Plein hiver, on part plein sud faire le plein de poudreuse ! Isola 2000, cette belle station de caractère à seulement 1h30 de Nice sait de quoi elle parle quand il s’agit d’aventure. Ni une ni deux (mille), on saut du canap’ et on part pour 3 jours d’escapade dans le Mercantour. En chemin, on ira glisser sur les plus beaux itinéraires de ski de randonnée du domaine, découvrir le concept de la raquette-fondue et même apprendre à guider une meute de chiens de traîneau (c’est plutôt eux qui nous guident, pour être honnêtes). Vous embarquez avec nous ?
Ce topo en un coup d'oeil
Gare la plus proche : Nice-Ville
Puis bus jusqu’à la gare routière : Isola 2000 (prendre la ligne régulière 92 ou le 100% neige 92)
- Vacherie de Chastillon : la visite est gratuite
- Restaurant La Différence : compter 35 € avec dessert et boisson
- Location de ski de randonnée : 50€ la journée
- Initiation à la conduite de chiens de traineau : 80€ par personne
- Nuit au Solarium : 63€ par personne
- Restaurant le Solarium : compter 35 € avec dessert et boisson
- Raquette-fondue : 15€ par personne
- DVA et pack sécurité obligatoire pour les sorties ski de randonnée
- Matériel de ski de randonnée (louable dans différents magasins de la station)
- 3 couches thermo-régulantes de vêtement : on est dans le sud mais même avec le soleil il peut vite faire froid et souffler fort.
- Un casque pour le ski et le chien de traineau
- Des baskets confortables pour le Solarium
- Une bonne frontale si vous voulez tenter le lever / coucher de soleil
- Chaussures de neige imperméables (ou chaussettes) pour la balade en raquettes
- Un bon pot de crème solaire et des lunettes de soleil (ce n’est pas le sud pour rien)
- Une grande gourde (d’eau)
J1 : Vacherie et montée vachement raide
Avant de rencontrer les locaux d’Isola 2000, on a rencontré les locales : des Montbéliardes et des Abondances. Ces vaches aussi curieuses que câlines nous ont fait la visite de leur QG : la Vacherie de Chastillon. Elles nous ont présenté Sylvain, le boss des lieux clairement amoureux d’elles (il peut toutes les nommer par leur prénom), mais aussi l’entreprise familiale qui prend soin d’elles depuis plus de 40 ans. Tome à pâte molle, Taleggio, Rigatello, Reblochon d’Isola, raclette, fondue ou encore yaourt fermier et faisselle, ces locales sont des reines des bons petits plats montagnards. Sans trop se charger, on embarque quelques-unes de leurs merveilles dans le sac de rando. On ne sait pas encore de quelle manière, mais les fromages ne vont pas voir la fin du week-end.
- Où déjeuner ? On file à La Différence. Ce restaurant sur le front de neige qui ne travaille qu’à base de produits locaux nous a régalé. Si vous n’avez pas une activité trop physique l’après-midi, on recommande l’incontournable de la maison : la fondue La Différence. Tout est dans le titre.
Au détour d’un café gourmand, on rencontre Julien : un local qui connaît le coin comme sa poche. Il nous recommande d’aller jeter un œil du côté de la Tête Pelevos. Une petite sortie de 5 km pour se mettre en jambes ! On chausse les skis dans la foulée pour atteindre ce point de vue atypique et vérifier les dires de Julien. Arrivés là-haut, c’est malheureusement la brume qui nous attend, mais la balade en valait le détour.
De retour en station, on est attendu par Pierre et sa compagne pour une initiation à la conduite de chiens de traîneau (on en a rêvé toute la nuit). Sous son chapeau de cowboy et sa veste en cuir tout droit sortie d’un bon Western, Pierre nous raconte avec passion son métier de musher. Autour de lui : 57 huskies qu’il entraîne en été comme en hiver pour proposer des sorties grand public mais aussi se frotter à la compétition. Ces boules de poils presque plus excitées que nous auraient même participé aux championnats du monde, chapeau (de cowboy) ! Après un rapide briefing, on n’a qu’une envie : se lancer ! Nous voilà traineau en main avec 3 chiens encore plus motivés que nous qui nous tirent pleine balle. « Encouragez-les en les appelant par leur nom, ça va les booster vous allez voir » nous glisse-t-il. Comme si ça n’allait pas déjà assez vite ! Une expérience incroyable et une sacrée découverte pour nous.
- Où dormir et dîner ? On grimpe au Solarium chez Pierre (un autre Pierre). Un grand appartement insolite au milieu des pistes qui sera notre camp de base pour la suite de l’aventure. On y déguste une raclette maison avec les fromages de nos copines de la Vacherie.





J2 : Gâtés par la vue et temps qui se gâte
Au (tout) petit matin, on quitte le logement à la frontale pour s’engager sur l’itinéraire Zag Ski Tour qui rejoint le Col de la Lombarde. C’est Pierre du Solarium qui nous l’a conseillé la veille : « là-haut, le lever de soleil est sublime. » La montée se fait en douceur, sur un itinéraire peu pentu, balisé et accessible. Arrivé au Col, on s’offre un panorama imprenable sur les montagnes, un ski en France et l’autre en Italie. On décide d’ailleurs de rallonger un peu le parcours pour voir si la neige est plus fraîche du côté italien (c’est la même). La descente se fait tranquillement par les pistes mais nous avons opté pour l’option freeride cette fois-ci. L’appel du déjeuner nous donnerait presque envie de filer tout droit, mais on prend le temps de profiter et de regarder où on met les skis.
- Où déjeuner ? Au Solarium, chaleureusement accueillis par Pierre qui nous demande des photos de la balade avant de nous demander ce qu’on veut manger. On se régale d’un poulet au barbecue avec frites partagées. Au grand ski les grands repas !
L’après-midi, on remet ça sur un itinéraire un peu plus engagé pour grimper aux lacs des Terres Rouges. La montée dans ce décor sauvage nous donne l’impression de ne plus être proche d’une station, est-ce qu’on a passé la frontière de la Norvège ? Notre objectif : regarder le coucher de soleil depuis le lac. Ce coquin a fait cette fois-ci le timide et ne s’est finalement pas pointé. Il nous envoie en revanche le mauvais temps et nous oblige à rebrousser chemin à 500 m du col de la Mercière. La montagne gagne toujours, ce sera pour une prochaine fois ! La descente se fait entièrement en hors-piste jusqu’à chez Pierre.
- Où dormir et dîner ? À notre logement du Solarium, on prolonge l’ambiance franco-italienne avec des ravioles et pâtes fraîches dégotées le premier jour à la Vacherie. Un plat réconfortant après une longue journée dehors.








J3 : Une histoire de roi et de Grizzli
Pour se mettre en jambes en ski à l’aube de cette dernière journée à Isola 2000, on s’envoie une dernière grimpette jusqu’à la Grande Combe par les pistes, avant de redescendre jusqu’au pied de la station. Pierre nous a d’ailleurs gentiment proposé de descendre nos affaires pour nous permettre de voyager léger : « profitez, les jeunes, je descends à la station de toute façon ! »
Arrivés en bas, on a rendez-vous avec Cédric pour une dernière activité (et pas des moindres) : la raquette-fondue. Modestement surnommé le « roi de la fondue », Cédric a plus d’un tour dans son sac à dos. Il nous emmène sur l’itinéraire du Grizzli, une balade courte mais avec pas mal de variantes plus sauvages en poudreuse. Après une vingtaine de minutes de marche, on arrive à un petit chalet. Juste devant, on installe une bâche pour déguster le truc qui pèse une tonne dans le sac de Cédric.
- Où déjeuner ? Au menu, une fondue en plein air à base de fromage de la Vacherie de Chastillon (décidemment notre fournisseur officiel). En accompagnement, une sélection de charcuterie et une excellente bouteille de vin blanc apportée par le guide. Ce fin gourmet amoureux de nature s’est quand même créé le métier de ses rêves, c’est fort !
Il est déjà l’heure de dire au revoir à Isola 2000, une aventure taillée pour les gourmands (de neige et de fromage) que nous sommes. Mais aussi et surtout pour les belles rencontres, à Isola, on est tout sauf isolés !
Et n’oubliez pas, même si la montagne est belle (comme dirait Jean Ferrat), elle peut aussi être dangereuse. On vous recommande toujours de prendre un guide pour vous accompagner dans vos aventures, surtout en ski de randonnée.








