Et si on passait en mode nuit ? On vit souvent nos aventures en plein jour, mais la nuit c’est une autre histoire… On est seul (humain) au monde, plus vulnérable aussi et donc plus humble face à Dame Nature. Et ça fait pas de mal ! Mais surtout, privés d’une partie de notre vision – en mauvais nyctalopes que nous sommes – nos autres sens sont décuplés… Tentés ? Voici des récits d’aventure by night.
Comment ne pas déranger les animaux la nuit
Ces récits sont à reproduire sans modération, MAIS en faisant encore plus attention qu’en plein jour à ne pas déranger nos copains des bois. Toutes les règles de jour s’appliquent la nuit : pas de feu, pas de baignade, pas de bruits, pas de déchet, pas de sortie de sentier etc. Privilégiez les soirs de pleine lune avec un ciel dégagé pour ne pas avoir à utiliser de frontale. Si vous devez quand même utiliser une frontale, passez la en lumière rouge. Vous y verrez mieux et ça dérange moins les animaux.

Randonner un soir de pleine lune
Par Cédric
On est partis à la nuit tombée du lac de Bious-Artigues, pour une boucle au pied du Pic du Midi d’Ossau. On a perdu le réflexe de marcher de nuit, mais par pleine lune, il n’y a même pas besoin de frontale sur les portions dégagées. Ce qui frappe d’abord, c’est le son : un ruisseau qu’on entend trois cents mètres avant de le voir, ou le cri d’un animal qu’on ne verra jamais. On marche plus lentement, on pose les pieds autrement, on écoute le terrain autant qu’on le regarde. Et on perd vite la notion du temps : sans repère visuel, on ne sait plus si ça fait une heure ou trois qu’on marche. Et puis au détour d’un virage, un nuage se dégage et la lune éclaire la face nord d’Ossau d’un gris presque bleu. On s’arrête et on admire.
Comment randonner de nuit ?
- Viser une nuit de pleine lune et un ciel dégagé. Pour cela, un coup d’œil au calendrier lunaire suffit à caler la sortie.
- Pour démarrer, partir à plusieurs et choisir un itinéraire que l’on connaît déjà bien de jour. Idéalement une rando courte et bien tracée. Comme d’habitude, on prévient quelqu’un de notre itinéraire.
- Côté matos, on embarque bien sûr une frontale dans la poche (pour les passages en sous-bois), une couche chaude de plus qu’en journée, une couverture de survie, un téléphone, de l’eau (bien s’hydrater même par temps frais) et de quoi manger.




Dormir à la belle étoile
Par Augustin
Chaque été quand on allait à la montagne avec mes parents, mon père nous proposait un défi. L’année de mes 10 ans, il nous a emmené, mon frère de 8 ans et moi, dormir à la belle étoile ! C’était quelque chose qu’il voulait absolument nous faire tester. Et je me souviens que ça nous excitait beaucoup aussi ! On est donc partis un matin à la frontière du parc de la Vanoise. On a marché pour monter jusqu’à 2500 m sur un spot que mon père connaît bien. On a papoté, fait la popote et puis dès que le soleil s’est couché, on a fait de même car il fait très vite froid. On s’est réveillés plusieurs fois dans la nuit parce que même si on était en août : à 2500, avec les équipements de l’époque, on se les gèle ! Mais ce qui est fou, c’est que quand tu ouvres les yeux, tu vois le ciel, les étoiles et les sommets alentours éclairés par la lune. On a même vu un renard sur les crêtes qui chassait. C’était incroyable et c’est le genre de scène auxquelles tu ne peux assister que la nuit. Le matin t’es réveillé par le froid (toujours) et les premiers rayons du soleil. C’est assez unique.
Comment vivre une nuit à la belle ?
- Pour avoir un peu moins froid qu’Augustin et son frère, prévoir un bon tapis de sol et un sac de couchage bien chaud (avec une température confort de -5 à -10 degrés).
- Trouver un spot où le bivouac est autorisé (eh oui, ce n’est pas parce que vous n’avez pas de tente que ce n’est pas du bivouac !)
- Installez-vous et profitez


Aller écouter le brame du cerf
Par Philippe
Cela fait maintenant trois ans que mon James et moi partageons cette expérience sauvage et mystérieuse dans l’obscurité de notre forêt fétiche. Mon fils attend cette nuit avec autant d’impatience que celle de Noël… C’est devenu plus qu’une tradition : un rituel ! Cette année, la date est fixée au mercredi 1er octobre… Très tôt ! La nuit est encore éclairée par une demi-lune. Objectif : aller écouter le brame du cerf, à côté de chez nous, dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Chez ces cervidés, ce cri puissant, appelé aussi raire, annonce le début de la période de reproduction de l’espèce et le début de l’automne. Cette fois encore, la chance nous sourit : les maîtres des lieux au nombre de quatre ou cinq étaient au rendez-vous ! Pendant plusieurs heures, nous avons arpenté les pistes sylvestres en essayant de nous déplacer le plus silencieusement possible pour éviter d’être trop intrusifs. Souvent, nous nous sommes assis à la croisée de chemins pour nous plonger dans cette sorte d’hypnose sonore, presque dans un état de transe… Un concert très cérémonial donné par le Sauvage !
À lire aussi : 👉Aller écouter le brame du cerf : mode d’emploiComment passer une nuit à écouter le brame du cerf ?
- La période du brame du cerf a lieu chaque année en automne, de mi-septembre à mi-octobre.
- Philippe a mis quelques années avant de trouver LE spot où entendre un brame de cerf dans la forêt de Fontainebleau. Vous pouvez enquêter comme lui ou faire directement appel à un guide.

Faire un quart de nuit sur un bateau
Par Mathieu
Je n’avais jamais navigué quand j’ai embarqué sur le Kanaga, un vieux gréement de 19 mètres à deux mâts, pour trois mois dans le Pacifique au large de la Polynésie, dans le cadre d’un voyage au long cours. À bord, pas de passagers : tout le monde fait la cuisine, les manœuvres et les quarts de nuit, sous l’œil du capitaine. J’ai appris sur le tas : les nœuds, les voiles, la barre. Le pilote automatique avait cassé juste avant le départ, alors on tenait le cap à la main, jour et nuit, en se repérant aux étoiles. Les quarts de nuit, c’était quatre heures seul à la barre pendant que les trois autres dormaient. Seul au milieu du Pacifique, en nuit noire, on se sent minuscule : des milliers de kilomètres d’océan sous la coque, personne à des centaines de milles. Et en même temps, tout le bateau repose sur toi. Cette vulnérabilité et cette responsabilité en même temps, je ne l’avais jamais ressentie ailleurs. Et l’une de ces nuits, j’y ai vécu l’un des plus beaux souvenirs de ma vie : en pleine obscurité, au milieu de la voie lactée, j’ai vu une comète traverser le ciel.
Comment vivre un quart de nuit ?
- Faire du bateau-stop en embarquant comme équipier sur un convoyage. On t’explique comment t’y prendre dans notre tuto Bateau-stop.
- Sans passer par le stop ? Louez un voilier avec skipper sur Click&Boat



Se faire un bain glacé sous les étoiles
Par Mathis
C’est à Bugøynes, un fjord norvégien tout au nord du pays, que je choisis de poser mon sac à dos pour quelques jours. Et quand je dis « jours », ce sont surtout des nuits pleines qui m’attendent ici. En plein hiver, le soleil ne se lève jamais. Bizarrement, c’est la raison précise qui m’a poussé à explorer le coin. Cette nuit-là, il fait 70°C dans ce sauna, -36°C dehors et 6°C dans la mer que je ne quitte pas des yeux par la fenêtre. Ça y est, c’est le moment. J’ouvre enfin la porte du sas et me voilà à lancer le sprint (de ma vie) sur la plage : 50m sur ce sable glacial, en slip et à la frontale. Arrivé au niveau de l’eau, je rentre progressivement dedans, le froid me mord à peine. Est-ce que c’est la chaleur du sauna qui me protège de la mer gelée ? Ou bien l’aurore boréale d’un vert intense qui semble pleuvoir juste au-dessus de moi ? Je reste là, scotché la tête vers le ciel. Mes orteils me rappellent qu’il est temps de rentrer pour continuer le spectacle depuis l’intérieur. Le froid s’oublie vite, mais le souvenir, lui, restera gravé pour une vie.
Comment vivre un bain de minuit gelé ?
- Chercher un sauna en pleine nature avec à proximité : la mer ou une rivière où il est possible de se baigner. Si vous allez en Finlande par exemple (à une heure en dessous de ce fameux fjord), on compte environ un sauna pour deux personnes. Sur 5,6 millions d’habitants, on vous laisse faire le calcul.
- Prenez de grandes et belles inspirations, dites-vous que le froid n’est qu’une information transmise à votre cerveau et lancez-vous (mais pas trop rapidement). Pour éviter l’hypothermie, on n’y passe pas la nuit ! On dit souvent : pas plus de minutes que le nombre de degrés du point d’eau.


Rejoindre Londres à vélo en 24 h
Par Philippe
Avec mon frère nous nous sommes mis en tête de rejoindre Londres depuis Paris en 24 h ! Nous sommes partis du kilomètre zéro devant Notre Dame à 5 heures du matin. Une fois sortis de la capitale, nous avons filé à travers le Vexin, avant de rejoindre la coulée verte en Normandie jusqu’à Dieppe. Nous avons juste le temps de passer à la boulangerie prendre un sandwich avant de prendre le ferry de 18 h. La traversée de 4 heures nous permet de récupérer un peu, de se réchauffer et de faire sécher nos habits qui avait pris un petit coup de pluie ! Une fois arrivés au port de New Haven en Angleterre, nous avons d’abord fêté notre arrivée avec une petite bière au pub avant d’enfourcher nos vélos pour la suite de l’aventure : une traversée de nuit dans la campagne valonnée anglaise. Je crois que je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie ! Heureusement on a trouvé sur le chemin une station service ouverte en pleine nuit où se réchauffer un peu. Nous sommes arrivés à Londres vers 4-5 heures. Nous avons traversé la ville qui se réveillait à peine en passant par tous ses parcs avant d’atteindre le centre. Pour les jusquauboutistes : votre arrivée se trouve au Méridien de Greenwich !
À lire aussi : 👉Paris-Londres à vélo en 3 joursComment reproduire l’expérience ?
que nous avons traversé vers 4-5 heures alors qu’elle se réveille à peine.













