Aaaah, l’Italie ! La dolce vita, les pâtes fraîches, les tomates bien rouges… mais ce n’est pas que pizza, pasta e pomodori (même si on adore ça)! Si on prend de l’altitude, dans les Alpes, à la frontière de la France et la Suisse, l’Italie change de menu : en Vallée d’Aoste, les spécialités montagnardes sont à faire fondre nos raclettes et nos fondues françaises. On vous embarque dans une quête gourmande pour bousculer nos clichés sur la gastronomie italienne et répondre à une question : qu’est-ce qu’on mange en Italie, à plus de 1 000 mètres d’altitude ? À la carte, quatres spécialités qui racontent chacune un bout de cette vallée alpine. Andiamo !
La Polenta concia
Oubliez la pizza quattro formaggi, on lui a trouvé une sérieuse concurrente. De la polenta, de la Fontina AOP – un fromage au lait cru de vache et à pâte mi-cuite – et du beurre : avec autant de fromage fondu que de beurre, c’est forcément que du bonheur. Un plat qui tient au corps et réchauffe les cœurs. Même si on retrouve ce plat dans toute la vallée, certains racontent que ce fromage tirerait son nom de l’alpage de Fontin, niché entre vignobles en terrasses et villages perchés de la vallée centrale. Un débat franco-belge à la French fries, dans lequel mieux vaut ne pas s’enliser. Ce qui est sûr, c’est que la Fontina est LE fromage du territoire valdôtain et qu’elle se cuisine à toutes les sauces !
- Comment l’accompagner ? Avec un verre d’Enfer d’Arvier, servi autour de 18 °C. Un vin rouge au goût intense, sec et velouté, avec une légère amertume.
- Où manger ? Au Chalet Mont Dolent, pour savourer des spécialités valdôtaines faites maison dans un cadre typiquement montagnard, avec une grande terrasse ensoleillée en été !
- Prolongez l’aventure: A tester en hiver : une randonnée en raquettes jusqu’au refuge Bonatti, au cœur des paysages enneigés du Val Ferret.



La Carbonade valdôtaine
Vous êtes fan d’osso-buco bien fondant ? Laissez-nous vous présenter une version montagnarde du bœuf qui fond sous la dent. La carbonada n’est pas une carbonara dont on aurait inversé les lettres. C’est un plat réputé un peu partout dans la vallée, jusque dans la capitale, Aoste (surnommée la « petite Rome des Alpes » pour ses vestiges romains, ses ruelles médiévales et ses panoramas montagneux). C’est de la viande qui prend un long bain chaud dans le vin, avec vue sur les paysages alpins, dans la même grande casserole en cuivre que celles qui décorent les murs des chalets typiques. Comme souvent, chaque famiglia a sa version de la recette. On y retrouve généralement des oignons, du beurre et des épices pour parfumer le tout. Un cousin germain de la carbonade flamande, avec un objectif commun : faire mijoter les gourmands avant de les régaler !
- Comment l’accompagner ? Avec un verre de Torrette, servi autour de 18 °C. Un vin rouge sec et assez corsé.
- Où manger ? Partout dans la Vallée d’Aoste, mais on vous recommande cette adresse dans la capitale : l’Osteria Da Nando. Ici, c’est une histoire de famille : depuis près de 70 ans, les Scarpa font vivre la tradition tout en faisant évoluer leur cuisine, toujours élaborée à partir de produits frais.
- Prolongez l’aventure : Partez pour une randonnée nocturne en raquettes sur le balcon de Pila, à 1 800 m d’altitude, pour observer les étoiles.



La Seupa à la vapelenentse
« Ti verso ancora un po’ di seupa? » (« Je te ressers un peu de seupa? ») Il paraît que les enfants de Valpelline, un village au nord d’Aoste, pas loin de la frontière suisse, sont les seuls à ne pas redouter cette fameuse question. Face à la Seupa à la vapelenentse, notre soupe à l’oignon ne fait presque pas le poids ! Du pain, du fromage, du bouillon, du beurre et du bonheur : la preuve, on y retourne depuis des générations ! Cette recette ancestrale fait la fierté des habitants. Grâce à sa préparation qui respecte encore aujourd’hui les traditions d’hier, la Seupa à la vapelenentse a obtenu l’Appellation communale d’origine. Ils en ont même fait une fête : la Fête de la Seupa !
- Comment l’accompagner ? Le vin conseillé est l’Arnad-Montjovet, servi à 18 °C. Un vin rouge sec et équilibré.
- Où manger? La maison de Franco. Une adresse accueillante, comme à la maison, pour savourer une cuisine raffinée et faite maison.
- Prolongez l’aventure : À Bionaz, du côté de Dzovennoz, profitez d’une boucle de ski de fond de 5 km, loin des foules et au cœur des paysages alpins.



La Crème de Cogne
Et en dessert… La Crema di Cogne ! À tous ceux qui pensent que le tiramisu est indétrônable, on vous a déniché une pépite (au chocolat) ! Direction Cogne, une des vallées du Parc national Grand-Paradis, dominée par le sommet du même nom, qui culmine à 4 061 mètres, sur le terrain de jeu des bouquetins. Une crème onctueuse à base de jaunes d’œufs, de sucre, de chocolat et de rhum ! Un dessert qui cogne si on en abuse un peu trop… Cette gourmandise est traditionnellement servie dans une coupe, accompagnée de tuiles valdôtaines, des biscuits fins aux noisettes, aux amandes et à la vanille.
- Comment l’accompagner ? Le vin conseillé est le Chambave Muscat, servi à 10 °C. Un vin blanc sec au goût typique du muscat, parfumé et aromatique.
- Où manger? À la Pâtisserie Perret. Une institution depuis 1964, avec la crème de Cogne revisitée et des douceurs traditionnelles du village.
- Prolongez l’aventure: Partez en randonnée jusqu’aux cascades de Lillaz pour admirer leurs impressionnantes chutes d’eau. En hiver, elles se figent sous la glace et attirent les amateurs d’escalade.



















