Est-ce qu’on peut vraiment dire qu’on est allé dans les Pyrénées sans avoir rencontré de Pyrénéens ? Les vrais, on veut dire. Ceux qui tiennent des auberges d’altitude bourrées de spécialités locales, ceux qui font revivre le savoir-faire local, ou ceux encore qui connaissent la montagne comme leur poche. Cet hiver, on vous met dans le bain pyrénéen et on vous propose de partir à la rencontre de celles et ceux qui font ce beau territoire. Voici 4 locaux à rencontrer pour vivre pleinement votre aventure dans les Pyrénées.
Se remplir la panse chez Eric Abatie
Perché à 2146 mètres d’altitude sur les pentes du Grand Tourmalet (versant la Mongie) on retrouve l’incontournable Étape du Berger. Véritable institution depuis plus de 40 ans, les locaux et les bons vivants viennent ici pour se régaler de bons produits locaux, mais surtout pour croiser la route d’Eric Abadie : tout un personnage. Vous le cherchez ? C’est le grand costaud là-bas, juste en dessous du béret. Avant d’être restaurateur, Eric est avant tout un éleveur de bétail passionné. Quand il reprend l’affaire à son beau-père, il veut allier ses deux univers pour mettre tout ce qu’il produit sur la table : de la viande maturée aux légumes du jardin. Il n’y a que le fromage et le vin qui viennent d’ailleurs (mais ce n’est jamais bien loin). Là-haut, vous pouvez déguster tout ce qui se fait de meilleur dans le Haut-Bigorre, comme la « vraie Garbure » (ou la Garbure Royale comme dit Eric). Après un repas plus que copieux, l’estomac équilibre un peu le poids du sac à dos, et c’est plutôt pratique. Coup de chance, ce n’est plus que de la descente. Aujourd’hui, c’est Sacha, le fils, qui gère l’établissement d’une main de maître. Comme son père avant lui, il a tenu à ajouter sa propre pierre à l’édifice : logements insolites, chambres d’hôtes et même dameuse-foodtruck viennent étoffer l’offre de l’Étape. L’exemple parfait de la tradition qui sait se réinventer.
Infos pratiques :
- Où le trouver : à l’Étape du Berger
- Quelle station : Grand Tourmalet
- Une question brise-glace : « Eric, par où on commence si on ne veut plus avoir faim jusqu’à demain soir ? »


Fabriquer ses propres skis chez Jack Fauvel
Vous voyez ces skis en bois qui trônent au fond de la cave ? Ceux que votre papi vous a filés parce que : “ils sont incassables”. A-t-il oublié de mentionner qu’ils pesaient aussi un âne mort ? Jack Fauvel, un Normand d’origine devenu Pyrénéen d’adoption, s’est lancé le défi (assez fou) de remettre à la mode ces skis en bois Made In Pyrénées. En 2015, il relance la fameuse marque Villacampa-Pyrénées, du côté de Bagnères de Bigorre. Des skis « increvables » comme dirait Jack, et presque deux fois plus légers que des skis classiques pour autant de flexibilité. L’objectif de Jack, développer une production et un savoir-faire local pour une pratique locale. Et pour le coup, on ne peut pas faire plus du coin : tous les skis sont fabriqués en frêne et peuplier qui viennent du massif. Cerise sur le sapin, on peut même venir chez Jack pour créer sa propre paire de skis en bois. Et noooon, on a déjà demandé : créer des skis « qui vont vite », ça ne marche pas… En revanche, on peut participer à la création de nos spatules via un stage de 3 jours au sein de l’atelier de la marque, à la Manufacture à Félix. Et ceux-là, on peut vous dire qu’ils ne vont pas trainer au fond de la cave !
Infos pratiques :
- Où le trouver : à la Manufacture à Félix
- Quelle station : Grand Tourmalet
- Une question brise-glace : « Jack, une paire de skis en bois de palette, c’est possible ? »



Dormir comme un bébé chez María et Eva
C’est l’histoire de deux copines d’enfance qui traversent la frontière pour devenir gardiennes de refuge. María et Eva naissent toutes les deux dans le même petit village espagnol : à Teruel. Là, elles deviennent rapidement amies sans savoir que la suite de leur vie sera liée par une même passion pour la nature. Plus tard, elles rêvent toutes deux de vivre en montagne, pour changer de vie, mais aussi pour en profiter tous les jours (tant qu’à faire). Un beau jour, elles plaquent tout pour réaliser un rêve commun : devenir gardiennes. Elles font d’abord leurs armes dans les refuges espagnols avant de passer la frontière pour tenir le chalet-refuge de Gourette, dans les Pyrénées françaises. Parce que comme dirait Eva, le plus important : « c’est de vivre le présent, de travailler dans un métier qu’on aime, et de profiter chaque jour. » Ce refuge, c’est un lieu simple, à la fois rustique et chaleureux, avec une vraie âme de montagnard. Bref, tout ce qu’on aime. Ici, au cœur de la vallée d’Ossau, les montagnes sont omniprésentes. Alors on en profite pour découvrir tout ce qu’elles ont à offrir : cascade de glace, ski de rando ou balade en raquettes avant de rentrer partager une bonne soupe réconfortante avec des aventuriers de passage. La vie, la vraie !
Infos pratiques :
- Où les trouver : au chalet-refuge de Gourette.
- Quelle station : Gourette
- Une question brise-glace : « María, Eva, comment on dit bienvenue dans le plus beau refuge des Pyrénées en espagnol ? »














