5 trucs à savoir sur le loup en France

loups france

Dans les années 90, si on a vu Bashung sauter à l’élastique dans le Vercors, on a surtout vu le loup réapparaître dans le Mercantour ! Totalement disparu en France vers 1940, il a pointé à nouveau le bout de son museau en 1992 et sa population n’a pas cessé de se développer depuis. Longtemps cantonnés aux Alpes, des loups sont régulièrement signalés à l’autre bout du pays : dans le Calvados, en Indre-et-Loire et même en Ile-de-France. Voici 5 trucs à savoir sur notre nouveau voisin. 

Comment le loup est-il revenu ? 

Avec la déforestation massive au XIXème siècle, le loup avait vu son habitat naturel reculer et le gibier dont il se nourrissait disparaître petit à petit. Il s’était alors naturellement tourné vers les bêtes d’élevage pour se nourrir. Cela avait amené les hommes à le chasser massivement pour finalement l’éliminer totalement du territoire français. Il a survécu dans le Nord de l’Italie et c’est finalement par les Alpes ligures qu’il est revenu dans le Mercantour dans les 90’s, tout seul comme un grand. Il s’agit donc d’un retour naturel, favorisé par la reforestation et l’instauration de zones spécifiques de protection. En 2021, on comptait 624 individus en France. 

I’m a poor lonesome cowboy – ©JP Valéry

CHILO Tips n°1 : voici quelques infos pour reconnaître un loup et ne pas le confondre avec le premier toutou venu. Le loup français est un loup gris, haut de 90 cm environ (tête comprise) et long de 1 mètre 20 (sans la queue). Il est relativement chétif, a une allure souple et se déplace principalement au trot. Son pelage est de couleur caramel mêlée de gris et de noir, devenant plus clair sur le ventre et sur le buste. Il a des oreilles courtes et légèrement arrondies. 

Où le loup vit-il en France ? 

On compte aujourd’hui 125 territoires sur lesquels des loups sont présents de manière permanente. Les Alpes enregistrent la plus grosse concentration de loups : on trouve des Zones de Présence Permanente (ZPP, dans le jargon) dans les Ecrins, les Bauges, le Beaufortain, le Mercantour bien sûr, le Vercors, et jusqu’au massif de la Sainte-Baume dans le Var. Mais on retrouve également des loups dans les autres massifs montagneux français : dans les Pyrénées (Orientales et Atlantiques), dans les Vosges et dans le Massif Central (Aubrac, Monts du Cantal). Une ZPP a également été enregistrée en plaine dans le Pays de Bray, entre la Seine-Maritime et l’Oise ! 

Il reste un peu de marge avant la pointe du Raz – Réseau Loup-Lynx ONCFS

CHILO Tips n°2 : si vous croisez un loup au détour d’une rando, par exemple si vous partez avec Chilowé sur les traces du loup dans le Vercors, voici la conduite à adopter. Il faut rester debout, ne pas courir et reculer lentement sans le quitter des yeux ni lui tourner le dos. S’il se montre agressif ou qu’il grogne en levant la queue, n’hésitez alors pas à crier et à jeter dans sa direction tout ce qui vous passe par la main (pas votre petit frère). 

Comment vivent les loups ? 

Discret et craintif, le loup vit principalement en meutes sédentaires, composées de 4 ou 5 individus. Ils protègent leur territoire (de 150 à 300 km 2) en le marquant par leurs excréments et leurs hurlements. En cas d’incursion, ils peuvent le défendre de manière beaucoup plus agressive en attaquant directement le congénère qui tenterait de s’y installer. Globalement, le loup a besoin d’espace pour trouver suffisamment de nourriture et de calme pour se reposer et se reproduire. Il vit de 12 à 14 ans et peut parcourir jusqu’à 80 km par jour pour chercher un partenaire ou de la nourriture. Ça donne envie de se remettre au jogging ! 

S’aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction – ©Morgane Papin / CROC

CHILO Tips n°4 : vous trouvez que vous mangez encore trop de viande malgré les efforts consentis ces derniers temps ? Avec ses repas de 8 kilos de viande suivis de plusieurs jours de jeûne, le régime alimentaire du loup va vous décomplexer un chouia… Quoique lui, il chasse lui-même sa nourriture et la prélève directement dans la nature ! En France, il se nourrit à 75% de gros gibiers (cerfs, chevreuils, sangliers, chamois, mouflons) et 15% d’animaux d’élevage (moutons et chèvres). Le reste ? Lièvres, marmottes, insectes et batraciens. Globalement, pas trop de carottes ou de soja. 

Quel est le point de vue des éleveurs de bétail ? 

Depuis sa réapparition, de nombreux débats sur la place du loup en France opposent les défenseurs de la biodiversité et les éleveurs de bétail. Pour beaucoup de ces derniers, la cohabitation est un vrai défi : en 2020, près de 11 400 bêtes (principalement des moutons) ont été tuées par des loups. Les éleveurs d’aujourd’hui doivent donc réapprendre à protéger leurs troupeaux alors que leur job est déjà fragile et peu rentable. Depuis 2018, le “plan Loup” les incite à utiliser des filets et des chiens de protection, les fameux patous. Ils ne peuvent tirer sur le loup que sur autorisation du préfet, quand les attaques ne peuvent plus être empêchées. Globalement pour les éleveurs, la situation est un stress permanent : chaque matin, ils se réveillent en espérant ne pas trouver certaines de leurs bêtes égorgées. 

CHILO Tip n°4 : en tant qu’utilisateurs de la montagne, on peut soutenir les éleveurs dans cette situation compliquée pour eux. On peut le faire facilement en engageant la conversation quand on les croise pour mieux comprendre leurs difficultés, mais surtout en s’intéressant à leur métier et en achetant leur fromage ! Faites preuve de prudence en approchant d’un troupeau : les patous ne vous connaissent pas et feront leur boulot en tentant de vous intimider. Marchez lentement, descendez de votre vélo et laissez-leur le temps de vous identifier. 

Quel est le point de vue des défenseurs du loup ? 

97 loups ont été abattus en France en 2021, dans le cadre de la régulation de la population lupine (c’est comme ça qu’on dit !). Un paquet d’acteurs de la biodiversité dénoncent ces mesures : quand des loups dominants sont abattus, les autres membres de la meute se rabattent sur les élevages qui constituent des proies plus faciles. Mais surtout, le retour du loup a selon eux un impact positif sur la biodiversité ! En tuant des cerfs, le loup limiterait les dégâts causés par ces derniers sur les jeunes arbres et favoriserait donc la reforestation. Dans le Yellowstone aux Etats-Unis, le retour du loup a eu un impact incroyable sur une bonne partie de la faune et la flore du parc national. 

CHILO Tips n°5 : pour apprendre à mieux connaître le loup, rien de mieux que de partir sur les traces du loup avec un guide. Sinon, la littérature, le cinéma et les documentaires sont aussi une belle ressource. On vous conseille bien entendu Croc-Blanc et l’Appel de la Forêt de Jack London, la BD Le Loup de Jean-Marc Rochette, le film Le dernier loup de Jean-Jacques Annaud, les docus Naïs au pays des loups de Rémy Masséglia et Marche avec les loups et La Vallée des loups de Jean-Michel Bertrand. 

 

Vous l’avez compris, dans ce débat chacun des arguments des deux partis peuvent être entendus. Mais ce qui nous semble le plus important dans cette affaire du retour du loup, c’est ce que ça révèle de notre rapport au reste du vivant : dans le narratif anthropocentré que nous nous sommes construit, il nous est difficile d’accepter qu’une autre espèce vienne nous imposer quoi que ce soit par sa présence. Chez Chilowé, nous n’avons pas la solution, mais quelque chose nous dit qu’elle se trouve du côté du travail du philosophe-pisteur Baptiste Morizot  !

 

Le loup sur la photo de mise en avant n’est pas une espèce qu’on trouve en France mais il était vraiment craquant. 

Vous en voulez encore ?