Reconversion pro : pour quel métier du bois êtes-vous fait·e ?

reconversion bois

**BREAKING NEWS** tous les comptes CPF arrivent à expiration demain ! Non c’est faux, si on vous l’assure, alors c’est une arnaque. Mais du coup, on a demandé aux gens autour de nous ce qu’ils feraient s’ils devaient utiliser cet argent demain pour une reconversion. Conclusion : on veut toutes et tous secrètement devenir ébéniste. Mais entre le rêve et la réalité il y a un monde : d’ailleurs, qui a déjà scié une bûche ?

Pour débroussailler quelques clichés sur ce métier, on est allé discuter avec des personnes qui travaillent dans le secteur du bois, notamment chez EcoTree. On a découvert qu’il existait une multitude de professions souvent méconnues et qui nous correspondaient peut être plus. Pour cet article, Chilowé a donc enfilé son habit de conseillère d’orientation pour vous faire découvrir 6 métiers du bois par les yeux de celles et ceux qui l’exercent au quotidien. 

Ébéniste : pour développer sa fibre artistique

C’est quoi le job d’ébéniste ?

On va quand même en parler, même si c’est finalement un métier de niche car artistique. L’ébéniste est un artisan qui fabrique ou restaure des meubles en bois. Même s’il existe aujourd’hui des machines automatisées pour découper le bois à partir d’un dessin, cela reste un métier manuel où l’on perpétue un savoir-faire.

Comment devenir ébéniste ?

On a rencontré Manu qui était responsable d’une agence de travaux publique et qui a tout lâché pour devenir ébéniste (comme quoi ça arrive quand même). Manu a passé un CAP ébéniste et sa formation a duré un an. Pendant celle-ci, on apprend à travailler le bois, mais également à connaître les particularités de chaque essence. Pour prendre de l’avance sur la formation, vous pouvez vous entraîner avec notre tuto sur les essences de bois et leurs feuilles

Bon à savoir avant de se lancer

« Les avantages de ce métier, c’est qu’on n’est pas derrière un ordi : c’est assez physique, on touche la matière, on fabrique quelque chose de concret avec ses doigts. Le bois c’est super chouette à travailler, il y a 1000 possibilités, c’est un matériau qui est extra. Pour les inconvénients je dirais : l’odeur du vernis qui est atroce et la peur de se couper un doigt. » 

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C’est une bonne situation ébéniste ? 

Ça dépend pas mal de votre notoriété et du nombre de commandes chaque mois (en gros est-ce que vos meubles plaisent) ! « Au début d’une reconversion, c’est difficile. On n’est pas millionnaire du jour au lendemain », admet Manu. « Pour réussir il faut oser, être persévérant, passionné. »

Gestionnaire forestier : pour vivre dehors

C’est quoi le job de gestionnaire forestier ?

C’est la personne qui entretient la forêt, le ou la chef·fe d’orchestre des lieux. C’est ce que fait toute l’année Vianney, sur les parcelles forestières d’Ecotree. « Je gère la forêt dans son ensemble, des plantations jusqu’aux coupes en passant par l’entretien des arbres pour favoriser la régénération et la préservation des écosystèmes. » 

Comment devenir gestionnaire forestier ? 

Vianney a fait un BTS de gestion forestière par correspondance (qui compte environ 800 heures de formation) et était ouvrier forestier en même temps.

Bon à savoir avant de se lancer

« Il faut être observateur et aimer passer toute l’année dehors, peu importe la météo », insiste Vianney. Si on a envie de mourir les jours de canicule ou de pleurer quand il pleut, mieux vaut passer son tour. Être un bon gestionnaire forestier, c’est aussi avoir une grande capacité d’organisation pour gérer des chantiers et savoir prendre des décisions sur le cycle de la forêt : quelles essences planter ? Quelles coupes d’éclaircies réaliser ? « Il faut aussi des compétences de manager pour gérer correctement les sous-traitants. »

C’est une bonne situation gestionnaire forestier ?

Tout dépend de l’expérience et de l’employeur public ou privé. Le salaire brut d’un gestionnaire forestier débutant tourne en moyenne autour de 2 000€ mensuel.

Chargé·e de mission biodiversité : pour les écolos à gogo

C’est quoi le job de chargé·e de mission biodiversité ?

Un·e chargé·e de mission biodiversité mène des études de terrain sur une zone géographique donnée. L’objectif c’est de bien connaître la biodiversité de l’espace, à savoir la faune et la flore, afin de prendre ensuite les meilleures décisions. On a parlé à Louise, qui exerce ce métier chez Ecotree. « Je prends en compte les enjeux liés à la biodiversité dans notre gestion forestière, je mets ensuite en place des mesures de gestion et des projets en faveur de la biodiversité. »

Pour quel métier du bois êtes vous fait
La forêt passée au rayon X – © EcoTree

Comment devenir chargé·e de mission biodiversité ?

Louise a fait une prépa mathsup/mathspé, puis une école d’ingénieur avec une spécialisation en préservation des milieux naturels. Il est également possible de passer par un master pro ou un BTS gestion et protection de la nature, complété d’une licence pro dans ce domaine.

Bon à savoir avant de se lancer

« Il faut avoir le goût du terrain, être patient·e et observateur·trice », mais aussi être prêt·e à passer des journées dans un bureau. Une étude, c’est à la fois beaucoup de temps dehors à observer chaque cycle biologique et aussi toute une partie analyse de données, de rédaction de rapports et de présentation de solutions. En gros : le lundi on est en bottes dans la boue à mater des lapins, et le vendredi en tailleur au bureau à présenter un PowerPoint.

C’est une bonne situation chargé·e de mission biodiversité ?

« Cela dépend de la structure dans laquelle on travaille, dans le sens ou c’est un métier qui existe dans des structures associatives, des bureaux d’études, des organismes publics. » La fourchette pour un débutant varie de 1 600 € à 3 000 € brut par mois selon la formation et l’organisme employeur.

Propriétaire forestier : pour devenir chef.fe d’entreprise

C’est quoi le job de propriétaire forestier ?

Vous êtes propriétaire d’une forêt et vous en tirez des bénéfices en exploitant et vendant les arbres qui s’y trouvent.

Comment devenir propriétaire forestier ?

En achetant une forêt ou un terrain sur lequel en faire pousser une, pardi ! Première solution (vous êtes très riche) : trouver quelqu’un qui vend une forêt en postant une annonce dans un journal spécialisé. Deuxième option (vous êtes riche) : se rapprocher d’un groupement forestier (un GFF) et en acquérir des parts… à condition d’avoir au minimum 10 000€ sous le coude. Troisième solution (vous êtes un peu riche) : investir dans une parcelle de forêt gérée par EcoTree. L’entreprise propose d’acquérir des arbres dès 18€.

arbre majestueux
Mieux que les crypto – ©EcoTree

Bon à savoir avant de se lancer

C’est primordial de déterminer son projet d’exploitation forestière. Est-ce un complément de revenu ? Un investissement patrimonial ? Un métier à temps plein ? Vous avez gagné au Loto et rêvez de pouvoir vous balader nu·e dans votre forêt privée ? Excepté pour la dernière option, il faut garder en tête que les essences ne sont pas coupées au même âge. Il faudra donc attendre 140 ans pour un beau chêne sessile, 47 ans pour un pin laricio. Pas besoin de préciser que ça va être compliqué pour les impatients. 

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C’est une bonne situation propriétaire forestier ?

Tout dépend de l’investissement à la base et du nombre d’hectares achetés. Dans le milieu, la valeur d’une forêt est calculée en fonction de la qualité de son sol et des essences qui y poussent. Pour avoir un ordre d’idées, chez EcoTree on peut espérer gagner 294 € lors de la coupe d’un chêne sessile.

C’est quoi le job de menuisier ?

Pour Julien, menuisier chez Maison Chabot à Saint-Jorioz en Haute-Savoie, le rôle premier d’un menuisier « est de fermer l’ensemble des ouvertures d’une construction vers l’extérieur ». Dans un atelier, il dessine, conçoit et fabrique des portes, des fenêtres, des volets… Mais son activité ne s’arrête pas là. Il fabrique aussi un certain nombre de mobiliers intérieurs tels que des escaliers, des placards, des cuisines ou du parquet. Il y a donc des points communs avec un ébéniste, même s’il ne s’agit pas des mêmes techniques.


Comment devenir menuisier ?

« La formation commencera toujours par un apprentissage (comme CAP Menuisier fabricant) un suivi d’un Brevet Professionnel (BP menuisier par exemple) », explique Julien. « Des formations plus spécifiques permettent de se spécialiser sur des postes tels que le Bureau d’études, la finition, le chargé d’affaires ou la commande numérique. »

Bon à savoir avant de se lancer

Dans un atelier de menuiserie, ça bosse dur. « Nous sommes rarement aux 35 heures et les heures supplémentaires sont souvent de mise. » Si on aime soulever de la fonte à la salle, c’est bingo : « généralement, le menuisier travaille seul sur un ouvrage, et les charges peuvent parfois être lourdes ». Le sens de l’organisation, le souci du détail et de la curiosité sur l’évolution du métier sont importants, mais la priorité pour Julien c’est « de prendre plaisir à œuvrer de ses mains pour créer à partir de cette matière vivante qu’est le bois ». Le kiffe, toujours le kiffe.

C’est une bonne situation menuisier ?

En sortie d’apprentissage, le salaire d’un menuisier tourne autour d’un SMIC. « Les postes en atelier peuvent atteindre les 2000 € avec le temps et l’expérience. Sur des postes à responsabilités, il peut être encore plus important. »

Chargé·e de mission RSE : pour s’engager

C’est quoi le job de chargé·e de mission RSE ?

Un·e chargé·e de mission au sein du pôle RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est le ou la garant·e de l’engagement de la boîte sur les enjeux sociaux et environnementaux. Ce métier existe dans beaucoup de boîtes et de secteurs, l’idée c’est qu’on peut l’exercer au service de la filière du bois. Au sein de ce pôle chez EcoTree, il y a Louisiane, responsable innovation et impact, ainsi que Pierre-Alexandre, responsable produit.

Leur travail consiste à suivre les tendances et évolutions du marché du bois, comprendre les nouvelles demandes des clients et explorer les nouvelles opportunités de développement. De cette veille peuvent naître de nouvelles offres ayant « un impact positif important et global sur les écosystèmes terrestres et marins, comme par exemple la séquestration de carbone, la préservation de la biodiversité, le développement de l’économie locale, ou l’intégration de personnes en situation de handicap », explique Louisiane.

Pour quel métier du bois êtes vous fait
Et lui, il est tendance ? – ©EcoTree

Comment devenir chargé.e de mission RSE ?

L’avantage avec ce métier, c’est que l’on peut valoriser des compétences acquises dans un autre secteur sur la gestion de projet, du marketing… Louisiane a fait une école d’ingénieur en développement durable territorial, suivie d’un MBA en Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et a eu des expériences en cabinet de conseil. Pierre-Alexandre a fait des études de finance, a participé au Parcours Entrepreneur de Ticket for Change et a suivi une formation agricole et des cours de Data Science.

Bon à savoir avant de se lancer

En RSE, mieux vaut avoir de la mémoire et une bonne capacité de synthèse. « On s’attaque régulièrement à de nouveaux sujets, on discute avec des experts, on collecte les suggestions des différentes équipes et on synthétise toutes ces informations pour en faire une offre claire et viable », détaille Pierre-Alexandre. « Il faut également avoir un sérieux attrait pour le développement durable, tant sur la partie technique que sur le business à impact », ajoute Louisiane.

C’est une bonne situation chargé·e de mission RSE ? 

La rémunération varie selon la taille des entreprises (grands groupes ou start up) et l’expérience du candidat, mais tourne en général entre 30k et 40k l’année. 

Alors, on craque notre CPF ?

 

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