Dans la vie, il y a celles et ceux qui rêvent derrière leur bureau de tout plaquer pour partir élever des chèvres dans le Périgord et celles et ceux qui le font vraiment. À l’occasion du tournage du 2ème épisode de la série documentaire Outsider par Chilowé dans l’arrière-pays niçois, on a rencontré 3 de ces spécimens rares. Trois artisans aux parcours aussi rocambolesques qu’inspirants. Attention, changements de vie contagieux !
Lucile Rampi : des plateformes offshores aux cuves de Spiruline
À voir la passion avec laquelle Lucile parle de sa spiruline (une micro-algue classée au rang de super-aliment), difficile de l’imaginer avoir une autre vie. Pourtant c’est d’abord avec le diplôme d’ingénieur en poche qu’elle commence sa carrière dans l’ingénierie automobile, puis sur une plateforme pétrolière. Mais un autre monde attirait Lucile. « En changeant de métier, je suis passée du monde du métal au monde du vivant ».
Pour définir cette fameuse spiruline (ou Arthrospira platensis pour les intimes), imaginez une micro-algue vieille de 3,5 milliards d’années, avec plus de bienfaits qu’un poêle allumé après une rando de 30 km ! La spiruline a tout de cette bonne élève, assise au premier rang qui cumule les notes de haute voltige. D’abord sur l’écologie, cette algue a tout bon : une production très économe en eau, productrice d’oxygène et absorbant 40 tonnes de CO₂ par hectare et par an. Sur le plan énergétique, grâce à ses apports en vitamines et oligo-éléments, elle est autant appréciée par les grands sportifs que par les programmes de lutte contre la malnutrition.
L’histoire d’amour de Lucile avec cet or vert (après l’or noir) ne date pas d’hier et remonte à un intérêt particulier entamé avec une consommation assidue de ce super-aliment. Après diverses formations, Lucile a trouvé refuge depuis 2021 au milieu des oliviers, à Levens, où elle cultive la spiruline ! Sous sa serre à plus de 35°C, Lucile lui recrée les conditions idéales pour se développer : chaleur, lumière et beaucoup d’amour. Avec autant de cœur à l’ouvrage, nul doute que la spiruline a encore de beaux jours devant elle.
- Où faire le plein de vert ? Là où Lucile la cultive, à la Spiruline du Comté de Nice à Levens, pas facile de faire plus court comme circuit !




Matéo Cosnefroy : l’ingénieur agronome passé maître chocolatier
Quel est le point commun entre les forêts de l’Amazonie péruvienne et le Baou de Saint-Jeannet, petit village de l’arrière-pays niçois ? Elles sont toutes deux le terrain de prédilection de Matéo Cosnefroy et de son cacao d’exception. Il y a quelques années, cet ingénieur agronome de formation fraîchement diplômé, débarque en Amazonie pour y étudier les variétés indigènes de cacao. Sur place, pas de reconversion à 180° mais un déclic instantané, semblable au premier carreau de chocolat croqué : « une explosion de saveurs » ! À son retour en France, sa voie est toute trouvée, il suivra celle du cacao pour devenir maître-chocolatier.
En collaboration avec Jimy autre ingénieur agronome péruvien, ils décident de s’unir pour concrétiser leur rêve : « réaliser un chocolat sain, traçable, et responsable ». C’est la naissance de leur projet Racine Carré, véritable trait d’union entre les Alpes-Maritimes et la région de San Martin au Pérou. Les fèves sont récoltées là-bas puis acheminées à Saint-Jeannet près de Nice, pour être transformées avec la même passion et la même ardeur, bien accompagnée par Camille, sa compagne qui tient la baraque boutique. Et bien sûr, cette collaboration entre locaux ne pouvait se terminer sans que des notes du Sud ne se glissent à l’intérieur de ce chocolat divin, j’ai nommé : le vin thuilé de Saint-Jeannet.
- Où se lécher les babines ? Au magasin Racine Carrée à Saint-Jeannet avec des créations aux 50 nuances de Dark et Milk et autres oeuvres d’orfèvres.






De la comm’ à la forge en mettant les voiles, le fabuleux destin d’Emmanuelle Fournier Gil
En embarquant dans son demi-tour du monde à la voile, rien n’indiquait à Emmanuelle Fournier Gil qu’elle entamait là son changement de vie.
Si d’ordinaire bateau et couteau font bon ménage, jamais ils n’ont été aussi proches qu’au contact d’Emmanuelle.
Après des études en communication et d’infographie, enfermée dans un quotidien sans relief (mais avec beaucoup de reliure), elle décida déjà de changer de cap et de retourner sur les bancs de l’école. Avec déjà le besoin viscéral d’utiliser ses mains comme un outil, elle jette son dévolu sur la réparation de bateaux. Son rêve est alors à portée de doigts et avec une bonne dose de sueur : réaliser un tour du monde en famille avec Caroline, sa femme, et leurs enfants ! Ni une ni deux, une fois leur usine à souvenir mise à l’eau, elles traversent l’Atlantique puis mettent les voiles jusqu’en Polynésie. « Sur un bateau à voile, avoir un couteau sur toi peut te sauver la vie, j’en gardais toujours au moins un dans mes poches ». Et c’est ainsi, au beau milieu des océans, dans leur périple de deux ans, qu’une idée germa sur ce terrain fertile. Emmanuelle y croit alors dur comme fer : elle sera forgeronne. De retour sur la terre ferme, ses rencontres avec des maîtres forgerons sont une confirmation de plus pour cette coutelière en devenir. Entre les aventures en rafting de la Vésubie et le feu de sa forge, cette fois c’est sûr, Emmanuelle est bien dans son élément !
- Où se remettre en forge ? Directement dans sa forge EFG à Saint-Martin-Vésubie pour acheter ou confectionner son futur allié de cuisine.
Au programme : Emmanuelle propose quatre stages et initiations pour forger ses meilleures lames. À partir de 215 €. - Où dormir ?























