Bonne nouvelle : j’ai trouvé la clé du bonheur

bus into the wild

Dans le film Into the Wild, on voit Christopher McCandless écrire une phrase sur un bouquin, alors qu’il s’apprête à mourir seul dans son bus, au fin fond de l’Alaska : « happiness is only real when shared ». Depuis sa sortie en 2007, le film a largement alimenté mon envie d’aventures et de grands espaces (je ne suis pas le seul), mais je trouve que cette scène résonne particulièrement aujourd’hui. Le partage reste une condition du bonheur : ça, ça n’a pas bougé. Mais surtout, c’est un principe que nous devons plus que jamais apprendre à mettre en œuvre pour construire un futur souhaitable, vivable et désirable. Voilà au moins 4 raisons qui le justifient. 

Partager, c’est une drogue

En voilà une belle bande de junkies ! Certains le savent déjà, nous sommes tous accros à la dopamine, une molécule libérée par notre cerveau à chaque fois que nous assouvissons des plaisirs simples : manger, faire l’amour, obtenir de la reconnaissance sociale ou de l’information. Selon Sébastien Bohler, auteur de Le bug humain, ce phénomène est la cause directe de la sur-consommation, du besoin de domination, de l’addiction aux réseaux sociaux et de quelques autres trésors de notre époque. Pas vraiment le genre de trucs qu’on a envie de léguer à nos gamins ! 

Checker ses notifs à 3 heure du mat’ ? Pas bien !

Pour faire évoluer tout ça, la recette est simple : il “suffit” de changer les normes les mieux valorisées socialement. Si tout à coup la sobriété, l’altruisme, le partage et la lenteur deviennent cools, alors ils deviendront les nouveaux générateurs de dopamine. Et bonne nouvelle : alors que le plaisir généré par la plupart des addictions baisse avec la répétition et nécessite d’augmenter les doses pour rester stable, celui que procurent le don et la transmission ne s’atténue jamais. En bref, partager est une source de plaisir infinie. 

Partager, c’est la vie

On a beau maudir les algorithmes des GAFAM, ils nous font parfois de jolis cadeaux. Comme ce monologue d’Ethan Hawke sur la créativité par exemple, que Youtube m’a jeté en pâture un soir d’hiver. L’acteur y parle de l’autobiographie que sa grand-mère a écrite dans son lit d’hôpital : sur 36 pages, 5 sont consacrées aux costumes qu’elle a créés un jour pour une pièce de théâtre… alors que son premier mari n’est mentionné qu’une seule fois ! Selon Ethan, ces costumes avaient été la seule occasion de sa vie qu’elle avait eu d’exprimer qui elle était vraiment, de partager le feu sacré qui bouillait en elle. 

Il faut dire qu’Ethan a été à la bonne école

Ça m’a permis de réaliser que créer des choses (des textes, des podcasts, des meubles, des slips en laine) et de les partager n’est pas juste cool, c’est vital. L’un des enjeux de notre mini passage sur Terre est d’apprendre à se forger une manière propre de voir le monde pour la partager autour de nous. À la fin de notre vie, on se demandera tous : qu’est-ce que je laisse derrière moi, qu’est-ce que j’ai transmis ? Alors ça ne sera peut-être pas aussi fou-fou que les 103 conseils de Kevin Kelly, mais l’important c’est de trouver une manière de partager son humanité. Vous êtes unique : comprenez pourquoi et partagez-le si vous pensez que ça peut intéresser ou aider d’autres personnes ! 

Partager, c’est une nécessité

L’économie collaborative – ou économie du partage – a de beaux jours devant elle. D’abord parce que nous avons besoin de construire moins de logements et de produire moins de biens pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Dans l’un de ses 4 scénarios, l’ADEME nous dit que la société doit évoluer vers un système économique alliant sobriété et efficacité. La consommation de biens doit devenir mesurée et responsable ; le partage des bâtiments, des pièces de vie et des équipements doit se généraliser. Alors, prêt à mutualiser votre bagnole, votre lave-vaisselle ou votre planche à voile ? 

En avant Guingamp !

Certains le font déjà et la bonne nouvelle, c’est qu’ils adorent ça. Prenez l’un des exemples les plus radicaux : l’échange de maisons. Le principe, c’est quand même de proposer à des inconnus de venir dormir dans votre pieu et de boire leur café dans votre mug préféré pendant que vous êtes en vadrouille… Nous (Autruche et Toucan), ça fait 7 ans qu’on le pratique et à chaque fois le scénario est le même : d’abord l’appréhension de laisser notre baraque à des gens qu’on a jamais vus, puis la satisfaction de savoir qu’ils sont en train de s’offrir des vacances quasi-gratis et enfin le plaisir d’écouter combien ils ont kiffé leur séjour chez nous. 

Partager, c’est l’avenir 

La plupart d’entre nous ne réalise pas l’ampleur des changements qui attendent nos modes de vie pour les années à venir. Certains continuent d’assurer que nous allons réussir à changer de modèle en produisant davantage, à gagner en sobriété sans privation, sans restriction ou sans décroissance. La vérité est sans aucun doute ailleurs : des transformations majeures et difficiles attendent nos manières de travailler, de nous loger, de nous déplacer et de nous nourrir. Et pour y arriver, y’a pas de secret, il va falloir jouer collectif. 

Même Kylian (surtout Kylian) va devoir s’y mettre

La sobriété que ces changements impliquent doit absolument être partagée par tout le monde. On ne peut pas demander à certains de faire des efforts en prenant moins leur voiture, en se chauffant moins l’hiver ou en mangeant moins de viande si on continue de voir d’autres continuer à se déplacer en jet privé, à faire déborder leur garde-robe ou à partir passer quelques jours à l’autre bout du monde. Le partage est la condition du bonheur, c’est aussi et surtout la clé d’un avenir meilleur. Ce qui est génial, c’est que plus la sobriété sera partagée, plus elle deviendra sexy, plus elle générera de la dopamine, plus on sera heureux et plus notre avenir sera rose. CQFD, à tchao bonsoir ! 

Vous en voulez encore ?