Découvrez le super pouvoir du flow : quand les planètes s’alignent

Un jour, comme par magie, j’ai découvert le flow. Rien à voir avec l’écoute du dernier album de Jay-Z ou de Big Flow & Holy. Peut-être l’avez-vous déjà vécu aussi : l’impression que tout est aligné, que vous vous sentez à votre place à cet instant T au point que tout disparaît autour de vous. On ressent alors une impression que tout est facile à réaliser et coule de source. Et bien c’est ça le flow !

 

Certain.es parlent de l’instant présent, de sens de la vie, d’état de grâce, d’alignement, de transcendance… À vous de mettre le Mot que vous voulez pour le nommer. L’état de flow est ce qui permet de faire apparaître créativité et performances exceptionnelles. Ha là, je sens que je vous intéresse. Comment ça marche ? D’où ça vient ? Existe t-il une recette ? Voilà ce que j’ai découvert.

Définition scientifique du flow 

La définition scientifique du flow apparaît en 1975 grâce à Mihaly Csikszentmihalyi, qui avait décidé de consacrer ses études à ce qui rendait vraiment les gens heureux.

Je vous vois venir, et oui il a débusqué dès le début que « l’argent ne fait pas le bonheur » : jusqu’ici rien de surprenant. Il a commencé à travailler avec des musiciens et des sportifs qui savaient trouver du plaisir et une satisfaction durable dans leurs activités. Les musiciens lui ont parlé d’un état extatique de composition.

Non, rien à avoir avec la prise d’ecstasy, on a dit pas de psychotropes ! En grec ancien ékstasis veut dire se tenir à côté/hors de soi-même.

Il a donc découvert que cet état arrivait quand les gens sortaient de leur routine de tous les jours. Mais il a aussi constaté qu’il était possible à certains de recréer cet état. Prenons l’exemple d’un compositeur devant une feuille blanche : il entre dans une réalité parallèle, un monde à lui. Son univers à ce moment n’est que création et composition, comme si tout le reste n’existait plus : ni son corps, ni son identité, ni son environnement, ni ses sensations.

Une concentration complète et totale.

zone de flow d’après Mihaly Csikszentmihalyi
Zone de flow d’après Mihaly Csikszentmihalyi

Le « flow » est nommé par les scientifiques « état psychologique optimal », c’est moins funky dans les discussions en refuge ou à l’apéro !

Pour ma part, je trouve le flow assez régulièrement lors de grandes sorties en ski de rando, quand j’ai la chance de faire ma trace dans une neige de cinéma et d’avoir l’impression de flotter. Rien d’autre ne compte à ce moment, tout semble parfait et mon esprit est juste ici et maintenant sur ce virage, et le prochain qui vient, au contact de mes sensations. J’ai alors l’impression de skier comme une championne et que mon corps agit de lui-même pour faire la meilleure courbe.

flow ski de rando tanya naville

Et là, je ne pense pas à ma liste de course, au travail qui m’attend sur mon bureau ou au rendez-vous chez le médecin du petit. Mon corps et de mon esprit sont connectés sur une chose : cette trace dans la neige. Le temps semble comme suspendu et découpé en petites tranches qui s’étirent et découpent le mouvement.

Le flow : un moment de fluidité extrême

Si on devait résumer cet état magique du flow on pourrait retenir ces points :

  • Une concentration totale sur une tâche
  • Une modification du rapport au temps : le temps est soit perçu comme beaucoup plus long ou passant beaucoup plus vite
  • Un sentiment de clarté et de contrôle : l’impression d’une acuité beaucoup plus importante, et de tout contrôler
  • Une fusion de l’action et de la conscience : l’ensemble de notre cerveau est concentré sur l’action est sa réalisation
  • Une disparition de l’ego : notre identité disparaît, nous ne pensons plus à qui nous sommes, nous sommes seulement concentrés sur l’action en cours

Le flow : une distorsion du temps

L’état de flow permet de jouer sur la « perception de la transformation du temps ». Lors de cet état nous ressentons soit une dilatation du temps, soit une compression du temps. Dans les faits, on peut avoir l’impression d’avoir passé une heure à regarder cette fleur alors qu’en fait cela ne fait que 3 minutes. Mais nous avons contemplé tellement de choses en étant absorbé que cela nous a paru nécessiter des heures. Ou alors le temps nous parait plus court, par exemple lors d’une montée en montagne qui a été “avalée” sans effort alors qu’elle nous paraissait interminable sur la carte.

Le flow : découvre ton super pouvoir

Lors de l’état de flow une impression de facilité nous revient. Tout nous parait simple et facile à réaliser. Certains sportifs parlent de transe mystérieuse qui leur aurait permis de courir des heures sans peine. C’est notre cerveau qui est à la manœuvre derrière cet état par la décharge d’hormones principalement : sérotonine, dopamine et leptine. Ce qui permet d’atteindre cet état de perception accrue.

Existe t-il une recette pour créer des moments de flow ?

Sympa de parler de super pouvoir, mais peut-on développer le flow ? Sans entrer dans une course perpétuelle à rechercher l’état de flow, ne serait ce pas un bel objectif que de vivre un max de moments de nos vies dans cet état ? En tout cas moi, je signe pour en avoir plus souvent !

  • Une activité challengeante qui demande des compétences
  • La capacité de se concentrer sur l’activité
  • Des objectifs précis pour l’activité

Et s’il y avait une recette, ça serait quoi ?

  • Remémorons-nous la dernière fois que nous avons vécu cet état de flow. Ça y est vous y êtes ?
  • Que faisions-nous ? Et surtout, que ressentions-nous à l’intérieur ? Quelles étaient les valeurs que nous nourrissions ? Par exemple, si le flow m’était apparu lors d’une randonnée en montagne, je nourrissais sans doute mon sentiment de liberté ou de découverte.
  • Comment pouvons-nous insérer ces valeurs dans d’autres aspects de notre vie ? Par exemple : mon sentiment de découverte de nouveaux endroits en randonnée ne pourrait-il pas être applicable lors de ma découverte de nouvelles personnes ou de nouvelles interactions ?
Recette simple

Une autre possibilité s’offre aussi à nous, grâce à l’expérimentation suivante :

  1. Choisissons une activité qui nous passionne (sport, art, cuisine, bricolage…) et qui demande de la concentration
  2. Prenons ensuite un objectif motivant. Comme Mihaly Csikszentmihalyi le faisait remarquer, il faut se challenger pour trouver le flow : cela peut être un sommet à gravir, un nouveau spot à découvrir mais aussi partager un raid au long cours avec un.e partenaire d’aventure avec qui tout est fluide
  3. Entrons dans notre bulle. Le flow nécessite un état de concentration intense, éteignons donc les téléphones et évitons les endroits où l’on peut être continuellement déranger. En effet, qui a déjà réussi à faire un travail profond dans un open space où tous les collègues passent continuellement demander quelque chose ?
  4. Appuyons-nous sur nos compétences et sautons le pas, accueillons le flow ! Ou en tout cas, laissons lui la place de venir

Le flow arrive quand on fait ce que l’on préfère faire, n’oubliez pas, le flow est dans l’instant !

Comment mettre toutes les chances de notre côté ?

Cet état de flow nécessite une grande concentration, et je m’interroge sur la possibilité d’avoir encore des moments exempts de sollicitations dans nos vies. Oui, je parle de l’outil que l’on a tous, tel des Droïdes, greffé sur nous ou étant toujours à proximité : le smartphone. Il a été prouvé que les téléphones diminuent drastiquement notre capacité de concentration donc notre flow. De mon côté, je vis ces moments en montagne, et encore plus en ski de rando et en alpinisme, comme une joie de la déconnexion numérique et de la connexion à l’instant présent.

On retrouve aussi actuellement un fort engouement pour des pratiques telles que le Yoga. Je constate lors de mes cours que mes élèves viennent chercher plus que l’enchaînement de mouvements : ils cherchent un moment de déconnexion de l’extérieur et de recentrage sur eux. Sans doute dans une volonté de se mettre dans de meilleures conditions personnelles pour retrouver leur état flow. Morale de l’histoire : pour trouver le flow, il faut déconnecter.

Conclusion

Même si rien de tel que l’expérimentation pour vivre le flow. Il ne faut pas forcément sur-intellectualiser cela mais plus faire confiance à ses sens, à ce dont on a plaisir à réaliser et se laisser porter. Un état de concentration optimale sans effort.

Et vous, savez-vous quand arrivent ces moments de flow pour vous ? Est-ce quand vous pratiquez votre sport, cuisinez, remplissez un fichier Excel ou quand vous contemplez un tableau ? Lorsque vous vous mettez à écrire ? Est-ce quand vous jouez de la musique ?

Soyons fluides laissons le flow venir spontanément à nous !

Pour aller plus loin

Je vous ai choisi quelques ressources à consulter sur le sujet si vous voulez en savoir plus :

  • Livre de Steven Kotler, Les secrets de vos supers pouvoirs
  • Diane ALLEN TED Talk “How to find your flow (and lose yourself in it)”

 

 


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