Comment reconnaître les traces d’animaux dans la neige

renard neige

L’hiver, les animaux s’adaptent au froid de plusieurs manières : certains migrent, d’autres hibernent, tandis que les autres restent sur place. Ils se débrouillent comme ils le peuvent, continuant à se déplacer pour se nourrir et se mettre à l’abri. La neige permet de les pister et de comprendre un peu mieux comment ils vivent. A la manière d’un détective, observateur et logique, on peut alors reconstituer des histoires qui se sont passées alors qu’on n’était pas là. Voici quelques conseils pour reconnaître les traces d’animaux, sans les embêter !

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5 questions à se poser

Avant de rentrer dans les détails de plusieurs type d’empreintes (le dessin laissé par les pattes, les sabots ou la queue) ou de voies (ensemble des empreintes qui indiquent la direction et l’allure de l’animal), voici quelques indices préliminaires à observer :

  • L’empreinte est-elle celle d’une patte (renard, lièvre, ours, loup, lynx, lagopède, écureuil) ou d’un sabot (sanglier, chevreuil, chamois) ?
  • Quelle est sa taille ? Une petite trace indique un rongeur ou un oiseau, et une grosse… un gros mammifère !
  • Sont-elles toutes de la même taille ? Les belettes, rongeurs et lapins ont de petites pattes avant et des pattes arrières plus longues.
  • Combien y a-t-il de doigts ? Les écureuils, les belettes et les blaireaux en ont 5, les félins et les rongeurs 4, les oiseaux 3.
  • Y’a t’il des marques de griffes ? C’est le cas du renard, de l’ours, du blaireau et du loup.

Les empreintes du lièvre

On parle ici du lièvre variable, surnommé “blanchon”, qui vit en altitude et dont le pelage devient blanc à l’arrivée de la neige. Il se déplace en bondissant et en laissant 4 traces : 2 trous côte à côte pour les pattes avant et 2 trous l’un derrière l’autre pour les pattes arrière. Ces dernières atterrissent devant les premières ! Sa vitesse peut être déterminée par l’espacement entre les 2 : plus il va vite, plus elles sont éloignées.

Les empreintes du lièvre

Chilo-tips n°1 : plus la couche de neige est mince, plus l’identification sera facile. Dans une neige trop profonde, les animaux s’enfoncent et masquent leur propre trace. Aussi plus la neige est fraîche, plus les traces sont facilement identifiables : si on attend trop, la pluie ou le soleil viendront les effacer.

Camouflage activé – ©Thomas Lipke

Les empreintes du chamois

Pas facile pour le chamois de se déplacer avec la neige pour chercher de la nourriture ! Il économise ses forces et privilégie les parois rocheuses où la neige est moins épaisse et où il peut trouver quelques brins d’herbe, un peu de lichen et de mousse. Ses empreintes de distinguent par ses 2 sabots allongés à bords concaves, plus fins et plus longs que ceux du chevreuil.

Les empreintes du chamois

Chilo-tips n°2 : le moment idéal pour tracer des animaux est donc une matinée ensoleillée, après une petite chute de neige nocturne. Les déambulations des animaux se font essentiellement au crépuscule, la nuit et au tout petit matin. Un soleil rasant viendra projeter des ombres qui mettront en valeur les traces et autres éléments utiles pour identifier l’empreinte. En pleine journée, trop de luminosité les rendra plus difficiles à identifier.

S’aimer, c’est regarder dans la même direction – ©Diane Theresa

Les empreintes du chevreuil

Il abonde dans la plupart des massifs forestiers français. Il a 4 doigts dont 2 portent des sabots qui pointent vers l’avant et impriment une forme de cœur sur le sol. Les petits ergots à l’arrière, plus hauts sur la pattes, ne se voient que dans une neige suffisamment profonde. La trace fait 4 à 6 cm de long, pour environ 3 cm de large.

Les empreintes du chevreuil

Chilo-tips n°3 : d’autres indices permettent également de deviner la présence des habitants du coin. Les sons d’abord : avec quelques tutos et un peu d’entraînement, on peut apprendre à reconnaître certains animaux sans les voir. Le cri d’alarme du chamois ou du chevreuil, les tambourinements du pic épeiche… Il est nécessaire de former son oreille pour que tout ça devienne peu à peu familier ! On peut notamment utiliser la super application Cui-Cui pour les oiseaux, ou les enregistrements du média la Salamandre. Il existe aussi quelques pépites pour les enfants sur Youtube.

Salut p’tit cul ! – ©Siim Lukka

Les empreintes du sanglier

Plutôt noctambule, le sanglier marque ses passages par le bazar qu’il crée partout où il passe. De la neige retournée signale que l’un d’entre eux a cherché à déterrer quelques racines à se mettre sous la dent… Ses empreintes – plus grandes et plus rondes que celles du chevreuil – se reconnaissent par les ongles postérieurs qui marquent systématiquement alors que les gardes (petits doigts à l’arrière) n’apparaissent pas forcément.

Les empreintes du sanglier

Chilo-tips n°4 : on peut aussi reconnaître le passage du sanglier par ses excréments, des boudins de 4 à 5 cm de diamètre formés de plusieurs éléments circulaires agglomérés. En plus des empreintes, il faut donc être attentif à tous les indices laissés par la faune dans la nature : plumes et poils, bris de végétation, marques de griffes sur les arbres, terriers, abris creusés dans la neige (comme celui du lagopède ou du grand tétras), restes de repas etc. Avec un peu d’imagination, ces éléments viennent nous renseigner sur le mode de vie de tout ce petit monde : repas, litières, passages, rencontre avec un prédateur, nichée etc.

On reste groupir ! – ©Tim Schmidbauer

Les empreintes de l’écureuil

4 petites pattes, 5 petits doigts qui forment une empreinte de losange ! L’écureuil se déplace par bonds dans la neige : en suivant sa piste, on tombe immanquablement sur un grand arbre au pied duquel on a de bonnes chances de trouver les restes de son déjeuner… Il se nourrit essentiellement des graines contenues dans les cônes des résineux dont il arrache les écailles qu’il laisse tomber sur le sol, où les restes de son festin s’amoncellent régulièrement.

Les empreintes de l’écureuil

Chilo-tips n°5 : pour savoir si le passage de l’animal est récent ou pas, plusieurs indices sont à prendre en compte :

  • Des excréments à proximité des empreintes : s’ils sont encore mous, c’est tout frais ! S’il sont durs et secs, ça date déjà un peu… Ceux de l’écureuil ont la forme de petite boulettes d’1cm de diamètre.
  • Si une nouvelle couche de neige a eu le temps de recouvrir un peu l’empreinte, c’est que l’animal est passé avant la dernière chute.
  • Si la neige a eu le temps de fondre et de rendre l’empreinte un peu moins nette, ça signifie également qu’un peu de temps s’est écoulé.
Chérie, je file me faire couper les tiffs ! – ©Vlad Panov

Les empreintes du renard

Chaque patte laisse la trace d’une petite pelote avec 4 doigts et des griffes, le tout mesure 4 à 5 cm. Elle est assez proche de celle du chien, dont les doigts sont cependant plus écartés. Quand le renard marche, sa voie est très linéaire : les traces sont disposées l’une derrière l’autre. Quand elle dévie, c’est pour chasser ou échapper à un danger : il se met alors à galoper et les traces apparaissent par groupe de 4.

Les empreintes du renard

Chilo-tips n°6 : une fois qu’on a repéré des empreintes, qu’est-ce qu’on fait ? Laisser parler son imaginaire pour reconstituer la scène qui a pu se passer à l’endroit où on se trouve est notre solution préférée. Mieux vaut en effet s’abstenir de suivre les traces dans la neige : l’hiver, les animaux sont déjà bien affaiblis par les températures et la rareté de la nourriture. Grand bien leur fasse si on peut leur éviter de dépenser un peu d’énergie à nous fuir !

1 seconde avant impact – ©Birger Strahl

On vous laisse avec cette magnifique vidéo qui permet de prendre conscience de la fragilité de la faune en hiver, avec notamment l’exemple du tétras-lyre, qui s’enfouit sous la poudreuse pour rester à l’abri du froid et des prédateurs.

Vous en voulez encore ?