« On va attendre encore quelques années avant d’y aller, parce que là, de toute façon, ils s’en souviendront pas. ». Combien de voyages, de bivouacs, de pique-niques, de rando ou de virées canoë on a r̶e̶p̶o̶u̶s̶s̶é̶ loupé avec nos minis à cause de cette pensée ? Le cerveau de nos kids est parfois dur à suivre, mais il a la capacité de retenir beaucoup de choses… Voici 3 façons de les aider à créer des souvenirs inoubliables.
Sortez du train-train quotidien
Un souvenir peut devenir marquant pour les tout-petits lorsqu’il s’agit d’un moment qu’ils n’ont pas l’habitude de vivre. Tout simplement parce que les émotions sont des boosters de mémoire (c’est ce que nous explique le collectif de scientifiques de L’observatoire B2V des Mémoires). La surprise est donc une bonne alliée pour que notre progéniture se souvienne d’une aventure. Pas besoin de faire des folies à faire tomber les bouches au menton : une nouvelle expérience vécue en famille fera l’affaire.
Par exemple, Merle Takin de la team Chilowé, a emmené sa nièce bivouaquer pour la première fois quand elle avait 5 ans. 3 ans plus tard, elle en parle encore. « C’était bien de marcher, j’ai trouvé un bâton. Ce que j’ai préféré, c’est le saucisson, la partie de Uno et les cabanes sur le chemin. J’aimerais retourner au même endroit mais sans les tiques, les fourmis rouge, les moucherons et avec un peu moins de marche. »
Alors effectivement, on a oublié de vous préciser que potentiellement vous les emmènerez dans un spot de fou avec une vue de malade, mais que eux se souviendront surtout du caillou par terre en forme de feuille. Mais c’est leur souvenir inoubliable.
Démarrer en douceur :
- Aller en forêt à la tombée de la nuit
- Organiser leur premier bivouac sous tente (par ici nos conseils pour gérer leur sommeil pour cette nuit sous les étoiles)
- Faire leur 1er vélo-trip le temps d’un week-end, par exemple autour du lac du Bourget

Créez des traditions
Proust aurait-il eu le souvenir de sa madeleine si sa tante Léonie ne lui en avait pas offert une chaque dimanche matin, trempée dans le thé, quand le petit Marcel venait la visiter ? Probablement pas. Pour leur créer leur « madeleine de Proust », cette réminiscence de souvenirs d’enfance qui se déclenche sans que l’on cherche à la provoquer, il faut créer des associations et les répéter (comme cette chère tante Léonie).
Pour ancrer ce souvenir au plus profond de leur mémoire, on peut jouer sur absolument tous leurs sens : goût, odorat, vue… La seule règle, c’est que ça soit agréable ! Nos lardons ne se rappelleront pas forcément de chaque moment précisément, mais l’ensemble formera un seul et même beau souvenir mélangé qui leur reviendra en tête plus tard.
Démarrer en douceur :
- Associer un bon chocolat chaud à chaque fin de rando.
- Emmener un incroyable pique-nique à chaque sortie en pleine nature
- Aller dormir en refuge en famille une fois par an sur un pont du mois de mai.
- Aller écouter chaque automne le brame du cerf dans la forêt du coin comme Puma Loyal et son fils Jaguar.



Faites confiance à Dame nature
Ce n’est pas parce qu’ils ne mettent pas de mots dessus que nos minis ne sont pas marqués par des événements. Il pourrait même vous les ressortir de nulle part à l’adolescence : alors mieux vaut qu’ils soient bons !
D’autre part, le cerveau n’est pas le seul à avoir une mémoire, le corps aussi. Certains souvenirs liés à des événements viennent s’imprimer dans notre chair plutôt que de notre carte mémoire. Ils influent sur nos réactions et notre état psychique, comme l’explique assez bien ici les psychologues en biodynamie François Lewin et Myriam Gablie. À ce sujet, on parle souvent de mémoire traumatique, mais à l’inverse, beaucoup moins de la mémoire du bien-être. Elle existe pourtant bien !
Question feel good du body, on connaît une méthode plutôt efficace chez les grands comme les petits : aller dehors se prendre un bon shot de chlorophylle, d’air marin ou d’altitude. Laisser Dame nature imprégner nos marmots de ses odeurs, souffles et bruits, c’est ancrer au plus profond de leur corps un amour pour la nature. Un sentiment qu’il n’oublieront pas et qu’ils ressentiront dès qu’ils sortiront le bout du nez à l’extérieur.
Démarrer en douceur :
- Programmer une sortie en pleine nature une fois par semaine dans le bout de nature le plus proche de chez soi. Ensuite, les laisser explorer et leur corps s’imprégner.












