Personne chez Chilowé n’a tenté la LV5 danois (à notre plus grand regret). Pourtant, on a souvent entendu dire que pour comprendre un pays, il fallait d’abord comprendre sa langue et… ses expressions. Elles en disent très long sur la philosophie des locaux. Alors on a épluché quelques vieux bouquins à la recherche des 5 meilleures expressions danoises à ressortir sur place. On est à un shi-fou-mi près de s’en tatouer au moins une sur la fesse. Chiche ?
Pas de vache sur la glace
🇩🇰 En danois : Ingen ko på isen
Sur les plages du Parc national Vadehavet, à l’ouest du Jutland, la mer du Nord s’est retirée pour nous laisser la place. On se balade tranquillement sur le sable mouillé à la recherche de crustacés et autres trouvailles des fonds marins. Le temps file, la rando s’allonge mais la mer ne revient toujours pas ! « Il n’y a pas de vache sur la glace » (autrement dit « il n’y a pas de lézard »), la marée ne s’est pas fait la malle chez la concurrence, elle finit toujours par remonter. Si aucun bovin ne se balade sur un lac gelé, c’est que tout roule pour le troupeau.




Partir dans le bleu
🇩🇰 En danois : Ud i det blå
Il commence à se faire tard et la journée à vélo sur la côte a été longue. On quitte les plages du nord du Danemark pour s’enfoncer dans la forêt de Torny Kliplantage. Aucune foutue idée d’où on se trouve, mais notre petit doigt mouillé a toujours eu le nez creux, alors on lui fait confiance une fois de plus. Le soleil est sur le point de se coucher et il serait grand temps de tomber sur un petit miracle. Bonheur, on découvre un shelter dans une clairière qui semblait nous avoir attendu toute la journée. Gratuit et ouvert pour tous les aventuriers de passage, on ne se fait pas prier pour y passer la nuit. Aujourd’hui, on est encore « partis dans le bleu » (autrement dit « partir à l’aventure sans plan précis, à l’improviste, à l’arrache quoi ! ») et la nature nous a encore souri.





Vivre le Friluftsliv
🇩🇰 En danois : Friluftsliv (oui bon, c’est pareil)
En sortant de ce petit café cosy, chaleureux et réconfortant, on pense bien avoir compris le concept du fameux Hygge. Avant de claquer la porte pourtant, un danois nous lance « il est temps de vivre le Friluftsliv maintenant ! ». Un mot compliqué pour un concept finalement très simple. Le Friluftsliv, c’est le fait de lever le pied dans nos vies à 1000 à l’heure pour se reconnecter pleinement à la nature. Ne rien faire est un sport national qui est pris très au sérieux ici, et ça nous convient parfaitement. Un peu plus loin, on sort donc notre meilleur hamac, on l’accroche entre deux arbres de la forêt mythique de Rold Skov, et on en profite pour se tourner les pouces tout l’après-midi sous le chant des oiseaux. Le Friluftsliv, c’est la vie au grand air, et on en est déjà tombé amoureux.


Il souffle un demi-pélican
🇩🇰 En danois : Det blæser en halv pelikan
Rendez-vous à la pointe la plus au nord du Danemark, à Grenen, juste à côté du village de Skagen. Là-haut, la mer Baltique et la mer du Nord se rencontrent dans un décor désertique et impressionnant : une ligne de vagues qui s’entrechoquent sans jamais sembler se mélanger. Le paysage est soufflant… comme la rando pour y accéder. Un vent de face pleine poire qu’on affronte la bouche ouverte comme un chien avec la tête par la fenêtre d’une voiture. Ici, on dit qu’il souffle un demi-pélican (autrement dit « il vente comme en pleine tempête »). Ne nous demandez pas d’où ça sort, mais on adore.


Avoir les jambes dans le nez
🇩🇰 En danois : At have ben i næsen
Du haut du mythique Møns Klint, la vue sur la mer est imprenable. Pour la voir de plus près, on se motive à descendre via un chemin qui serpente à travers la falaise blanche. Isolé de tout, on profite du moment dans ce cadre sauvage. Problème, personne n’avait vraiment anticipé la remontée très raide (trop raide ?) jusqu’aux vélos garés au sommet. Il va falloir « avoir les jambes dans le nez »(autrement dit «être franchement déter ») pour arriver là-haut. En bon français, avoir les jambes dans le nez, ça veut dire être déterminé.
On aurait pu aussi vous dire que « souffler avec de la farine dans la bouche », surtout quand on « met le nez dans les nuages », ça ne permet pas tout à fait « d’écraser deux mouches d’un coup ». En revanche, ça fait vraiment « partir en concombre ». Mais ça, ce sera pour une prochaine !
















