Moins médiatisés que leurs cousins les Parcs nationaux, les Parcs naturels régionaux n’en sont pas moins sauvages, préservés et grouillant de vie (après ce n’est pas une compét’). Un PNR, c’est surtout un territoire habité où l’on retrouve des locaux aux savoir-faire variés qui en prennent soin 365 jours par an. Résultat : des espaces naturels vivants grandioses, plus discrets et encore peu connus du grand public. Serait-ce la définition du paradis ? Fort probable. Pour vous aider à mettre une première chaussure de rando dans l’univers des PNR, on vous a fait une petite sélection de cinq parcs encore largement sous les radars.
PNR des Baronnies Provençales
Vous hésitez encore entre les montagnes et le chant des cigales ? On vous présente le PNR des Baronnies Provençales, parc de près de 1 800 km2, pile à la frontière entre les Alpes et la Provence. Un climat méditerranéen avec une touche d’ambiance montagnarde : bref, le meilleur des deux mondes. Là-haut, c’est le Rocher Saint-Julien (705 m d’altitude) qui est aujourd’hui une référence européenne pour la grimpe en falaise. Quand on voit ses parois de calcaires qui se dressent comme une paire de dents mal brossées, on comprend vite pourquoi. Au sommet, la vue se dégage sur les villages pittoresques de la région, pour la plupart accrochés aux crêtes. En levant la tête, on peut avoir la chance de voir les vautours-fauves réintroduits avec succès dans le parc, mais aussi l’un des ciels étoilés les plus propices à l’observation astronomique. Gare aux torticolis.
Ce qu’on vous recommande
- La balade : visiter les gorges d’Ubrieux au lever du soleil et le sentier botanique de l’Aiguille autour de Buis-les-Baronnies pour le coucher.
- Le village : se rendre au marché provençal de Nyons, et repartir avec la célèbre huile d’olive du village !
- Le truc à voir : se perdre dans les champs de lavande (en fleur de mi-juin à mi-juillet).
- Le dodo : dormir à la cabane de berger en pierres sèches (non gardée) de Jas Girard.




PNR de Millevaches
Au PNR de Millevaches, dans le Limousin, vous trouverez (largement) plus de 1 000 bovins, mais surtout 124 communes. « Millevaches » viendrait d’ailleurs de « mille sources » puisque le parc est un grand territoire d’eau. Véritable contrefort des reliefs du Massif Central, on s’écarte des reliefs montagneux pour un décor bourré de vastes plateaux, de forêts à perte de vue, de tourbières et de lacs aux eaux sombres. La faible densité du parc en fait un territoire idéal pour s’offrir un moment de calme et de reconnexion. Mais ne vous méprenez pas, si les vaches sont plus nombreuses que les habitants au mètre carré, on compte quand même près de 40 000 locaux chanceux qui vivent dans le coin. À l’époque, beaucoup de maçons de la région sont d’ailleurs partis construire les bâtiments haussmanniens que l’on connaît à Paris aujourd’hui. Peu nombreux, mais avec de l’impact !
Ce qu’on vous recommande
- La balade : se perdre au coeur des tourbières sur le sentier des Bruyères.
- Le village : flâner dans les ruelles médiévales de Treignac.
- Le truc à voir : monter sur le point culminant du Limousin – la tour panoramique du Mont Bessou (1000 m d’altitude).
- Le dodo : dormir au Ranch de Vassivière, sur les bords du lac Vassivière – l’un des plus grands lacs artificiels de France.




PNR du Queyras
Le PNR du Queyras (à prononcer sans le « S » pour passer pour un local), c’est l’alternative sauvage de notre sélection. Perché au cœur des Hautes-Alpes, il titille la frontière avec nos copains Italiens. Des vallées profondes et reculées jusqu’aux sommets dépassant les 3 000 m d’altitude, il est le paradis des randonneurs en quête d’isolement. Plus brut, plus vrai, on y trouve de petits villages préservés où l’on parle encore le vivaro-alpin, un genre de variante de l’Occitan (qui ne compte pas au Scrabble). Une halte bien méritée pour recharger les batteries et les sacs de rando entre deux escapades sauvages.
Ce qu’on vous recommande
- La balade : arpenter le fameux Tour du Queyras à pied (GR58).
- Le village : visiter le village de Saint-Véran et ses 200 habitants.
- Le truc à voir : découvrir le Fort Queyras accroché à un piton rocheux à 1 400 m d’altitude – haut lieu de l’histoire militaire alpine.
- Le dodo : dormir au refuge Bivacco Olivero à la frontière italienne.



PNR du Haut-Languedoc
Moins connu que ses grands frères des Grands Causses et des Cévennes, le plus discret PNR du Haut-Languedoc n’a pas de quoi rougir (au soleil du sud). Coincé entre le Tarn et l’Hérault, ce parc encore très sauvage est un joli mélange de guarrigues, de vignes, de crêtes de granite et de grottes. Ça et là, on tombe sur des villages perchés et des carrières historiquement connues pour leurs marbres colorés (partiellement utilisés pour construire la Maison Blanche, s’il vous plaît !). À l’est, la raideur du massif du Caroux tranche avec les collines qui l’entourent et offre un panorama imprenable sur tout le parc (après une ascension largement dans vos cordes).
Ce qu’on vous recommande
- La balade : s’envoyer l’ascension du Caroux depuis Douch (il vous en faudra une bonne en rentrant).
- Le village : se perdre du côté d’Olargues et ses ruelles en pierres.
- Le truc à voir : piquer une tête dans les gorges d’Héric (le ruisseau, pas votre voisin)
- Le dodo : dormir dans les cabanes d’Hestia à la Salvetat-sur-Agout





PNR de la Brenne
Voilà un parc qui risque de faire frétiller tous nos ornithologues en herbe. Le PNR de la Brenne, connu sous le nom du « territoire au mille étangs », en compte en réalité plus de 2 500. Tous créés pour la pisciculture par des moines du Moyen-Âge, ils sont aujourd’hui le paradis d’une faune aussi riche que diversifiée (hérons, guifettes moustac, busards, etc). Les photographes animaliers, les amoureux d’ornithologie mais aussi les passionnés de pêche et de canoë savent déjà où passer leur prochain week-end.
Ce qu’on vous recommande
- La balade : sortir les vélos et filer sur la grande boucle des étangs de la Brenne (43 km).
- Le village : découvrir la cité médiévale de Saint-Benoît-du-Sault.
- Le truc à voir : observer les oiseaux depuis les observatoires du parc (viser les périodes migratoires au printemps et à l’automne).
- Le dodo : dormir dans la Cabane des Rondières, au son des grenouilles, sur un étang.
Notre petite sélection est (très) loin d’être exhaustive. S’il vous en faut plus, sachez qu’il y a 59 Parcs Naturels Régionaux sur tout le territoire français. Mais plutôt que d’en faire une liste à cocher, on vous recommande surtout de prendre le temps de les explorer individuellement. Une promesse qu’on peut vous faire : chaque parc regorge de trésors cachés et de belles rencontres à qui sait être assez curieux.














