Tous les arbres sont magnifiques, mais il y en a que l’on remarque plus que d’autres. D’ailleurs, ces derniers possèdent leur propre label : les arbres remarquables. Une distinction obtenue en raison de leur âge avancé, de leur taille, d’un fait historique étroitement lié à leurs racines, de critères esthétiques, biologiques ou encore du milieu dans lequel ils ont poussé. À l’heure où la cérémonie des César salue le monde du cinéma, Chilowé récompense la nature en faisant sa cérémonie des Césarbre avec sa remise des prix aux arbres les plus remarquables.
Petite histoire des arbres remarquables
Saviez-vous qu’il y avait un Sophora du Japon pleureur à Champs-sur-Marnes dans le 77 ? Maintenant oui, grâce notamment à la carte interactive des arbres remarquables de France qui les répertorie sur tout le territoire.
Le label « arbres remarquables » a été créé dans les années 2000 à l’initiative de l’association A.R.B.R.E.S. pour Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde (pas mal hein ?). « Le label n’a pas de valeur juridique, mais plutôt morale. L’intérêt, c’est d’éviter qu’un arbre puisse être coupé du jour au lendemain », nous explique Georges Feterman, Président de l’association A.R.B.R.ES.
L’asso et ses 1500 adhérents contribuent chaque jour à inventorier, faire connaître et protéger les arbres remarquables de France. Aujourd’hui, on compte plus de 1200 arbres labélisés remarquables dans l’Hexagone, « mais il en existe des dizaines de milliers en France qui pourraient être labellisés », souligne le Président de l’asso.
Si vous pensez que le noisetier du fond de votre jardin a du potentiel, vous pouvez envoyer un mail à l’asso. Il y a ensuite une fiche à remplir, un correspondant de l’asso viendra sur place, puis un comité se réunira pour lui donner ou pas le label. Pour savoir sur quels critères un arbre peut être remarquable lisez la suite 👇

Celui qui raconte des histoires
Un arbre peut être remarquable en raison de faits historiques bien étayés, mais aussi d’une légende (plus ou moins vérifiée). Certains arbres sont également liés à des personnages historiques, des croyances ou des mythes bien ancrés.
Le César(bre) du plus légendaire est remis au…
Chêne à Guillotin, à Concoret, dans le Morbihan. Parce que côté légende, nous on fait bien confiance aux arbres de la forêt de Brocéliande. Selon la légende, Pierre-Paul Guillotin, un abbé rebelle qui avait refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé pendant la Révolution, se serait caché dans l’arbre. Le chêne est effectivement creux et affiche une circonférence de plus de 9 m pouvant ainsi accueillir un curé, son lit, son réchaud et un frigo.
- Pour aller lui faire coucou, rendez-vous à cet endroit à Concoret


Celui dont on ne compte plus les bougies
Un âge avancé est généralement un bon indicateur pour obtenir le précieux sésame. Mais attention, tout est relatif et dépend de l’essence de l’arbre. Par exemple, « un if de 500 ans n’est pas exceptionnel, tandis qu’un hêtre de 500 ans serait exceptionnel », indique l’association A.R.B.R.E.S. Hêtre ou ne pas hêtre, telle est donc bien la question.
Le César(bre) du plus vieil arbre est décerné à….
L’olivier de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes. Avec plus de 2000 bougies soufflées, il a plus d’une ride à son écorce et fait figure de doyen des Français (à feuilles).
- Pour aller lui faire coucou, rendez-vous 237 Chemin de Menton, à Roquebrune-Cap-Martin.



Celui qui a le look coco
L’esthétique d’un arbre peut également le faire rentrer dans la légende. L’asso A.R.B.R.E.S explique ainsi qu’un arbre particulièrement tortueux, taillé étrangement, complètement creux (mais bien vivant), hyper droit, avec des couleurs originales ou encore avec une forme animale peut devenir remarquable. Si vous trouvez un arbre en forme de licorne, ça marche.
Le César(bre) du plus bel arbre est décerné au…
Ginkgo biloba du parc du domaine de Saint-Hilaire, dans le Loiret. Une espèce aussi surnommée « arbres aux mille écus » en raison de son feuillage jaune vif à l’automne. Le petit chanceux a reçu cette année le prix du public lors du concours annuel du plus bel arbre de France, organisé par le magazine Terre Sauvage et l’association A.R.B.R.E.S. Depuis, l’expression « t’as le look ginkgo » est devenue virale dans toutes les forêts de l’Hexagone.
- Pour aller lui faire coucou, réservez une nuit au domaine de Saint-Hilaire.


Celui qui ne rentre plus dans ses pantalons
Pour distinguer un arbre selon des critères physiques, mieux vaut emprunter la règle de Goliath (ou une croix de bûcheron d’un garde forestier. Tout dépend de votre carnet d’adresses). On mesure ensuite sa hauteur ou sa circonférence exceptionnelle. Là encore, tout est relatif en fonction de l’essence de l’arbre. Par exemple : un pin laricio de 25 mètres n’a rien d’exceptionnel (avec tout notre respect). En revanche, un olivier de plus de 15 mètres de haut c’est complètement dingo. « À noter que plus un arbre est court sur pattes, plus il a de chance de survivre aux tempêtes ! » indique Georges Feterman.
Le César(bre) du plus gros arbre est décerné au…
Tilleul de Grange Sauvaget à Bracon, dans le Jura, avec ses 14 mètres de circonférence. Selon nos calculs savants, il faut donc huit adultes et un enfant pour lui faire un câlin.
- Pour aller lui faire coucou, rendez-vous juste ici à Bracon.



Celui qui ne fait rien comme tout le monde
L’association A.R.B.R.E.S parle plutôt de critères « biologiques ». Mais soyons clairs, il s’agit ici d’identifier de petites anomalies charmantes de la nature qui feraient frétiller n’importe quel biologiste. Par exemple « un fonctionnement original, des adaptations particulières au milieu, des particularités physiologiques…». Bref des sortes de petites anomalies charmantes de la nature.
Le César(bre) du plus insolite est décerné au…
Chêne du Rocher Canon en forêt de Fontainebleau. Aussi appelé chêne bonzaï en raison de sa petite taille, il a eu la bonne idée de pousser non pas en pleine terre, mais sur un rocher de 2 mètres de haut. Forcément, c’est plus dur de bien grandir dans ces conditions, mais c’est aussi ce qui lui donne sa forme hyper originale et son allure semblant tout droit sortie d’un conte d’Andersen.
- Pour aller lui faire coucou, on vous propose cet itinéraire de rando dans le parc de Fontainebleau.


Celui qui venait d’ailleurs
Un dernier critère pour devenir un arbre remarquable est plutôt géographique. Il concerne les arbres qui se trouvent hors de leur milieu naturel ou loin de leur terre natale.
Le César(bre) le plus déraciné est décerné aux…
134 Séquoias géants de la grande allée du parc de Villeroy à Mennecy dans l’Essonne. Aussi appelé Sequoiadendron giganteum, cette espèce a un accent américain et la coupe d’un surfeur car il est endémique des montagnes de la Sierra Nevada en Californie.
- Pour aller lui faire coucou, rendez-vous au Parc de Villeroy


Celui qui est hors catégorie
Ce qui rend aussi un arbre remarquable c’est le hasard qui fait bien les choses, le bon timing et un petit coup de pouce.
Le César(bre) hors catégorie est décerné au…
Chêne du Pigeonnier de Pouzay, à Béceleuf dans les Deux-Sèvres. « Il y a environ 150 ans, un oiseau, peut-être un geai, a caché un gland dans ce Pigeonnier sans toit. Le chêne a poussé jusqu’à finalement en déborder », nous raconte Georges Feterman. Il nous a d’ailleurs avoué qu’il s’agissait de son arbre chouchou (à ne surtout pas répéter aux oreilles d’un saule pleureur un peu susceptible). Aujourd’hui on a donc un pigeonnier géant surmonté d’une jolie coiffe verte.
- Pour aller lui faire coucou, rendez-vous au pigeonnier de Pouzay














