Victorine et Nicolas aka Vison Farfelu et Narval Radieux avaient envie de s’envoyer des aventures mémorables en pleine montagne sans partir dans les Alpes ou les Pyrénées. De l’autre côté de la France, ils ont découvert la Suisse Normande : un territoire caché au coeur du Calvados qui ressemble comme deux gouttes de Calvados d’eau aux massifs du sud et de l’est. Ici, pas de sommets à 4 000, mais un bon paquet d’activités outdoor à en faire pâlir les bouquetins. Allez hop, on troque le reblochon pour le camembert, et on part pour 3 jours d’aventure en Suisse Normande !
Ce topo en un coup d'oeil
Gare de Caen, puis bus 117 direction le village de Clécy, 10 min de stop pour arriver au Camp de Base !
Une bonne partie du matériel technique sera prêté pour chaque activité, mais n’oubliez pas :
- Sac de rando 20L
- Gourde
- Tenue de rando
- Chaussures de rando
- Coupe vent (pour les crêtes)
- Lunettes de soleil
- Paire de pantoufles (ou de crocs) pour le Camp de Base
- Un bon jeu de cartes (dans lequel vous êtes injouable)
- Les yeux grands ouverts

Jour 1 : faire le vide pour faire le plein
Après une arrivée en gare de Caen, on prend le bus direction le village de Clécy où l’aventure commence déjà : on sort le pouce pour rejoindre notre destination finale pour le séjour : le Camp de Base. Ici, tout nous fait déjà penser à la montagne : un gîte tout confort avec une déco montagnarde, des lits type « refuge » et même des prises d’escalade dans des endroits franchement loufoques. La vue nous donne l’impression d’être nichés sur le toit de la Normandie, et ce petit paradis de nature nous donne déjà des fourmis dans les gambettes. Camille et Henri, les maîtres des lieux, nous ouvrent la porte de leur gîte avec l’accueil typique qu’on nous avait tant vendu sur la culture du nord ! Doublement validé !
- Où déjeuner ? On part faire le plein d’énergie à l’Epicerie du Coing pour prendre de quoi pique-niquer. Circuits courts, producteurs locaux et produits du coin sont les maître-mots.
L’après-midi, on part à la verticale se frotter à la descente en rappel organisée par le Camp de Base. Sur la paroi des Rochers des Parcs, on progresse tranquillement les pieds dans le gaz et la tête dans les nuages. Objectif : enchaîner plusieurs rappels progressifs pour se « mettre en jambes ». Henri, toujours aussi calme, nous accompagne et nous aide à traverser sereinement chaque passage difficile. Deux rappels et un peu moins d’appréhension plus loin, on attaque enfin le clou de la sortie : une descente de 25 mètres au-dessus du sol depuis le viaduc de Clécy. On a rarement fait mieux pour mixer sport, adrénaline et patrimoine ! On finit par une randonnée sur les crêtes avant de retrouver le charmant village de Clécy en fin de journée. Avant de partir manger, on fait un petit détour chez Loulou et Loulette, une boutique tout en pierre, à cheval entre la brocante et l’épicerie. La faim nous tire d’ici parce qu’on aurait pu y rester toute la soirée.
- Où dîner ? À la Potinière, on commence par une bière au bord de l’eau avant de rentrer profiter du menu de Pâques et de la spécialité du chef, la teurgoule (ce n’est pas une insulte).
- Où dormir ? Dans le gîte du Camp de Base où nous resterons tout le séjour. Le petit bonbon du jour ? Henri avait allumé le poêle juste avant notre retour ! On adore Henri.






Jour 2 : des pieds et des mains
9h du matin sur la montre, Henri toque à la porte : il est l’heure d’aller se dégourdir les guiboles. On chausse les chaussures et on part pour un trail à la découverte des alentours. Sur le chemin, il nous raconte toute l’histoire du Camp de Base qu’il a monté avec Camille. Une histoire d’amour pour les gens, pour le dehors et pour ce merveilleux territoire de la Suisse Normande. Le genre de projet dont on parle tous, mais que personne n’a jamais osé mettre sur pied (plus besoin) ! 11km et 400 m de dénivelé plus loin, on arrive au village de La Pommeraye les mollets (bien) chauds et l’appétit ouvert.
- Où déjeuner ? À la Route des Crêpes pardi ! Bien sûr que vous avez mérité votre galette à l’andouille de Vire et votre verre de cidre. Il paraît que c’est bon pour la récup’ (c’est faux).
Après un retour au Camp de Base, on décide de profiter du Gîte pour prendre un peu de repos. Il ne faut pas se mentir, le côté très douillet du lieu nous invite à une lourde sieste qu’on ne se prive pas d’honorer. Du repos, il nous en faut, car il est maintenant l’heure d’aller mettre les mains sur la roche. De gratter le cailloux comme on dit. On part pour une session d’escalade sur les falaises de Clécy, dans le décor incroyable des Rochers des Parcs. Si la crête culmine à 120 mètres d’altitude, on n’aura pas le jus aujourd’hui pour monter tout en haut. Heureusement, il y a des voies pour tous les niveaux et pour toutes les appréhensions.
- Où diner ? Au Fil de l’eau, du côté de Clécy. Le long de l’Orne, on reprend des forces au soleil couchant et on se laisse tenter par la suggestion du jour en dessert : un croquant de Pâques. Commandez les yeux fermés, regret impossible.
- Où dormir ? Retour au Camp de Base pour une petite bière au coin du feu. La mission avant d’aller se coucher : préparer la journée de demain qui s’annonce riche en rebondissements.






Jour 3 : prendre la mer (de nuages)
La veille, on apprend malheureusement que le vol en parapente est annulé pour cause de vent trop fort. C’est aussi ça la nature, elle nous dit souvent oui, mais il faut savoir l’écouter quand elle nous dit non. Henri, toujours plus d’un tour dans son sac de rando, nous rassure en nous disant que « justement, c’est un temps parfait pour aller prendre la mer … de nuages ». Dès 7h du matin, nous voilà donc à lacer nos chaussures de rando pour partir droit sur les rochers de la Houle, proche du spot de décollage. Là-haut, au-dessus des nuages, on a un sentiment d’immensité qui nous rappelle la haute montagne. La vue est saisissante et le temps semble suspendu. Qui aurait cru tomber sur ce genre de panoramas en Normandie ?
- Où déjeuner ? On se régale de produits locaux autour d’un bon pique-nique avec vue sur la mer qui s’ouvre petit à petit et laisse place au soleil.
L’après-midi, on file sur une seconde randonnée du côté de Thury-Harcourt : la boucle des Costils d’Aunes. Gros dénivelé pour une vue qui vaut les mollets en feu. Sur le chemin, on découvre le fameux Château d’Harcourt, le Manoir de Breuil et la vue à couper le souffle sur toute la vallée. Un point final qui vient clôturer ce séjour nordique à merveille. Ça y est, nous aussi on peut dire qu’on est des montagnards du nord maintenant ?








