On avait lu partout que Copenhague cultive un art de vivre unique au monde. Que le bonheur y est presque une philosophie d’État. Que le Hygge, ce mot intraduisible qui désigne quelque chose entre le bien-être, la douceur de vivre et le plaisir des petites choses, se respire à chaque coin de rue. Chez Chilowé, on ne croit que ce qu’on voit donc on a voulu vérifier par nous-mêmes. Allez, on vous embarque avec pour 5 jours en terre Viking, avec quelques péripéties mais une furieuse envie de dévorer le Danemark.
Ce topo en un coup d'oeil
Bonne nouvelle : Copenhague est accessible en train depuis la France ! Comptez environ 200 à 250€ par personne pour un aller-retour.
- Au départ de Paris : comptez environ 16h de trajet, avec 2 correspondances par Cologne et Hambourg. En partant tôt, vous serez à Copenhague en fin de soirée.
- Au départ de Lyon : comptez environ 17h de trajet, avec 3 correspondances par Mulhouse, Bâle (train de nuit) et Hambourg. Prévoyez un départ en fin de journée, et une arrivée le midi du lendemain. Le train de nuit au départ de Bâle reste l’option la plus confortable pour avaler la distance sans perdre une nuit d’hôtel.
Pour toutes ces options, malgré notre expérience, le meilleur allié reste DB (Deutsche Bahn).
Le Danemark, soyons honnêtes, ça ne se fait pas à l’œil. Mais avec un minimum d’organisation, on peut profiter de tout sans exploser la carte bleue.
- Pour dormir : comptez entre 130€ et 200€ / nuit dans un hôtel. Des alternatives beaucoup moins chères sont tout de même possible (auberge de jeunesse, HomeExchange, etc).
- CPH Card : à partir de 74€ / pers pour 48h, jusqu’à 129€ pour 120h. Vite rentabilisée entre les transports, les musées et les activités incluses.
- Café / Flat White : environ 6€
- Kardamon Roll ou Cinnamon Roll : environ 10€
- Déjeuner sur le pouce (smørrebrød, street food, sandwich) : 15€ à 20€ / pers
- Restaurant : 30€ à 40€ / pers
- Bière locale : environ 8€ à 10€
- Un bon sac à dos
- Une veste imperméable (le ciel danois est capricieux)
- Selon la saison, un bonnet et une paire de gants
- De bonnes chaussures de marche
- Un appareil photo
- Des lunettes de soleil
- Une tenue pour courir
- Un maillot de bain (pour les saunas ou les plages)
- Un livre et/ou jeu pour les trajets
- La CPH Card (appli à télécharger)
- Un grand sac pour ramener 1000 cadeaux
S’y rendre : l’aventure dans l’aventure
On aime répéter que l’aventure commence dès qu’on passe le pas de sa porte. Autant vous dire qu’on a été servi ! Pour rejoindre Copenhague depuis Annecy, on avait réservé un train de nuit au départ de Bâle, en Suisse. L’idée ? Partir de France, s’endormir en Suisse, se réveiller en Allemagne, et déjeuner au Danemark. Sauf que à dix minutes du départ, notre train est annulé. Après une nuit imposée à Bâle et environ 4578 parties de Skyjo, on finit par atteindre Copenhague en fin de journée.
- Où dormir ? À Zoku, quelque part entre l’hôtel design, l’appartement cosy et l’auberge de jeunesse cool. Niché à deux pas du métro et au pied de l’immense Amager Fælled (voir Jour 4), c’est le camp de base idéal pour partir à l’assaut de la capitale danoise. Vélos mis à disposition, cuisine commune, fruits en libre-service, restaurant… tout y est pour se fondre dans la vie locale.
Optez sans hésiter pour la CPH Card. Plus de 80 activités incluses, les transports en commun illimités… et pas seulement dans Copenhague (voir plus bas). De quoi explorer la ville, ses alentours et vivre le Hygge comme un local.



Jour 1 : Kardamon rolls, design et canaux
- Où petit déjeuner ? « Une journée qui démarre bien, c’est avant tout un estomac bien rempli. » Ce n’est pas de moi, c’est de mon papi René ! Alors direction Nørreport (ligne M1) et le food court Torvehallerne. Si le midi vous y retrouverez un marché, le matin le rendez-vous est donné chez Café Collective pour dévorer un Kardamon Roll, cousin scandinave du Cinnamon Roll (roulée à la cannelle pour les LV1 Portugais), infiniment addictif.
Cap ensuite sur les magnifiques parcs de Ørstedsparken et du Jardin Botanique, puis retour dans le quartier du Design. Passage obligé chez HAY Design, puis chez Notre Dame et surtout au Studio Arhoj Study, où vous pourrez voir souffleurs de verre et céramistes préparer en live ce que vous allez dévaliser… On est prêt à en manger notre chapeau casque de viking ! Flânez ensuite autour de Landemærket, à la chasse aux maisons colorées. Si vous avez l’âme d’un photographe, vous allez vous régaler. Sinon… vous allez quand même vous régaler !
- Où manger ? Il serait dommage de passer à côté des Smørrebrød, ces tartines généreusement garnies qui sont à Copenhague ce que le croissant est à Paris ou le sushi est à Tokyo. Pour ça, retour à Torvehallerne, juste en face de chez Café Collective. Car ici, la bonne bouffe, c’est avant tout une question de voisinage !
On poursuit la découverte de la ville avec un bon café chez Original Coffee puis par la visite du Diamant Noir, la spectaculaire bibliothèque royale qui incarne à merveille ce mariage entre ancien et contemporain dont seuls les Danois semblent avoir trouvé le secret. Traversez ensuite le très photogénique pont de Lille Langebro puis longez le canal jusqu’à Christianshavn. Bien moins touristique que Nyhavn, il y a ce petit supplément d’âme qu’on affectionne chez Chilowé. La balade se termine par l’insolite quartier de Christiania, véritable ville dans la ville, utopie alternative née dans les années 70.








À Christiania, on ne court pas, on ne crie pas, et on ne fait pas de photos ! Le quartier vit selon ses propres règles, respectez-les 🙂
Avant de repartir, grimpez les 400 marches du clocher de l’église de Notre-Sauveur (compris dans la CPH Card). Si la montée peut couper le souffle, la vue achève le travail. Pour les Chilolos sujets au vertige : un petit effort, une grande récompense !
- Où sortir ? Dans le quartier de Vertebro, et plus particulièrement à Kødbyen, où d’anciens abattoirs ont été reconvertis en quartier festif, avec bars et restos qui valent le détour. Notre coup de cœur : Mikkeler WarPigs, pour un burger et une bière brassée localement. En guise de point final, une glace bien méritée chez Ismageriet malgré la fraicheur danoise.
Jour 2 : Hamlet, embruns et fish & chips
À peine 24h sur place, et Copenhague tient déjà toutes ses promesses et même davantage. Mais qui a dit que le Danemark se résumait à Copenhague ? Pas nous en tout cas ! On saute dans le train RE direction la côte nord (trajet inclus dans la CPH Card). Sur le trajet, ouvrez grand les yeux : les forêts denses, les maisons pittoresques et les plages défilent plus vite que les kilomètres. Tellement qu’on a pas pu jouer notre 4578ème partie de Skyjo !
Premier arrêt à Helsingør et le château de Kronborg, célèbre pour avoir inspiré la tragédie Hamlet à Shakespeare. On y allait sans attentes particulières : quelle bonne surprise ! Une visite sur le thème de la fête qui mêle culture et beaucoup de fun : photobooth royal pour se saper comme un monarque, immersion dans les banquets d’époque et salle de bal sur les meilleurs hits de Queen B. Une balade de dix minutes autour du château permet de saluer les ferries qui filent vers la Suède, à portée de regard.
- Où déjeuner ? Au gigantesque Værftets Madmarked où le fish & chips frais et local vaut le détour. La peau du ventre bien tendue, filez à la gare pour se rendre à Hornbaek, son petit port et ses grandes plages de sable fin. Pour les courageux : baignade dans la mer Baltique. Pour tout le monde : une pause au café local Albi’s dont vous nous donnerez des nouvelles.





La peau du ventre bien tendue, on reprend le train pour se rendre à Hornbaek, son petit port et ses grandes plages de sable fin. Pour les courageux : baignade dans la mer Baltique. Pour tout le monde : une pause au café local Albi’s dont vous nous donnerez des nouvelles. Le Danemark, c’est ça aussi : un savant mélange d’urbain et de sauvage, de moderne et d’ancestral. Un voyage dans le voyage !
Jour 3 : Street food et explorations en tous genres
- Où petit déjeuner ? À l’Andersen Bakery pour un petit déjeuner qui mêle spécialités locales et influences japonaises avec une subtilité déconcertante. Le coup de cœur absolu ? La brioche caramel-miso. IN-CRO-YA-BLE ou Utroligt comme disent les locaux.
De là, embarquez dans la navette fluviale (incluse dans la CPH Card) pour découvrir la ville sous un nouvel oeil. On frôle l’Opéra de près, on glisse entre les canaux, et on débarque directement au pied de la forteresse de Kastellet, l’une des mieux préservées d’Europe du Nord. Puis flânez dans la rue Olfert Fischers Gade, qui a gardé tout son charme d’antan. Les kilomètres défilent vite et l’appel du déjeuner se fait sentir.
- Où prendre un café ? Au Kafferiet et ses couleurs pastel qui vous plongent dans un décor de Wes Anderson.
- Où déjeuner ? Direction le café Kismet, local et franchement hype, assumons-le. On y dévore un grilled cheese comme on en rêve.
- Où reprendre un café ? Traversez le jardin botanique et les canaux pour rejoindre Nørrebro. Une étape chez Norange Coffee Roasters s’impose, pour un café d’exception accompagné d’un nouveau Kardamon Roll, on parie que vous serez les seuls touristes de la salle.
La jauge d’énergie au maximum, descendez à pied vers le BLOX et le centre d’architecture danois. Une plongée fascinante dans l’univers des grands noms qui ont dessiné l’Opéra de Sydney ou la Grande Arche de la Défense. Avant de partir : n’oubliez pas le toboggan du 2ème étage qui ne paie pas de mine mais qui décoiffe.
- Où passer la soirée ? Pour clore cette belle journée, cap sur Østerbro. Un cidre local chez Bicycle Cider, une pita aubergine chez Abaco, et une flânerie dans le charmant Brumleby et ses rangées de maisons jaunes qui semblent sorties d’un autre temps.




Jour 4 : bord de mer, pistes de ski et food court
Si comme nous vous vous levez de la bonne basket, enfilez la deuxième et partez crapahuter dans le fabuleux parc d’Amager Fælled, un ancien terrain d’enfouissement des déchets reconverti en poumon vert, le plus grand de Copenhague. Sentiers, lacs, chevaux, vaches, chèvres… et surtout des dizaines d’écoliers qui font classe dehors, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Parce qu’au Danemark, ça l’est !
Après une bonne douche, il est ENFIN temps d’enfourcher sa monture comme un vrai local : le vélo. Hollandais de préférence, à pignon fixe et frein à rétropédalage (on s’y fait en deux coups de pédales). Cap sur l’Andersen Bakery, oui encore elle, mais cette fois dans le très architectural quartier d’Ørestad.
On traverse ensuite les quartiers résidentiels à grands coups de mollets pour rejoindre la grande plage d’Amager Strandpark, avec en toile de fond le pont Øresundsbron qui relie le Danemark à la Suède. C’est aussi le spot favori des locaux qui viennent piquer une tête, souvent cul-nu. Une tradition qu’on n’a pas osé relever, mais on sait qu’on peut compter sur vous !
On remonte ensuite la côte en passant par la Maritime Youth House, puis par la désormais mondialement connue Copenhill : un incinérateur de déchets dont le toit a été transformé en pistes de ski, sentiers de randonnée et parc urbain. Sur une paroi extérieure trône un mur d’escalade de 80 mètres. Le tout vaut le coup d’œil, à défaut d’un coup de ski.






- Où déjeuner ? Au Reffen, d’anciens docks reconvertis en food court et espaces artistiques. Une trentaine de stands du monde entier, une bière locale à la main, les pieds dans le sable, les yeux sur le port et un Danish Hot Dog pour boucler le tableau. Difficile de faire mieux. On s’y prélasse toute l’après-midi, jonglant entre les stands, pour profiter de l’art de BIEN vivre à la danoise.
- Où passer la soirée ? Cocktails chez Ruby et dîner en bord de canal au KanalCafeen, une institution fondée en 1852.
Jour 5 : un aurevoir mais pas un adieu
Où petit déjeuner ? Chez Rüg, à deux pas de la gare (parce qu’il est temps de rentrer !)
Puis on se charge encore un peu avec quelques derniers trésors chinés chez Notre Dame et au Studio Arhoj, deux adresses repérées dès le premier jour et qu’on avait promis de revisiter. Un dernier Smørrebrød pour la route, parce que certaines habitudes valent la peine d’être prolongées jusqu’au bout et c’est l’heure de filer vers Copenhague Centrale. Le chemin du retour s’étire : Hambourg, Mannheim, Bâle, puis tout droit vers Annecy.
On rentre avec des jambes fatiguées, des sacs trop lourds et la tête pleine de cette ville qui tient vraiment toutes ses promesses. Une chose est sûre : on reviendra s’aventurer plus loin encore, au cœur de cette terre de Vikings !































