Envie de baignades en pleine nature, de sport version « on se la coule douce » et de visites des Plus Beaux Villages de France ? Les sœurs Stella et Sandy — alias Salamandre Sauvage et Sauterelle Sympa — ont troqué l’agitation des foules pour partir à la découverte d’un coin-coin du Périgord encore inconnu à leur carnet d’aventures. Au programme ? Patrimoine en veux-tu en voilà, danse des papilles face à la gastronomie locale, défilé de paysages et une culture qui coche toutes les bonnes cases. Ça ne casse peut-être pas trois patates à un canard, mais ça fait un bien fou.
Ce topo en un coup d'oeil
- Gare la plus proche : Buisson de Cadouin
- Des petits sacs à répartir dans les sacoches à vélo pour troquer le sac à dos par un petit dos-u au soleil
- De la crème solaire et de l’eau parce qu’en Dordogne le temps c’est : soleil dans les champs, ombre sous les châtaigners, re-soleil, re-ombre, re-soleil, etc.
- Son maillot de bain même si ça coule de source : plouf obligatoire dans la Dordogne !
- Et chausson d’eau pour le canoë et le confort des petons sur les plages de galets.
J1 : De Bergerac à Monpazier
Notre arrivée au Buisson de Cadouin se fait en TER depuis Bergerac, lunettes de soleil sur le nez et baskets aux pieds. En quelques foulées, on rejoint le bord de l’eau et trempe nos petons dans la Dordogne. La guitoune du Canoë River nous tend la pagaie. Alors, on monte à bord sans hésiter. Hors saison, c’est le paradis : eau cristalline (et pas la bouteille plastique), chevaux et cavaliers qui barbotent, deux canoës qui se battent en duel… Les vacances commencent en beauté : c’est déjà un 10/10.
La Dordogne se navigue sur 200 km, mais on garde ça pour une autre fois. Aujourd’hui, c’est plouf à la plage de Limeuil puis un peu plus loin, le village de Sors nous indique très clairement qu’il est temps de sor(s)tir de l’eau. On retrouve Jean qui nous dépose nos vélos électriques de location. Que l’aventure continue !
Deux coups de mollets en montée, un «wheee» en descente et hop nous voilà sur les petites routes ombragées périgourdines. Après le passage devant le cloitre de Cadouin et le village de Montferrand, on atterrit dans un logis pas comme les autres. Clairement pas l’Auberge Espagnole, mais tout aussi cinégénique.
Les cabanes perchées dans les arbres de Capdrot sont bien mieux qu’une cahute dans les arbres. C’est une ambiance de chalet boisé VIP tout équipé avec un panier en osier qui, à la force d’une corde et d’une poulie, nous amène un succulent repas made in Périgord.
Le confit de canard nous fait fondre de plaisir et le grand chêne central apporte une vraie présence rassurante. Un peu comme ce vieux pote baraqué qui te fait sentir invincible : cet arbre traverse la terrasse et te fait oublier que t’es perché à plus de 7 mètres de hauteur (pas une once de vertige, promis juré).




J2 : Monpazier à Beaumont
On se réveille mi-écureuils mi-princesses dans notre grande cabane douillette. Le panier du petit-déj vient se hisser sur la table. On savoure l’instant avant de remettre les pieds sur terre les pédales et filer sur les petites routes ombragées en forêt.
Après une salutation au chevreuil fraîchement sorti du bois, nous posons la béquille au château de Biron, classé Monument Historique. Plus grand d’Aquitaine, doté d’une des plus grandes cuisines de France et entouré de jolis remparts à faire pâlir Instagram : il a tout d’un grand château.
Riche en histoire depuis le 11e siècle, il reprend vie régulièrement avec des tournages VIP comme La Fortune de France, Les Traîtres sur M6 ou encore Les Visiteurs 2. On ne parle pas d’une visite barbante autour de 3 lits à baldaquins. Ici, c’est une visite ludique et agréable pour petits et grands !
L’heure du miam a sonné. On appuie sur les pédales direction un nouveau Plus Beaux Villages de France : Monpazier. Parfait pour recharger nos batteries au Côté Halles. Stella, fan numéro 1 en France d’andouillette et de canard, ne reste pas de marbre face aux plats qui nous attendent. Apéro charcut’ du Périgord, andouillette de canard local et dessert aux fraises Melba aussi rouges que ma sœur quand on lui annonce le menu ! C’est encore un 10/10.
Monpazier, élu plus beau village de France depuis 1982, est une bastide initialement conçue pour attirer riches, artisans et échanges commerciaux. Avec Lina, jeune guide passionnée de l’office du tourisme, on découvre comment tout a été pensé avec stratégie. Du centre réservé aux puissants aux « carreyrou » pour les plus modestes, en passant par les fortifications de la ville et le marché hebdomadaire resté fidèle depuis des siècles au jeudi matin… Il y a tout pour composer une carte postale qui sent bon la France.
On retourne sur nos bolides pour une série de montées et descentes jusqu’à l’église de Beaumont du Périgord (plus grande que le village lui-même, ou presque). Une petite pause au camping Le Moulin de Surier nous permet de nous délester de nos sacoches avant de repartir directement pour une soirée champêtre au restaurant plein air l’Apogée.
Ouvert uniquement aux beaux jours, ce lieu a le « fait maison » dans le sang. Des cocktails au pain, en passant par le vinaigre, le vin et les légumes de saison… Tout est produit sur place avec l’aide précieuse de woofers internationaux. En cuisine comme dans le jardin, ils participent à la vie de cette ancienne bâtisse transformée en repaire éco-gourmand et culturel par un couple passionné.





J3 : De Beaumont à Monbazillac
Après une douce nuit au frais dans notre lodge, on décide de profiter des pédalos mis à disposition par le camping. On fait un petit tour de lac, mais nos vélos sont vite jaloux. Il est temps de troquer le maillot pour les sacoches et de reprendre la route direction Monbazillac : dernier stop du séjour.
Sur notre route, le village d’Issigeac nous fait une piqûre de rappel. Non, il est impossible de faire 30min à vélo dans le Périgord sans croiser un petit village plein de charme, d’artisans et de mignonnerie. Arrivées au château de Monbazillac, on achète notre billet all inclusive : musée interactif, passage dans les vignes, accès aux expositions et cerise sur le château : l’accès au restaurant dans la cour intérieure.
Afin d’ajouter un côté insolite à notre visite, on donne rendez-vous à Nico et ses randos en Trottes devant le domaine. Plus silencieux que le quad et plus fun que le VTT électrique, la trotte est une activité idéale à faire entre amis ou en famille. C’est une première pour nous 2 ! L’équilibre est moins compliqué à trouver que ce que l’on pensait, on prend petit à petit de la vitesse à laquelle on ajoute de jolis paysages et beaucoup de plaisir !
Après 1h30 de slaloms entre les grappes de raisins, on met pied à terre et rejoins le restaurant. Vu qu’on ne confite pas un canard à n’importe qui, on honore une dernière fois la gastronomie locale avec vue panoramique.
Le serveur nous fait découvrir quelques vins du château et nous initie, entre deux gorgées, aux secrets de la pourriture noble (un terme barbare pour dire qu’un champi’ qui adore le climat local vient se coller aux raisins et concentrer son sucre pour donner un vin super gourmand).
On était venue chercher une version bien à nous du bonheur simple entre nature, bonne bouffe et douceur de vivre… Je crois qu’on peut dire que Dolce Vita Périgourdine a coché toutes les cases avec brio !



