Passer ses semaines sur les côtes du monde entier, et ses weekends à traverser des océans ? C’est le quotidien d’Audrey, Nicolas et leurs deux kids de 8 et 10 ans. Un beau jour, la petite famille quitte la côte française pour se lancer dans l’aventure de leur vie (jusque-là) : un tour du monde de deux ans à bord de leur catamaran, le fameux Pélican. Si les projets comme ceux-là fascinent et effraient à la fois, ils sont rarement pris sur un coup de tête. Depuis la Polynésie où ils sont actuellement amarrés, ils nous racontent les premiers pas (marins) de l’escapade en famille qui a changé leur vie.
D’où ça sort, une idée pareille ?
Bien avant d’avoir des enfants, Audrey et Nicolas avaient cette furieuse envie de prendre la tangente. Après avoir rêvé de van ou de sac à dos, l’idée de prendre la mer a fait son chemin avec l’arrivée des kids. Tout est parti des réseaux sociaux : ils suivaient alors d’autres familles qui pratiquaient déjà le voyage en catamaran. Tout, dans ce style de vie, les faisait rêver : les moments partagés, l’exploration, l’apprentissage des enfants, les rencontres, la liberté. Les réseaux sont très bons pour attiser un rêve, mais là où ça se corse, c’est lorsqu’il faut le transformer en un projet concret. Un jour, au détour d’un voyage tous les quatre, alors que le projet était encore en construction, ils rencontrent une famille qui revenait d’une aventure similaire. Une seule idée leur vient alors à l’esprit : « c’est possible ».
Avant de choisir leur monture d’aventure, notre famille avait quelques critères non négligeables : un bateau sécuritaire, confortable, spacieux et capable d’avancer en quasi totalité à la voile. En plus de ça, pas vraiment le goût de se faire secouer comme un pruneau et de taper un roupillon à la verticale, alors il fallait quelque chose de stable. Le catamaran cochait toutes les cases. Maintenant, il y a les cata’ tout-confort (mais trop lourds pour avancer vite) et les « sportifs » plus légers (mais trop sommaires pour partir en famille). Les catamarans Excess, pile à la jonction, étaient le meilleur compromis !
Comment on se prépare ?
Enlevez-vous de la tête qu’une aventure en catamaran en famille est forcément réservée aux skippers vétérans avec une grande barbe blanche et un bonnet qui gratte. Le niveau en voile d’Audrey et Nicolas est proche du néant lorsque leur décision est prise. Avant de partir, ils se forment au plus haut niveau de ce qu’il est possible de faire en voile de plaisance. Ils complètent leurs apprentissages avec des stages techniques et des stages de survie, parce que quand on part aussi longtemps avec deux minots de 8 et 10 ans, il faut savoir être autonomes en toutes circonstances.
Mais au-delà de savoir manier un bateau, il faut surtout être « démerdard » comme disent les anciens. En gros, savoir bricoler tout et n’importe quoi, avoir mis le nez partout, être curieux et vouloir apprendre constamment. Coup de chance, Audrey est médecin urgentiste et Nicolas, pilote de ligne : deux métiers où l’apprentissage et la remise en question sont des affaires de tous les jours. Pour préparer ses enfants, rien de plus simple : dites-leur que vous partez pour des vacances de deux ans sur les plus belles plages du monde, ça devrait suffire !
La vie à bord en famille
Ça y est, l’aventure est lancée, notre petite famille est sur les flots depuis quelques jours, et c’est toute une organisation collective qui est à réinventer. Les métiers très nomades d’Audrey et Nicolas avaient forgé d’autres habitudes et aujourd’hui tout est à réapprendre, ensemble. À bord, beaucoup de choses changent mais une chose prend plus de place que le reste : la notion du temps. Sur l’eau, il n’y a plus de contrainte, plus de métro à prendre, d’urgence, d’agenda ou d’indisponibilité. Le matin, toute la famille prend le temps de se lever avec le soleil puis de faire l’école à la « maison ». L’après-midi est dédié à l’exploration : sports d’eau ou balades sur la côte la plus proche. Le soir, tout le monde met la main à la patte (à pizza) pour cuisiner. En plein océan, on apprend vite à faire par soi-même parce qu’aucun livreur ne fera le déplacement au milieu du Pacifique. Partir loin pour se retrouver, c’est peut-être ça, la vraie richesse de l’aventure.
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Avant de lever l’ancre à votre tour, Audrey et Nicolas vous donnent quelques réponses clés en main à balancer à Tata Jeannine, l’experte en éducation de vos propres bambins :
- « Et l’école alors ? Ils vont finir neuneus » :
Déjà, il y a la magie de l’école à la maison. Les enfants suivent le programme officiel à distance sans prendre aucun retard. Il faut des parents dispos, c’est vrai, mais le temps n’est pas ce qui manque. Pour l’anecdote, après 18 jours de navigation à travers le Pacifique, Audrey et Nicolas ont carrément scolarisé leurs enfants pendant un mois sur une petite île polynésienne. Plus d’excuse !
- « Et la vie sociale ? Ils vont tourner en rond » :
Les lardons en question n’ont jamais autant socialisé que pendant ce voyage. À chaque fois que le catamaran est en « mouillage » (qu’ils ont posé l’ancre quoi), il y a toujours au moins quatre ou cinq bateaux autour du « Pélican ». Beaucoup de familles voyagent de cette manière et les rencontres entre les enfants se font très naturellement (et rapidement). On prend l’annexe et hop, on file dire bonjour aux nouveaux voisins. Des amitiés fortes se sont même nouées au fil de l’aventure, ce qui a amené notre famille à fêter le nouvel an sur les plages des îles Grenadines… avec une trentaine de familles !
- « Vous allez vous marcher dessus à quatre sur un catamaran » :
L’avantage du catamaran c’est qu’il y a un max d’espace. Chacun a sa chambre et peut choisir de se poser dans son coin ou de passer du temps avec les autres. Si ce n’est pas sur le bateau, c’est sur celui des autres, à terre ou sur les eaux. Il faut voir ça comme un appartement de plusieurs pièces, qui flotte, et qui permet de changer d’air en deux trois coups de voile !







