Marcher en pleine nature loin de la foule, sentir la neige fraîche crisser sous les pieds et puis enfin, après l’effort, se faire une belle trace dans une poudreuse qui n’attendait que nous… Le ski de rando, pas de doute, ça fait rêver. Mais pour en profiter en toute sécurité, sans se les geler, ni se faire les croisés, mieux vaut être bien accompagné, renseigné et équipé ! Dans cet article on répond à TOUTES vos questions sur le ski de rando : Qu’est-ce que c’est ? Quel équipement choisir pour débuter ? Où pratiquer le ski de randonnée en France quand on débute ? Quelle appli avoir sur son téléphone ? Bref, après avoir lu ce guide ultime du ski de randonnée pour les débutants, les peaux de phoque n’auront plus aucun secret pour vous !
Qu’est-ce que le ski de randonnée ?
Le ski de randonnée, ski de rando – ou skimo pour les intimes – s’appelait autrefois le ski de printemps. Il permet de s’affranchir des remontées mécaniques une fois les stations fermées (mais aussi quand elles sont ouvertes). Et ce, grâce aux peaux de phoques qu’on accroche sous ses skis pour grimper face à la pente.
Pour beaucoup, il incarne l’aventure au bout des spatules. Le ski de rando offre le sentiment mystique d’être un pionnier qui ride là où personne n’est encore passé. C’est une approche douce et respectueuse de la montagne, et gratuite ! Mais en ski de randonnée, le plaisir de la descente récompense toujours l’effort de la montée.
Quelle différence entre ski de randonnée et ski de fond ?
Appelé ski nordique, le ski de randonnée consiste à se déplacer en montagne en parcourant un dénivelé souvent important. Alors que le ski de fond se pratique sur terrains plats, ou avec un dénivelé léger. La randonnée à ski se pratique le plus souvent hors-piste en réalisant sa propre trace, souvent avec l’aide d’un guide de haute montagne. Le ski de fond en revanche se pratique en station, sur des pistes dédiées. Côté matériel : les skis de randonnée ont des patins plus larges et épais, gage de stabilité dans tout type de neige.
Comme son nom l’indique, le ski de randonnée consiste à randonner en montagne, spatules aux pieds ! On commence par grimper vers un objectif donné, qu’on atteint avec les skis accrochés uniquement à l’avant des chaussures. Les talons sont libres tandis que des peaux de phoques fixées sous les skis permettent de ne pas glisser. Pour descendre, on retire les peaux et on accroche le talon grâce à la fixation spécifique. On revient alors à une pratique qui ressemble furieusement au ski alpin classique.

Pourquoi faire du ski de randonnée ?
Toucher du doigt la liberté
Le ski de randonnée ouvre de nouvelles perspectives, dans un environnement qui se renouvelle sans cesse. Il permet de prendre le temps de découvrir la montagne, loin de la foule et des touristes amassés sur les pistes. Prendre le temps d’observer les traces d’un lièvre… S’émerveiller au passage d’un groupe de bouquetins… Mais aussi découvrir des espèces moins connues, comme le gypaète barbu et le tétras lyre.
C’est aussi l’occasion de pratiquer un ski plus responsable, une approche durable de la montagne. Remonter les crêtes enneigées, atteindre les sommets, goûter à l’immensité blanche et à la solitude, puis à l’ivresse de la poudre blanche. Bienvenue dans l’univers de la Reine des Neiges.
Découvrir une nouvelle pratique du ski
Il y a de nombreuses raisons de débuter le ski de randonnée :
- Le côté sauvage
- Le plaisir
- La performance
- L’indépendance
Vous pouvez également débuter le ski de randonnée plusieurs façons : pistes balisées, hors-pistes, couloirs… Quoi qu’il en soit, si vous débutez le ski de randonnée, mieux vaut partir accompagné d’un guide. Car la pratique présente tout de même un certain nombre de dangers.

Quel matériel pour le ski de randonnée ?
Les bons skis
Si vous privilégiez les sensations à la descente, choisissez des skis larges, des fixations plus résistantes (mais plus lourdes) et des chaussures plus rigides. À l’inverse, si votre truc c’est la montée rapide, optez pour des skis fins, légers et des fixations poids plume.
Si vous préférez le snowboard, pas de panique : il existe le splitboard, qui comme son nom l’indique est une planche à neige qui se sépare en deux, voire en quatre pour certains modèles perfectionnés. Eh oui, vous ne pensiez quand même pas que les copains allaient vous tirer à la montée, si ?
Les bonnes fixations
Le système le plus répandu fonctionne avec un système d’inserts issus de la technologie Dynafit. L’avantage, c’est le gain en poids clairement appréciable à la montée, mais cela suppose d’utiliser des chaussures spécifiques, plus légères.
Si vous avez vos propres chaussures de ski, vous pouvez aussi opter pour un système polyvalent : des fixations et des chaussures un peu plus lourdes, mais plus confortables à la descente. Et substantiellement moins chères…
Les peaux de phoque
Les skis de randonnée viennent avec des peaux de phoque. C’est elles qui permettent de monter face à la pente ! Dans le sens du poil, elles glissent, dans l’autre elles bloquent.
Rassure-toi Brigitte, les peaux sont désormais en synthétique ou parfois en mohair (chèvre).

Le matériel de sécurité en ski de randonnée
DVA, sonde et pelle, le combo gagnant pour rester vivant
Évoluer loin des pistes balisées et sécurisées nécessite de respecter quelques règles de sécurité. La première d’entre elles est d’être équipé d’un DVA (Détecteur de Victime d’Avalanche), d’une sonde et d’une pelle.
Sachez qu’il faut environ 15 minutes pour sortir une victime enfouie sous 1 mètre de neige lorsque vous disposez des trois éléments de sécurité. C’est le pelletage qui prendra le plus de temps. Au-delà de 18 minutes sous la neige, les chances de survie diminuent très fortement. Elles plongent à 25% au-delà de 45 minutes.
- Le DVA est un équipement numérique qui émet un signal et qui permet la localisation en surface. Il fonctionne en émission comme en réception. Lorsque vous skiez, vous êtes en mode « émission » Si vous devez chercher quelqu’un, vous basculez en mode « réception ». Le DVA se porte comme un holster de pistolet sous votre 2ème couche.
- La sonde permet la localisation exacte et la mesure de profondeur.
- La pelle permet de dégager la victime !
Comment utiliser un DVA ?
De nombreuses associations ou organismes proposent des formations pour ceux qui souhaitent découvrir la montagne (se former au maniement d’un DVA, d’une sonde et d’une pelle, à la nivologie, et à s’orienter…)
- L’ANENA – Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches
- FFCAM – Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne
- La Chamoniarde – Société de Prévention et de Secours en Montagne
- Safety Shred Days à La Rosière – Evénement à l’initiative de Victor Daviet, snowboarder pro, pour se former à la gestion des risques en montagne et au secours en avalanche, le tout dans une bonne ambiance
Cette vidéo de 5 minutes peut déjà vous aider à comprendre les bases de la recherche de victimes avec DVA.

Quelles règles de sécurité en ski de rando ?
Regarder la météo
La première chose à faire lorsque l’on part en montagne, c’est de regarder la météo. Oubliez votre présentatrice météo préférée, orientez-vous plutôt vers Météo France qui édite tous les jours à 16h le BERA (le Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche) et donne un indice de risque sur une échelle de 1 à 5, basé sur les relevés des stations météorologiques locales ainsi que les observations des pisteurs ou de correspondants pour chaque massif. Dans tous les cas renseignez-vous toujours auprès des professionnels sur place et croisez les informations lorsque vous préparez votre course.
Le risque d’avalanche : de 1 à 5
Attention aux facteurs humains
Vous vous en doutez, nos habitudes, nos suppositions et nos motivations sont susceptibles d’altérer notre jugement en montagne. Voici les 6 cas de figure que l’on rencontre le plus souvent :
- L’habitude : c’est le fait de répéter la même action dans une situation qui est familière.
- L’obstination : notre bon sens peut être altéré en cas de danger par le désir de parvenir à tout prix au but initialement fixé. « On avait dit qu’on faisait le sommet. »
- Le désir de séduction : s’engager sur un itinéraire ou une pente, pour nous faire remarquer par une personne que l’on cherche à séduire ou un groupe dans lequel on cherche à se faire accepter.
- L’aura de l’expert : parfois un leader informel va émerger car il dégage une impression positive qui peut conduire le groupe à lui attribuer des compétences qu’il n’a peut-être pas (le plus âgé, le local du coin, le meilleur rider, la plus grande gueule…).
- Le positionnement social : en montagne un groupe qui se sait observé ou qui aura tout simplement croisé ou doublé un autre groupe aura davantage tendance à s’engager dans une pente à risque.
- La sensation de rareté : le mécanisme de la rareté intervient lorsque l’on est face à une opportunité rare (c’est ma dernière journée de ski , c’est le seul jour où il fait beau, je suis le premier à faire la trace…)

Leçon n°1 : ne pas provoquer Rancho ! ©Brian du Halgouet
Savoir renoncer
La perception du risque est une affaire subjective, selon son expérience et ses compétences. Xavier de Le Rue a évidemment un peu plus de marge en montagne que son garagiste. Restez lucide et prenez les bonnes décisions selon votre niveau et l’ensemble des conditions environnantes ! Ainsi lorsque la météo tourne, qu’une personne commence à fatiguer, ou que l’on a pris du retard sur l’horaire prévu, il est sûrement temps de dire stop.
Vous ne vous posez pas la question lorsque le gros voyant rouge s’allume sur le tableau de bord de votre petit bolide ou qu’une méchante fumée noire jaillit tout d’un coup sous le capot. Le garagiste de Xavier vous dirait qu’il est temps de se ranger sur bande d’arrêt d’urgence. Dans notre société, le renoncement est perçu de manière négative. Mais même s’il est difficile, le renoncement est incontournable en montagne.


Quelles applications utiliser en ski de randonnée ?
En pleine nature ou pour préparer ses sorties, la technologie peut être un puissant allié. Voici 4 applis pour pratiquer le ski de rando :
- FatMap : cette application contient des cartes en 3D sur lesquelles il est possible de zoomer à de très petites échelles et d’observer la montagne sous tous les angles pour visualiser son itinéraire depuis son canap’ la veille.
- Iphigénie : accès à la cartographie GPS simple, toutes les cartes IGN à dispo !
- Skitour : forum de passionnés de ski de rando qui partagent des itinéraires (topo ou guides) ainsi que leurs retours d’expériences qui donnent une bonne idée de l’état et des conditions de l’itinéraire.
- Météoski : application Météo-France spécialisée sur la météo des neiges et l’état d’enneigement et donnant accès au BRA (Bulletin du Risque d’Avalanche)
Que mettre dans son sac en ski de rando ?
Du côté du sac à dos (sac classique ou sac airbag) il faut opter pour un volume conséquent (24 litres) afin de pouvoir tout faire rentrer.
- Les peaux de phoque
- Le DVA – l’appareil de « Détection de Victime en Avalanche »
- La pelle
- La sonde
- Les lunettes de soleil
- Deux paires de gants : une paire légère et une plus chaude
- Un bonnet
- Un masque de ski pour la descente
- La crème solaire
- De l’eau
- Le casse-croûte
- Un pique-nique si vous comptez y passer la journée

Comment s’habiller en ski de randonnée ?
La technique de l’oignon
En ski de randonnée, vous allez avoir froid sur le parking, chaud dès qu’il faudra monter, froid au sommet puis de nouveau chaud à la descente… Et clairement vous n’allez pas passer votre temps à vous déshabiller et vous rhabiller toutes les heures.
S’équiper de vêtements respirants et offrant une bonne régulation thermique est donc primordial. On oublie le tricot de corps en coton de Mamie et on s’équipe d’un vrai tee-shirt technique, en laine Mérinos par exemple. C’est la base du principe des 3 couches.
Voici la solution :
- Une première couche, dite respirante et qui n’absorbe pas l’humidité. Exemple : un tee-shirt en polyester (recyclé), laine mérinos ou Tencel.
- Une deuxième couche, dite thermique, qui tient chaud mais évacue la transpiration. Exemple : une polaire, voire un pull en laine
- Une troisième couche, qui protège du vent et de la pluie mais qui évacue la transpiration. Exemple : une veste de type Gore-tex.

Quand pratiquer le ski de randonnée ?
Tant qu’il y a de la neige… Il y a de l’espoir ! L’immense avantage du ski de randonnée, c’est qu’on peut pratiquer une bonne partie de l’année. La saison s’étend facilement de septembre à juin. Attention toutefois selon la période, on ne partira pas à la même heure et on adaptera ses itinéraires.
Au début de l’hiver et avec les températures froides, il n’est pas nécessaire de partir avant le chant du coq. Dès février, il convient en revanche d’avancer son départ car sous l’effet du soleil, le manteau neigeux évolue et peut devenir plus instable. Gare à l’avalanche !
Si vous partez sur plusieurs jours, certains refuges ont une partie non-gardée accessible toute l’année. Sinon, pour bénéficier du confort d’un repas chaud et de la chaleur du poêle, il faudra attendre l’ouverture des refuges en mars.

Où pratiquer le ski de randonnée ?
Au cœur du Beaufortain
Situé à proximité d’Albertville en Haute-Savoie, le massif de la Lauzière présente de nombreux sommets propices à la découverte du ski de randonnée : le sommet des Frettes (2527m), le pic du Rognolet (2659m), ou encore le col de la Valette (2291m).
Le Vercors
Situé au sud-ouest de Grenoble, le Vercors est l’un des massifs les plus sauvages de France. Niché juste entre Belledonne, la Chartreuse et les Écrins, ses hauts-plateaux et ses crêtes enneigées offrent des panoramas époustouflants. S’il fait beau, vous pourrez même apercevoir le Mont-Blanc ! C’est l’un de nos spots préférés pour débuter le ski de randonnée.
Le pays de la Meije
La Meije , au cœur du massif des Écrins, est l’un des spots de France les plus célèbres pour le hors-piste, le freeride et le ski de randonnée ! Surplombant le célèbre village d’altitude de la Grave, la Meije est un véritable écrin immaculé. L’endroit parfait pour ce séjour d’initiation au ski de randonnée avec l’ascension du Pic Blanc du Galibier (2955m).
La Savoie
Direction les Grandes Rousses, un massif exceptionnel pour la pratique du ski de randonnée ! Itinéraire possible : l’ascension de l’Aiguille de la Laisse, culminant à 2892 mètres d’altitude, puis nuit au refuge de l’Étendard où vous dégusterez de bons fromages savoyards et trinquerez au génépi. Le lendemain, direction la Cime de la Valette à 2858 mètres, en traversant le Glacier de Saint-Sorlin !
Les Arcs
Vous souhaitez pratiquer le ski de randonnée en autonomie ? Certaines stations comme Les Arcs proposent plusieurs itinéraires aménagés pour pratiquer en toute sécurité.
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Les 5 profils de skieur de randonnée
Lequel ou laquelle de vos ami·e·s reconnaîtrez-vous dans ces 5 profils ?
La Collant Pipette
Habillée en combinaison moulante de la tête au pied, c’est la Surya Bonaly du ski. Son objectif : bouffer du dénivelé et monter le plus vite possible. Sa course de prédilection : la Pierra Menta. On la reconnaît à ses skis taillés comme des allumettes, pour gagner du poids. Efficace à la montée, le style est plus aléatoire à la descente. Pas grave, pour elle le Nirvana c’est d’en baver !
Ses légendes : Kilian Jornet, Laetta Roux, Mathéo Jacquemoud, ou encore Stéphane Brosse.
Le Collé-Serré
Pour lui le temps s’est arrêté aux JO d’Albertville. Il skie toujours comme dans les années 80, genoux bien serrés. Dans la pente il aime comparer ses petits virages serrés avec les copains parce que c’est beau. Signe particulier : il ne supportera pas que vous sortiez de la trace à la montée.
Mais comme tout bon moniteur sur le déclin, il ne vous refusera jamais de partager un petit blanc sur le parking. Ses légendes : René de l’ESF, Tonton Gilbert, Chantal de la compta.
Le Big Fat
Son truc à lui, c’est la descente. Tranquille à la montée tant qu’il peut envoyer du gros à la descente. La neige est croûtée, cartonnée, trafolée ? Même s’il fait grand beau pas question de sortir. Avec son sac airbag, il a un faux air de pisteur, même s’il n’a jamais vraiment compris la différence entre faces planes et gobelets.
C’est le mec qui vous dira « t’inquiète ça passe »… Jusqu’au moment où tu arrives à la rivière et que tu réalises qu’il va falloir sortir la machette.
La Pente Raide
Comme son nom l’indique, elle ne cherche que les pentes bien raides, mais alors bien bien raides ! Ah, et glacées tant qu’à faire … sinon c’est moins rigolo. Avide d’ouvertures impossibles, elle aime trouver de nouvelles voies. Pour rider, pas besoin de bâton, elle préfère le piolet. Ça tient mieux dans la glace. Et avec son faux air de guide, elle impressionne toujours les japonais dans la benne de l’Aiguille du Midi.
Légendes : Pierre Tardivel, Alex Pittin, Paul Bonhomme, Marco Siffredi.
Le Splitboarder
Avec ses raquettes aux pieds, on le croirait sorti d’un film de Nicolas Vanier. Version moderne du trappeur du grand nord, on le reconnaît aisément avec sa planche à repasser qui bringuebale dans son dos. Le snowboardeur bricoleur – ou celui qui a gagné au Bingo – est passé depuis peu au splitboard. Le splitquoi ? Comprenez un snowboard qui se sépare en deux pour remonter les pentes comme les copains en ski de rando.
Dans la peuf, c’est le camarade utile qui va toujours vous offrir un bout de saucisson, coincé derrière sa fiole de génépi qu’il fait macérer lui-même. Ses légendes : Marion Haerty, Xavier de le Rue, Jean Nerva, Jeremy Jones.
Vous savez désormais ce qu’est le ski de randonnée ! Vous connaissez le matériel à avoir avec soi et les règles de sécurité pour pratiquer. Et désormais, vous savez quels sont les meilleurs spots de France à explorer en ski de rando. Vous êtes parfaitement armé·e·s pour bien débuter en ski de randonnée. Il n’y a plus qu’à vous laisser glisser !













