Faut-il avoir peur du sanglier ?

Faut-il avoir peur des sangliers ?

Baladez-vous en forêt et vous tomberez dessus. Pas une bête féroce, mais ce gars qui vous assure que « une fois », la cousine du collègue de la pote de son frère s’est retrouvée nez à nez avec un sanglier et a failli se faire embrocher. Toutes ces histoires de sangliers nous font flipper. Vous la connaissez cette fameuse cousine ?

Chez Chilowé, on pense que les sorties en plein air sont faites pour kiffer, pas pour flipper. On a donc contacté une asso de défense des bêtes sauvages et notre partenaire EcoTree pour nous aider à rétablir la vérité sur ces gros cochons sauvages à poils… Eh oui c’est de leur domestication qu’est issu le porc. Autres fun facts : la femelle s’appelle la laie, le sanglier mange de tout et il est essentiel au développement de la biodiversité. Allez, on va casser du préjugé.

Il est très rare de croiser un sanglier

Pour être sûr de ne pas tomber sur un sanglier, baladez-vous sur un sentier forestier entre 9 et 17 heures. « La journée, ils restent tranquilles. Ils dorment cachés dans des endroits compliqués d’accès pour les humains : entre des ronces, au fond de petits bosquets », nous explique Richard Holding, membre de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). C’est le truc à garder en tête : oui, les sangliers font peur avec leurs 100 kilos et leurs canines apparentes, mais eux sont littéralement morts de trouille à l’idée de nous croiser. Normal, ils passent plus de six mois de l’année à éviter de se prendre du plomb dans le boule… « Si vous en croisez un, dans 99% des cas, c’est lui qui s’enfuira », insiste l’expert.

Faut-il avoir peur des sangliers ?
Ayééééé chuis cachééééé – ©Richard Holding

Toujours en stress ? Sachez que « les sangliers ont une très mauvaise vue, mais une bonne ouïe et surtout un excellent odorat grâce à leur énorme truffe », décrit Richard Holding. Chanter du Céline Dion (le choix de l’artiste compte beaucoup) et mettre un bon coup de déo sera votre meilleur bouclier anti-sanglier.

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Il faut vraiment chercher le sanglier pour le voir

Croiser un sanglier par hasard n’a donc quasiment aucune chance d’arriver. En fait, pour tomber dessus, il faut vraiment le vouloir. Richard Holding a une casquette de photographe animalier. Il nous a filé quelques techniques pour approcher ces animaux. Ça demande effectivement toute une organisation ! D’abord, il faut se rendre en forêt au petit matin ou à la tombée de la nuit. C’est à ce moment que les sangliers sortent de leur cachette pour se nourrir. Lorsqu’ils mangent, ils sont alors moins vigilants et attentifs au bruit.

Faut-il avoir peur des sangliers ?
Tu m’vois, tu m’vois pas – ©Richard Holding

Ensuite, pour les approcher de vraiment près, quelques sacrifices sociaux s’imposent. « Il faut porter des vêtements que l’on a préalablement laissés dans la forêt pour qu’ils s’imprègnent de l’odeur des bois », conseille le photographe. Pour encore plus d’efficacité (et de puanteur), ne les lavez jamais et allez les frotter sur un cheval. « Les animaux sauvages ne craignent pas leur odeur », ajoute-t-il. Vous êtes fin prêt pour un rendez-vous porcin.

Le sanglier est important pour la biodiversité

Tout comme le pigeon, le loup, le rat ou l’ours, le sanglier ne figure pas dans le top 10 des animaux chouchous des Français.es. Particulièrement nombreux (environ 600 000), ils sont régulièrement accusés de saccager les récoltes des agriculteurs, d’endommager les jeunes pousses en forêts ou encore de labourer les terrains de golf. EcoTree remet les choses à leur place. Plutôt que de flipper, on devrait plutôt les remercier. Ce gros cochon a « un rôle de première importance dans le développement de la biodiversité » :

  1. Il mange les animaux morts : c’est crado, mais cela évite la pollution des eaux et la transmission de certaines maladies.
  2. Il fouille le sol : ça l’aère et fait remonter des graines, parfois très anciennes, qui germent ensuite.
  3. Il vadrouille : de très nombreuses semences de champignons, de plantes, ou d’arbres se trouvent sur son pelage et sont ainsi répandues à des dizaines de kilomètres de la plante mère.
  4. Il se gave de larves d’insectes, de vers ou de mollusques : les arbres sont donc débarrassés de certains envahisseurs.
  5. Il se frotte aux arbres : « Il a été démontré que le nombre moyen de graines viables et d’espèces de plantes était plus élevé dans les sols qui se trouvent au pied des arbres où le sanglier se frotte que près des autres arbres », conclut EcoTree.
Faut-il avoir peur des sangliers ?
Grat-grat-grat-grat – ©Canva

Nos solutions en cas d’attaque de sanglier

Le risque zéro n’existe pas. On a bien dit au-dessus que les sangliers fuyaient à notre vue dans 99 % des cas. Dans le 1 % restant, il y a ce jour de printemps où vous tombez sur une laie (la maman sanglier) et ses marcassins. « Si elle se sent menacée, elle peut charger afin de protéger ses petits ». En gros si vous avez un fusil, que vous vous approchez en grognant ou tentez de lui voler un de ses gosses, ça risque de mal se passer.

Faut-il avoir peur des sangliers ?
Là, typiquement, restez à distance – ©Chilowé

Un sanglier atteint une vitesse de pointe de 40 km/h. Avec son record de 37,58 km/h, même Usain Bolt se prendrait une tatane. En revanche, un sanglier ne sait pas sauter, donc le mieux c’est de vous mettre en hauteur. Morale de l’histoire : rien ne sert de courir, mieux vaut sauter à point.


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