En Wallonie, il ne suffit pas de parler français pour passer pour un local, ooooh que non. Sur les sentiers de randonnée, les locaux nous repèrent à des kilomètres. L’astuce qu’on a trouvée pour que nos voisins préférés nous partagent leurs meilleurs spots, c’est de glisser en stoemmelings quelques expressions du coin. Hop, vous ne l’avez pas vu passer celle-ci ! On vous embarque avec nous dans le lexique indispensable des belgicismes pour randonner comme un local.
Expressions belges à connaître
Les mollets n’ont pas de frontière, alors on est partis arpenter les sentiers wallons à la recherche de paysages à couper la chique. Si les fameux « bonjour » un peu essoufflés, ou les « il est bientôt loin le sommet ? » sont monnaie courante en France, on a noté un panel d’expressions bien plus riches du côté de la Wallonie. Bouclez vos ceintures et prenez des notes, en voici quelques-unes :
- « Ne bois pas si vite, tu glettes sur ta polaire là. »
On vient de s’envoyer l’ascension du Signal de Botrange et ses quelques 694 m d’altitude, point culminant de la Belgique . Arrivés au sommet, on se hâte de descendre notre gourde d’eau d’une seule traite, peu importe si on glette au passage. Gletter, c’est laisser couler sur le menton, sur la poitrine, une partie du liquide que l’on boit.
- « Normalement, ici, il y a toujours du brouillard. Aujourd’hui on a le cul dans le beurre. »
Perché sur une colline juste en face du Château fort de Bouillon, on nous a vendu la purée de pois mais… coup de chance : la vue se dégage et nous offre un panorama époustouflant. Avoir le cul dans le beurre, c’est avoir de la chance.
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En plein milieu d’une rando dans le Parc du Hérou, on a le nez en l’air et les yeux sur les grandes formations rocheuses tout autour. Quelques kilomètres plus tard, nos compagnons commencent à nous accuser d’avoir perdu nos tartines (pire, d’être complètement paumés). Perdre ses tartines, c’est perdre le nord.
- « Ah mais si, je me souviens, c’est par là. Comment ça je tape à gailles ? »
Sur un énorme coup de bluff, on improvise une histoire de « mousse sur les arbres qui indique la direction du sud » pour retrouver notre chemin. Quitte à se perdre pour de bon, autant le faire avec panache. Taper à gailles, c’est tenter au hasard.
- « Le refuge est à 3h de marche, on a encore loin. »
La boussole étant nettement plus fiable que notre petit doigt mouillé, on retombe finalement sur le sentier de base, mais après un joli détour. La nuit commence à tomber et on a encore loin : il va falloir sortir la frontale. Avoir loin, c’est avoir une longue route à faire.
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En plein milieu de la tourbière des Hautes-Fagnes, dans ces grandes plaines aux allures de Laponie, il peut vite faire douf. En été, on anticipe et on prend de quoi boire et se couvrir. Faire douf, c’est lorsque l’air devient lourd et moite.
- « Comment ça tu n’as pas pris d’eau ? Tu n’as pas toutes tes frites dans le même sachet toi en ce moment ! »
Il se peut que malencontreusement on ait oublié la gourde pleine sur l’évier. Il se peut qu’on nous l’ait rappelé 3 fois, c’est vrai. Mais il se peut aussi qu’on soit un peu fatigué, ça arrive à tout le monde non ? Ne pas avoir toutes ses frites dans le même sachet, c’est être à côté de ses pompes.
- « Bon ok, je mords sur ma chique jusqu’au prochain point d’eau »
On assume nos boulettes et on patiente tranquillement jusqu’à la prochaine source. De toute manière, on a toujours su que les post-it sur le frigo ce n’était pas une valeur sûre. La prochaine fois on mettra la gourde dans le sac à dos la veille. Mordre sur sa chique, c’est serrer les dents.
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Non loin du Tombeau des Géants, près de Botassart, on traverse une prairie et un troupeau de vaches. Ici, tel un équilibriste, on sautille au milieu d’un champ de mines qui n’en finit plus. En grande finesse, marcher dans une flate, c’est marcher dans une bouse.
- « Essuyer ses chaussures en stoemmelings. »
Sauf qu’équilibriste, c’est un vrai métier, et que nous, on ne travaille pas dans le domaine. À l’arrière du groupe, on essuie en stoemmelings le reste de flate sous notre chaussure gauche. L’herbe fraîche qui trainait là en a pris pour son grade. En stoemmelings, c’est discrètement, en scred, en cachette, en catimini quoi.
Merci d’avoir lu ce lexique wallon pour partir en randonnée comme un vrai local. On ne sait pas si après cet article vous vous coucherez moins bête, mais une chose est sûre : vous vous coucherez un peu plus belge.



















