Martin est un grenoblois amoureux de montagnes depuis son plus jeune âge. Une carrière tracée dans une grande entreprise, il décide pourtant à 28 ans de quitter un métier de bureau dans lequel il ne se reconnaît plus pour s’essayer à celui de berger, le temps d’un été. Loin d’être un défi de comptoir, une reconversion ou une lubie passagère, c’est surtout une idée qui traîne dans sa tête depuis son plus jeune âge. Quand on s’appelle Martin… Berger, en même temps, tout est dans le titre ! Alors comment tout ça a commencé ? Comment se passent les journées là-haut ? Qu’est-ce que ça fait d’être en mode hors ligne pendant un mois ? Est-ce qu’on est vraiment le même quand on redescend en vallée ? Voici le récit de son expérience d’apprenti-berger dans les hauteurs de l’Ariège, en plein cœur des Pyrénées.
Par où commencer pour devenir berger ?
Martin ne parle pas de reconversion, il veut simplement se frotter à un monde qu’il connaît mal pour apprendre quelque chose de nouveau. Une envie lointaine de prendre un temps hors du temps : s’isoler, ralentir, se couper du monde, mais aussi se reconnecter au vivant, au monde rural et à ce qui compte vraiment. Alors par où on commence pour ajouter « apprenti-berger » sur son CV quand on habite en ville et qu’on n’a aucune expérience ? Le bouche à oreille non de non ! Si la légende dit qu’on est tous à 5 personnes de Barack Obama, sachez qu’on est potentiellement à 4 d’un berger sympa. Martin se retrousse les manches et envoie un message à tous ses proches (mamie comprise), quelqu’un doit bien connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un !

Ça veut dire quoi être berger ?
Le berger, c’est celui qui guide et veille au bien-être des moutons dont il est le gardien. Pendant la période « d’estive » qui s’étend de juin à septembre/octobre (en fonction des régions), le berger est chargé d’emmener les bêtes en altitude et de faire en sorte que ces dernières se nourrissent de l’herbe qui y est plus verte. Un objectif, un seul : redescendre un troupeau en bonne santé dans les vallées avant l’hiver, avec le moins de perte possible. Parce que oui, les dangers là-haut peuvent être nombreux.


Les premiers jours
Quelques semaines plus tard, de nombreux échanges avec le berger et pas mal de préparation, Martin débarque à Castillon-En-Couserans, en Ariège, au coeur du massif des Pyrénées. D’ici, il grimpe avec direction la cabane d’Arthur où il passera un mois. Arthur, c’est un berger qui a grandi dans le coin et qui a un paquet d’expérience dans le domaine (et d’histoires à raconter). Rustre en apparence, tendre comme une guimauve à l’intérieur. Il paraît que c’est à ça qu’on reconnaît les vrais bergers ! Il est accompagné de Clément, un ancien chasseur-alpin en stage de fin de formation qui souhaite devenir berger à son tour.

La vie là-haut
Le quotidien d’un berger est rythmé par le soleil (et les moutons). Ça commence par se lever à l’aube avant d’appeler les patous pour les nourrir, ces grands costauds ont travaillé toute la nuit ! Il est l’heure de partir à la fraîche chercher le troupeau à la « couchade » : c’est le lieux qu’ont choisit les moutons pour passer la nuit. En quelques minutes, on a déjà beaucoup d’informations. Des vautours dans le ciel ? Il y a sûrement eu une chute. Le troupeau est descendu ? Il y a eu de l’orage. Il est divisé ? Il y a peut-être eu une attaque. Le reste de la journée consiste à rassembler les moutons et à les lancer dans une direction (avec la grande aide du Border Collie). L’idée : les faire changer régulièrement d’endroit, pour éviter de les faire brouter deux fois dans la même zone, mais aussi pour les muscler.

La déconnexion et le retour en vallée
Là-haut, il n’y a plus de réseau, on est coupé de tout et en même temps reconnecté à tout ce qui compte. Martin descend quand même tous les 10 jours environ pour tenir ses proches au courant. Mais entre ces courts retours à la civilisation, il trouve rapidement ce qu’il est venu chercher : une deconnexion des plus totales, loin de tous les stimuli de la ville et des dizaines de décisions qu’on prend tous les jours sans même s’en rendre compte. Ici, le temps ralentit et le corps se synchronise à la nature. Si cela peut donner une sensation de vide sur le premier jour, on se fait vite à ce nouveau rythme.











