Pour le premier épisode de notre série documentaire Outsiders, la team Chilowé s’est rendue dans les Hautes-Pyrénées. Un territoire niché au cœur de la chaîne des Pyrénées, dessiné par des vallées sauvages, des canyons, des pics et des torrents glacés… Mais les Hautes-Pyrénées ce n’est pas qu’une histoire de paysage à couper le souffle. C’est aussi des habitants ancrés dans le local et qui lui donnent toute son âme. Vous avez aimé notre documentaire ? On vous file nos bons plans et adresses pour aller à la rencontre des Outsiders des Hautes-Pyrénées.
Ce topo en un coup d'oeil
Une bonne paire de chaussures de rando
Des baskets pour les sports d’eau
Un bon pull en laine pour le soir
Une bonne dose de curiosité et du temps pour les Outsiders !
Jour 1-2 : La Vallée de Gavarnie
On commence par remonter la vallée de Gavarnie. Ici, l’eau est la grande architecte des lieux (et Le Corbusier a du souci à se faire!). Son œuvre la plus incontournable, est sans aucun doute le cirque de Gavarnie et ses immenses murs de pierre d’où dégringole la plus grande cascade de France.
- La rando pour se retrouver sous la cascade : 200 m de D+, 8 km aller-retour.
Après l’effort, le réconfort. On file en pays Toy à Luz-Saint-Sauveur, étape mythique du Tour de France (comme le savent bien les zinzins de la pédale). La spécialité du coin, c’est le gâteau à la broche cuit au feu de bois. Pour en goûter un à faire pâlir le pâtissier Pierre Hermé, on fait confiance à Francis. Une cheminée, une broche, une recette bien à lui et c’est parti ! Son secret : une base quatre quart (à peu près) dans laquelle il rajoute une compote de fruits confite, à base d’orange, citron, vanille et poudre d’amande.
- Où le trouver ? À Luz-Saint-Sauveur.
Pour faire passer le tout, un petit digeo ne ferait pas de mal. Direction la Distillerie de l’Occitanie où Paul et Loïc transforment l’eau de Gavarnie en ̶v̶i̶n̶ ̶ Gin (primé dans les concours du monde entier s’il vous plaît!).
Après avoir goûté l’eau de Gavarnie, il faut y plonger ! On enfile la combi pour une virée en canoë, rafting ou canyoning : c’est vous qui choisissez la sauce à laquelle vous voulez glisser sur les eaux vives du Gave de Gavarnie.
- Avec qui planter la pagaie ? Avec les équipes de Clorofil, hyper sympas et fins connaisseurs des eaux vives de la région.













Jour 3 : Vallée de Louron
Direction ensuite la route des cols en passant par le fameux col du Tourmalet, direction le pays d’Aure. On pénètre dans la sublime Vallée du Louron où coule la Neste, une rivière dans laquelle vous êtes sûr de croiser Damien et son chien Aro. Pisteur-secouriste l’hiver, Damien troque ses skis contre des cuissardes à la fonte des neiges pour aller pêcher la truite fario, l’espèce endémique des Pyrénées. Une passion qu’il a depuis minot et qu’il transmet en tant que guide aux débutants comme aux experts. Mais attention, n’espérez pas repartir avec le gueuleton du soir : les truites sont ses copines. Ses hameçons n’ont pas d’ardillons et à peine pêchée, c’est un bisou et au lit (de la rivière).
- Où le trouver ? Dans les eaux de la Neste par ici et sinon sur Internet juste ici.
- Combien ça coûte ? À partir de 200€ pour un séjour pêche de 2 jours avec nuit en bivouac.
Le soir, rendez-vous Chez Rogé, le bistrot le plus mythique des Hautes-Pyrénées. Impossible de le louper, des chants occitans s’échappent des murs de pierre. À l’intérieur, les vieux et les jeunes semblent appartenir à la même génération, les gars du coin et ceux de passage ont l’air de se connaître depuis toujours. Derrière le bar, il y a Claire qui vous accueille comme à la maison. Et dans un coin de la salle, il y a Josette, la doyenne de la famille Rogé. Elle parle du temps d’avant, de son mari, des troupeaux, des estives et de la transhumance… Si vous êtes sympa, elle vous fera goûter ses pastères : des crêpes à la pomme qu’elle prépare encore pour les copains. Chez Rogé, on est ouvert tous les jours de la semaine depuis 1918, date à laquelle le temps semble s’être arrêté. Alors si vous passez dans le coin, osez remonter le temps et partager un verre avec ceux qui font l’âme de leur territoire : les Pyrénéens.
- Où le trouver ? à Loudenvielle.
- Les jours à ne pas rater ? Le jeudi pour la soirée chants pyrénéens, les mercredis et samedis pour les planches locales au porc noir de Bigorre et de fromage de brebis et de vache de la vallée.







Jour 4-5 : Vallée d’Aure
Notre périple se poursuit dans la vallée d’Aure à Tramezaïgues, un petit village blotti sous la montagne. C’est là que Stéphane et sa compagne Chloé ont ouvert le restaurant l’Ors. Une astuce pour faire croire que vous êtes du coin : « ors » veut dire « ours » en patois. Ici, presque tout ce que vous mangerez dans vos assiettes viennent des artisans et producteurs de la vallée. Pas de poivre dans les Pyrénées ? Stéphane le remplace par du piment d’Espelette ! Côté assaisonnement, c’est Chloé, herboriste, qui s’occupe de ramasser les herbes et baies sauvages dans la petite vallée du Rioumajou. Saviez-vous que la pimprenelle avait un goût de concombre ? Maintenant oui.
- Où trouver le restaurant ? à Tramezaïgues.
- Combien ça coûte ? Menu entrée-plat-dessert à partir de 46 €.
Prêt à croquer le piment d’Espelette à pleine dent ? On vous présente Pierre. Gavroche vissée sur la tête, et pieds nus une bonne partie de l’année (sauf quand ça descend en dessous des 6°C), cet ancien moniteur de ski est aujourd’hui maraîcher. Dans la ferme familiale où il cultive fruits et légumes, pas de machine, on fait tout à la main… même la ficelle en chanvre qui sert à tenir les cultures ! Pierre trouve qu’il y a trop de produits chimiques sur celles vendues dans l’industrie. Vous l’aurez compris : pas besoin de demander à Pierre s’il utilise des pesticides… Adepte de la microbiologie, travaille religieusement sa terre en y attirant tout un tas de micro-organismes.
- Où le trouver et goûter ses produits ? Sur le marché pardi ! Plus précisément celui d’Arreau tous les jeudis matin.
Sur ce même marché, vous croiserez également Yann, tourneur sur bois. Sa machine à tourner, vous ne risquez pas de la retrouver chez un autre menuisier : c’est lui qui l’a fabriquée à partir d’un vieux vélo. Avec la force de ses mollets, il fabrique à la main tout un tas d’objets en bois.
Direction le village d’Aulon situé à 1200 mètres d’altitude dans un sublime vallon réputé pour son pastoralisme. Eulalie est une productrice passionnée et passionnante de fromage de brebis dans sa ferme des Carlines. Elle y conçoit aussi une denrée exclusivement pour son ami Stéphane du restaurant l’Ors : le beurre de brebis. En emmenant son troupeau brouter la flore hyper variée de ses montagnes, elle produit un lait très riche. De quoi donner au fromage les saveurs de la montagne et à son beurre une texture hyper fondante avec un goût presque sucré. Vous aussi ça vous donne envie de goûter ?
- Où trouver Eulalie ? Au village d’Aulon. Possibilité de voir la traite des brebis vers 17 heures tous les jours de fin octobre à fin avril sauf le dimanche.

Jour 6 : La région du Sobrarbe en Espagne
Cap vers l’Espagne et la région du Sobrarbe, versant sud des Hautes-Pyrénées et petite pépite sauvage de la province d’Aragon. On remonte le canyon d’Anisclo direction Nerin, petit village perché au bout du monde. C’est ici que se trouve l’atelier de Manolo, artisan du buis. Il est l’un des derniers d’une longue lignée à transformer ce bois précieux en cuillères, louches, couteaux à beurre et autres objets du quotidien… Pourquoi en buis ? C’est une des essences les plus durables dans le temps : imperméable à l’eau, elle n’absorbe pas les saveurs et ne s’assombrit pas.
- Où le trouver ? Son atelier se trouve à l’entrée du village de Nerin


