel : une forêt dans les montagnes du Jura.
Prêts pour un bain auditif ?
On est allé à sa rencontre pour s’offrir un petit bain de forêt réensauvagée. Parce que cette parcelle de 56 hectares, Max a décidé de ne pas l’exploiter et même plus : de ne rien y faire, à part faire confiance à la Nature pour qu’elle y reprenne ses droits à sa façon (la meilleure qui soit). À vos écouteurs
Pour celles et ceux qui ont ouvert cet article alors qu’ils étaient en réunion, voici un petit résumé écrit juste en dessous.

La Nature sait
Max a acheté sa forêt en avril 2025. Sur la parcelle, on trouve une vingtaine de sources naturelles, un torrent, un sentier… « À l’origine, c’était une forêt agricole. Au début de l’ère industrielle, les Hommes y ont planté des épicéas. » Mais ces derniers ont dû sécher quelques cours sur les arbres et leur milieu naturel, car pas mal de conifères de cette forêt ne poussent pas. C’est exactement pour cette raison que Max veut laisser la Nature faire. Les essences d’arbres qui pousseront seront les plus résilientes au terrain, au climat et aux températures.
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Dead is the new life
Et puisque Max a décidé de ne pas intervenir, les arbres morts commencent à s’accumuler. Au sol, dans les sous-bois, dans des clairières, parfois sur le sentier. On ne va pas se mentir : ça peut faire un peu bizarre d’en voir autant. Et c’est assez inhabituel pour que l’on ait presque envie de ranger la forêt ! Et c’est normal, parce qu’on est formaté à ça. « Tout est une question d’habitude, d’éducation à ce qu’on a vu depuis qu’on est plus jeune et on n’a pas forcément appris les bonnes choses. »
Aller dans une forêt réensauvagée c’est aussi éduquer son regard et sa perception. « Il ne faut pas croire que tout ce qui est tombé est malade, tout ce qui est tombé est nocif. Au contraire. Il faut chercher au-delà et comprendre à quoi ça sert. » Les arbres morts amènent la vie car ils sont une source de nourriture pour les insectes, qui seront ensuite eux-mêmes mangés par les oiseaux.




Loup y es-tu ?
« Je cherchais un grand espace qui pourrait par exemple devenir un passage migratoire. » Sa forêt est aujourd’hui classée comme une zone de « tranquillité », de liaison verte inter-massif permettant aux animaux de passer, migrer. Mais Max n’a pas vraiment plus d’infos que ça et a bien l’intention que savoir qui habite sa forêt. Pour l’instant, il a surtout observé des volatiles. La première étape va être de recenser les espèces présentes en installant des caméras. « On parle du loup et du lynx, mais on ne sait pas s’il passe par cette forêt. »
Ce suivi des espèces, ce n’est pas juste pour le plaisir de compter. Max voudrait faire connaître son projet plus largement. « On est dans la 6ème extinction de masse. Je voudrais que ce projet serve à montrer que si on ne protège pas le Vivant, globalement on ne peut pas nous-mêmes, êtres humains, aller très loin. »
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Et sinon ça fait quoi d’avoir une forêt ?
« C’est étrange, il faut réaliser que c’est à soi. J’ai un sentiment de bien-être, de satisfaction, un peu de fierté, mais aussi un peu de mélancolie parfois parce qu’on devrait avoir plus d’espace vierge et protégé comme ça. » D’ailleurs Max voudrait déjà faire plus : agrandir ou aller sur d’autres terres avec des écosystèmes en danger.
« Acheter cette forêt c’est une idée qui se concrétise. C’est un grand pas, mais en même temps ce n’est que le début du projet. Et je suis conscient du chemin qu’il reste à parcourir. »





Les chiffres qui ont donné à Max l’envie d’agir
- Les populations d’insectes ont diminué de 70 à 80 % en Europe ces 10 dernières années.
- Depuis les années 70, principalement en raison de l’urbanisation et de l’agriculture intensive, 60% des forêts ont disparu en France.
- Il reste seulement 3% de mammifères sauvages dans le monde.
- Avec seulement 120 à 150 lynx dans l’hexagone dont une grande partie dans le Jura, l’espèce est menacée d’extinction en France. « Il en faudrait entre 250 et 500 pour que l’espèce survive durablement et apporte ses bienfaits dans nos forêts comme régulateur de gibier »
- Avec 1082 loups recensés en France, leur population a cessé de croître ces dernières années.
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Max a créé l’association Nahele qui a pour objectif de sanctuariser des forêts afin de préserver la biodiversité dans son ensemble, qu’elle soit animale ou végétale.
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