Portés par leur désir de découvrir un Danemark qui ne se résume pas qu’à Copenhague, Clément, Clémentine et leurs enfants Louise (12 ans) et Gustave (10 ans) sont partis à l’été 2025 pour un voyage itinérant de trois semaines à travers les parcs naturels danois. Bien qu’habitués aux voyages à vélo, c’est la première fois qu’ils embarquaient pour une aventure à l’étranger aussi longue. Eh bien aventure testée et surtout APPROUVÉE ! De retour en terres gauloises, ils nous ont filé leurs meilleurs plans, adresses et recos.
Leur itinéraire
La joyeuse troupe est partie de l’île de Lolland pour une odyssée au cœur de cinq îles méridionales du Royaume et une virée dans le Jutland. Au départ, ils souhaitaient pédaler tout du long mais au vu de la longueur de certaines portions, ils ont choisi de prendre des trains pour rejoindre Billund dans la région du Danemark-du-sud. Pour Clément, le Danemark est un pays qui se prête parfaitement au voyage long mixant vélo et transport en commun : « tous les trains régionaux sont équipés de racks à vélo ! »
Avec plus de 450 km parcourus en 3 semaines, ils ont eu un aperçu de ce qui se fait de mieux dans ce royaume scandinave : un passage sur l’île du mariage d’Ærø, des villes atypiques comme Odense ou des plages de sable fin sur l’île de Langeland.
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Comment s’y rendre
La famille est allée en voiture jusqu’à Zurich (mais la ville est également hyper accessible en train). Ils ont ensuite pris un premier train jusqu’à Hambourg, puis un deuxième pour Puttgarden. Ensuite un bus pour rejoindre le ferry qui les emmène jusqu’au port de Rødby sur l’île de Lolland au Danemark.
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Une destination Kids-Friendly
Un pays tout plat
En longeant la côte de Lolland, la famille découvre les joies de la piste cyclable danoise de la mer Baltique N8. Longue de près de 900 kilomètres, celle que l’on connaît aussi sous le nom d’Eurovelo 10 est un petit bijou pour traverser les premières îles du voyage. « Le dénivelé du Danemark (avec un point culminant à 170 m d’altitude) a été le critère décisif pour nous ! ». Aucun risque pour les enfants ou les non-aguerris de se liquéfier à la première côte.
Des transports anti-stress
N’ayant pas encore opté pour des vélos amphibies, nos voyageurs ont dû emprunter des ferrys qu’ils encensent sans modération. « Les bateaux font partie des supers expériences du voyage. Aucune réservation nécessaire, de la place à chaque fois et des paysages extraordinaires à observer », assure-t-il.
Et ça tombe bien parce que la famille de Clément(ine) n’est pas du genre à faire ses résa 3 mois en avance. En 3 semaines, ils ne sont jamais restés à quai. Avoir un vélo au Danemark, c’est un peu comme nager dans le sens du courant… et l’emporter à bord, c’est choisir de se fondre dans la masse.
Des pâtisseries en-veux-tu-en-voilà
Comme une bonne destination se juge aussi à la qualité de son garde-manger, la petite tribu a pu tester la pléthore de pâtisseries scandinaves. Entre la spandauer (vedette du petit déjeuner), les kanelsnegle (roulés à la cannelle) ou les tebirkes (des pains aux graines de pavot), il faut dire que les boulangeries danoises en ont dans le ventre. « En rentrant en France, ça m’a trop manqué de ne plus m’arrêter dans toutes les boulangeries », regrette Louise.
- Où trouver les meilleures pâtisseries ? Chez Nysted Bageri sur l’île de Lolland et à : Billund bakery and café à Billund – Legoland.


Le bon plan dodo : les shelters
Les shelters du Danemark sont l’un des joyaux de la couronne danoise (selon les bikepackers). Présents à tous les coins de nature, ces abris en bois haut comme trois pommes et ouverts au vent, sont accessibles à vélo, mais aussi à toutes les bourses (quelques euros seulement). Bref, le plan idéal pour « Gå på hovedet i seng » (littéralement : aller au lit sur la tête), comprenez, aller directement au lit sans passer par quatre chemins.
En plus d’être un lit, ils ont été pour la famille un espace de convivialité où les écrans n’ont pas franchi le seuil de la porte (pourtant ouverte). « On a lu des bons bouquins de voyage et fait des parties endiablées de Cartaventura ! »
- Pour réserver son shelter, on utilise l’appli… Shelter (oui, il faut chercher bien loin) sur Android et Apple
Autre option pour dormir : les campings. « Ils sont hyper bien équipés, ont tous des espaces pour manger à l’abri et des cuisines en libre service », explique Clément.


Le coup de cœur : l’île d’Ærø
Peut-être que cette île parlera à nos lecteurs fiancés. Avec plus de 2 300 couples mariés en 2024, elle jouit d’une attractivité hors norme rapportant près de 2 millions d’euros à l’île de 88 km². Pourtant, si la famille en parle avec autant d’envie, c’est avant tout pour ses plages de sable fin, ses bicoques chamarrées et cette impression tenace d’être seuls au monde. Avec seulement 14 villages et moins de 6 000 habitants, elle offre une bouffée d’air iodé hors des villes.
Le centre de la plus grande bourgade de l’île, Ærøskøbing, se compose de maisons à colombages aux couleurs vives (parfois datant du XVIIe siècle) accolées les unes aux autres le long de rues piétonnières. En s’y baladant, on découvre une vieille tradition danoise qui subsiste : accrocher des rétroviseurs à leurs fenêtres. Sans bouger du canapé, les Danois ont un oeil sur les visiteurs qui passent par là !
- Où manger ? Chez Webers Café & Restaurant, la meilleure table de l’île (uniquement le soir). Pour des friandises de boulangerie : Franz Brød.



Préjugés VERSUS réalité
Préjugé n°1 : Au Danemark, il ne fait pas très beau
Le premier jour au Danemark, l’île de Lolland leur a effectivement réservé un accueil venteux qu’ils racontent encore en grinçant des dents. « Même dans une descente, on avait du mal à avancer. Les 15 kilomètres jusqu’au shelter ont été longs. » Heureusement pour eux, ces premiers kilomètres étaient les plus durs de l’aventure. Le reste des trois semaines fut presque un long fleuve tranquille !
Préjugé n°2 : voyager en famille à vélo ce n’est pas toujours safe
« Depuis la chambre de notre auberge de jeunesse à Odense, on a vu une énorme allée de vélos… sans antivols », se rappelle Louise. De quoi étonner nos français… qui se sont prêtés au jeu. Résultat : le même nombre de vélo au départ et à l’arrivée !
Préjugé n° 3 : ça va être compliqué de se loger
Avec la pléthore de shelters, trouver un abri pour la nuit n’a jamais été aussi simple.
Préjugé 4 : En dehors des villes, c’est compliqué de se ravitailler
La plupart des campings disposent de supérettes ou des cuisinières pour se faire un vrai repas. On trouve aussi des supermarchés le long des pistes cyclables.
Préjugé 5 : En longeant les côtes, on va être submergé par les moustiques
« Sur les trois semaines on a eu qu’une ou deux nuits avec des moustiques », assure la famille. Les éphémères piqûres de moustiques ont depuis laissé place à des souvenirs indélébiles…


Ce que ce voyage a changé pour eux
S’ils n’avaient jamais réalisé trois semaines roues contre roues, cette aventure les a convaincus de continuer (même s’ils nous conseillent de commencer plutôt avec un voyage de deux semaines !). « Toute la famille est hyper motivée pour repartir à vélo », assure Clément. Prochain voyage en vue : l’Espagne, dont les routes baignées de soleil promettent de nouvelles histoires à raconter à la récré.











