Rassurez-vous, cette famille n'a pas fait tomber la chemise. Elle a seulement fait sauter quelques barrières mentales du voyage, en se déplaçant à pied, en faisant un peu de stop et en dormant chez l'habitant... Le tout avec leurs minis ! Des vacances pas tout à fait comme les autres, une folie pour certains, et pourtant la petite tribu ne changerait sa manière de voyager pour rien au monde. Ils nous racontent (et nous filent même leurs tips pour nous lancer)
Comment tout a (re)commencé ?
Un jour, Julien tombe sur l'émission Nus et Culottés. « J'ai halluciné de l'intensité, de la joie, des rencontres et de l'humanité de cette émission. Je me suis dit "si ça existe vraiment, je veux le vivre" ». Et c'est comme ça que tout a commencé. Julien tente l'aventure une première fois avec un ami. Ils descendent la Seine en paddle de Saint-Germain-en-Laye jusqu'à la mer et dorment tout du long chez des inconnus. Il expérimente encore 2 ans ce mode de voyage avant de enfin se lancer avec sa compagne Jessica et leurs 3 lardons dans les valises. C'était en juillet 2023, dans le parc naturel du Livradois-Forez et le parc naturel des Monts d'Ardèche. Alma avait 1 an, Izac 8 ans et Brody 6 ans. Depuis, ils ne se sont jamais arrêtés ! Presque 3 ans plus tard, la famille compte 43 dodos chez l'habitant et au moins autant de pouces en l'air. Pas loin de dépasser les protagonistes de son émission coup de cœur !



Être un peu fou...
On ne va pas se mentir. Un peu de folie et de courage ne sont pas de trop pour se lancer dans l'aventure « Nus et Culottés » avec sa marmaille. Ça tombe bien, la famille a les deux, mais aussi beaucoup d'optimisme et de confiance en l'humanité. Il faut savoir « qu'il y a toujours des gens prêts à ouvrir leur porte tant qu'on ose faire le premier pas et qu'on est sincère », assure Julien. Et encore plus si vous voyagez avec des enfants ! Ils sont souvent la clef de toutes les serrures, même celles fermées à double tour. « Les gens qui nous ont reçus et que l'on appelle entre nous "nos bonnes étoiles", nous disent souvent qu'ils ont accepté parce qu'il y avait les enfants ! C'est rassurant », rapporte le couple. « Les interactions sont d'emblée plus spontanées et sympathiques avec des inconnus lorsque l'on a des enfants. »




...mais toujours très vigilant
Evidemment, quand on voyage de cette façon avec des enfants, quelques règles de sécurité s'imposent. Retenez déjà qu'une bonne préparation en amont du voyage permet d'être moins vulnérable. Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas où on dort qu'on ne sait pas où l'on va. Avant de partir, Julien planifie tous les itinéraires sur Komoot « avec au minimum un village tous les 10 kilomètres, qui correspond au nombre de kilomètres marchés chaque jour ». Rien ne vous empêche aussi d'identifier quelques plans B pour la nuit (juste au cas où du cas où).
Ensuite on fait extrêmement attention aux endroits où on met les pieds. « Quand on arrive chez des gens, il faut garder un certain niveau d'alerte », avertit Julien. Concrètement pour lui et Jessica, cela signifie écouter leur petite voix intérieure qui leur enverrait des warnings et si on ne le sent pas : prendre son courage à deux mains, l'annoncer à la personne et partir sans hésiter. « On trouve toujours une solution derrière. »
Sur place on ne laisse évidemment pas les enfants tout seuls et on demande à dormir tous ensemble dans la même chambre. Si ce n'est pas possible, on s'assure qu'il y ait toujours un adulte avec un enfant dans la chambre. Enfin, la famille tient au courant ses proches du déroulé de l'aventure via un groupe WhatsApp. Dès qu'ils ont trouvé l'endroit où dormir, ils y partagent une petite photo de famille et leur géolocalisation !



Comment gérer la peur des enfants ?
En gérant la vôtre en priorité ! Si vous êtes confiants, les kids le seront aussi. Les parents ont simplement montré à leurs fils l'émission Nus et Culottés pour les mettre dans le mood et le tour était joué. « Nous on n'a pas peur d'aller chez des gens qu'on connaît pas, surtout s'ils ont une switch », nous explique Brody. Facile. Ils se sont même tellement pris au jeu que ce sont eux qui demandent l'hébergement ! Quant à la peur de dormir dehors si personne ne veut les héberger, même répartie implacable du côté d'Izac : « on a toujours trouvé, donc je suis toujours sûr qu'on va trouver ».




Concrètement, comment qu'on fait ?
Pour faire du stop, il suffit de lever le pouce avec votre plus beau smile et attendre que ça morde. On évite les bords de nationale où les voitures foncent à toute allure et privilégie les petites routes pour avancer sans danger et peut-être croiser la voiture qui leur fera faire un bond sur l'itinéraire. À noter que la petite troupe, le stop reste occasionnel : l'essentiel des voyages reste de marcher dans les parcs naturels régionaux et nationaux de France !
Pour dormir chez des gens, pas besoin d'une présentation PowerPoint. Une bonne phrase d'accroche qui vous ressemble fera l'affaire. « Nous, on a une phrase toute simple : "Bonjour on fait un voyage de X à Y, le soir on fait comme dans l'émission de télé J'irai dormir chez vous, auriez-vous la folie de nous accueillir ?"». Il faut bien sûr être prêt à recevoir des « non ». Julien explique qu'il faut en moyenne 3 à 5 portes avant qu'on les accueille. Leur plus longue recherche avant de tomber sur la bonne maison ? 3 heures (long, mais acceptable).
L'attitude compte aussi beaucoup. La petite tribu ne se met jamais dans une position où elle quémande quelque chose, au contraire. « On a toujours quelque chose à offrir : notre présence, une oreille attentive, un repas préparé tous ensemble. » Et avec Jessica qui est cheffe de cuisine, les personnes qui reçoivent la famille ont presque l'impression d'être reçues chez elles ! La petite troupe fait aussi parfois du jardinage, des déménagements, du bricolage ou d'autres services. « On casse la routine de nos bonnes étoiles, on les fait participer à un voyage extraordinaire et on leur donne l'occasion d'aider les autres ! Beaucoup en sont fiers ! », assure Julien.


Des souvenirs pour la vie
Dormir chez l'habitant, c'est le genre d'aventure unique qui ne s'oublie pas. Même quand c'est la 41 ème fois. « Chaque moment est exceptionnel, je peux me souvenir des prénoms de toutes les personnes qui nous ont accueillis et de ce qu'on a mangé avec eux. » Par exemple, Alma a fait ses premiers pas chez Véronique, à Saint-Bonnet-le-Chastel lors de notre périple dans Livradois-Forez. Et puis le 24 décembre de cette année, c'était chez Martine qui vivait seule à Saint-Césaire dans le parc naturel des Préalpes d'Azur. « On a mangé des pâtes au beurre toutes simples et de délicieuses pâtisseries. Puis on a regardé un dessin animé dans le canapé. Depuis, Martine commente et écoute chacune de nos aventures et nous la considérons un peu comme une grand-mère !»
Le truc magique ? Vous pouvez refaire chaque année le même itinéraire rien ne se passera comme l'année précédente ! « Rien n'est reproductible, tout est nouveau et ce sont les rencontres qui créent l'énergie du voyage », explique Julien qui reste toujours en contact avec les personnes rencontrées et dont certaines sont devenues des amies.



Ce que cela apprend aux enfants
Déjà qu'on n'apprend pas à voyager à l'école, alors autant vous dire que le stop et la nuit chez les inconnus ne sont pas près d'être au programme ! Pourtant c'est le genre d'expérience qui réunit la famille autour d'apprentissages forts. Jessica, Julien, Alma, Izac et Brody ont tous appris à repousser leurs limites et à dompter l'imprévu. « Aujourd'hui, au quotidien, on est tous plus sereins. »
Mais ce sont aussi des valeurs très fortes que les parents transmettent à travers ces rencontres. « J'aime à croire que leur apprendre à oser demander en étant sincère et faire confiance sans être naïf est un cadeau pour la vie. Ça me rend fier en tant que père, de leur montrer que l'on peut aller chez les autres, faire confiance, que l'univers est généreux, qu'on a besoin des autres et que tout est possible. »
Alors, prêts à tenter l'aventure nus et couche-culottés ?













