À une heure à peine des galets niçois, Sandy et Luc, alias Sauterelle Sympa et Loutre Barbue ont troqué les parasols pour les panoramas de montagnes en s’élançant sur « la route du Sel ». Comme dit Brice de Nice « pas de violence, c’est les vacances ». On a laissé la planche sur la plage pour enfiler nos chaussures de rando, direction l’arrière-pays niçois. Au menu ? Villages élevés au sommets, mollets qui chauffent sur le dénivelé positif et sous le soleil, ainsi que quelques reptiles en chemin. Bref, un grand bol d’azur qui fait du bien aux gambettes.
Infos pratiques
- Durée : 3 jours – 2 nuits
- Saisons idéales : printemps pour les journées longues et septembre pour les douces températures
- Niveau : sportif, ça chauffe les mollets mais pas besoin d’un entraînement militaire pour grimper sur les villages perchés
- Déniché et réalisé par : Sauterelle Sympa et Loutre Barbue
Jour par jour
Jour 1 : De Levens à Utelle
À peine arrivés à Nice, on dit bye bye au bord de mer et saute dans le premier bus de la ligne 19 direction Levens (pas levain, ni Le Vent Ce mais bien « Levinsse »). On laisse 100% de notre confiance au chauffeur qui transforme le bus en une spaghetti trop cuite, dans les virages sur la route des villages perchés. Petit ravito à la boulangerie Alexis, tour express dans le bourg et hop, à nous le GR®5 !
Le départ de la rando se fait tranquillou bilou : ça descend jusqu’au pont de Cros. La suite se pimente d’une bonne dose de D+. Le paysage est grandiose, les mollets chantent « allumeeez le feuu » pendant que l’on admire la vue XXL sur la vallée de la Vésubie. On se sent tout petit… Seul au monde ? Peut-être pas, mais seul sur le GR®, ça c’est sûr !
Arrivés à la petite église de la Trinité, un peu cuits mais vaillants, on se laisse attirer par un chemin alternatif. Aussi connu sous le nom de « on s’est un peu perdus ». Heureusement, une mamie du cru (chapeau de paille, accent chantant et sourire jusqu’aux oreilles) nous rattrape au vol et nous remet sur la bonne voie.
Quelques virages plus loin, Luc sursaute, bond de cabri, petit cri vif et ouverture express des paupières… Il vient d’inventer une petite danse de la peur reptilienne. Premier animal sauvage croisé… Serpent ? Lézard ? Légende locale ? On décide de faire durer le mystère jusqu’à la pause pique-nique.
La rando dans les Alpes-Maritimes, c’est simple comme bonjour : un pied devant l’autre, un peu de sueur, beaucoup de crème solaire et on termine l’étape de ce premier jour à Utelle. Ce village installé comme une olive sur la tapenade fait rayonner son charme sur toutes les montagnes voisines. À notre arrivée au centre du bourg, surprise. On n’est pas seuls dans ce bout de vallée des merveilles, quelques randonneurs et curieux des départements alentours ont aussi choisi de marquer une pause à l’hôtel Bellevue.
Ce logement est un des rares commerces/services encore ouverts ici. Les appart-hôtel sont tout aussi cosy que spacieux. Tenus par une même famille depuis plus de 60 ans, on s’y sent comme à la maison. La vue panoramique depuis les chambres rivalise avec celle de la salle de réception. Si les habitués du Bellevue viennent souvent de Nice, Cannes ou Monaco pour se régaler avec la cuisine du chef… Il n’y a pas besoin d’avoir un yacht privé pour apprécier une bonne pause douillette dans ce logis tout équipé.
Douche express pour virer la poussière sans frotter le bronzage, puis grimpette jusqu’à la Madone d’Utelle pour un coucher de soleil au sommet. À 1 180 mètres d’altitude, on contemple la mer, Nice au loin et une vue 360°. Mais attention, le vrai « wahou » c’est le comité d’accueil laineux. Un troupeau de brebis profite d’un grand festin sous l’œil de leurs (chiens de) gardes.
On reste sages et assez loin du groupe, jusqu’à ce que les chiens de protection nous rappellent (plus ou moins gentiment) que la fête est privée. En boite de nuit on aurait essayé de négocier l’entrée… Ici, on opère un demi-tour illico presto pour éviter de déranger. Le point de vue reste magnifique. La météo, un peu moins… Après cette escapade d’aventuriers, on plie bagage et file se glisser sous la couette.
Jour 2 : D’Utelle à Roquebillière
Pas le temps d’écouter le cocorico… Il est 7h et on est déjà dehors pour aller rencontrer Christophe. Ce cueilleur, moitié druide, moitié Père Noël version plantes bio est un vrai passionné de la nature. Les premières lueurs du jour viennent nous titiller la rétine, pendant que ses connaissances viennent chatouiller notre curiosité.
Ancien ingénieur devenu alchimiste des montagnes, il cueille avec respect et conscience les trésors végétaux de l’arrière-pays niçois. Quand il n’est pas au grand air, il distille ses trouvailles dans sa fabrique. La ferme Les Senteurs du Claut ne se visite pas seulement : elle se respire, se partage et se vit. Le temps d’un atelier, d’une veillée ou d’un repas gourmand, on peut redécouvrir le monde des fleurs en milieux sauvages et respirer la vie à plein nez.
On aimerait le suivre toute la journée dans ses récoltes mais notre segment de la Route du sel ne va pas se randonner toute seule ! Un itinéraire de 10 étapes qui part de Nice jusqu’en Italie qu’on ne fera pas en entier, mais qui donne des idées pour une prochaine aventure. On Direction Roquebillière. Le panneau dit « arrivée dans 5h30 » et le soleil nous dit « bon courage ».
Si à Nice on croise des stars ici, on est plutôt sur un trafic humain égal à zéro et quelques papillons qui battent des ailes. La suite de la rando se fait avec une pause ravito à l’ombre. On fait descendre notre température corporelle comme une glace hors du frigo. Doucement mais, sûrement.
Pour les rando-lovers de vieilles pierres et de panoramas qui envoient du caillou, la Route du sel coche toutes les cases… On poursuit avec quelques lacets dans les villages qui ont déjà activé le mode sieste d’après-manger. Et on termine la journée avec un peu de descente et un brin de fraîcheur le long de La Vésubie.
Mention spéciale pour Roquebillière, un village 5 étoiles pour une halte rando : fontaines, restos, Histoire, repos des orteils, tout y est. On file se mettre dans une tenue qui sent meilleur qu’une tomme de brebis affinée, puis on part prendre notre revanche pour un coucher de soleil réussi.
C’est également le moment de rencontrer Éric, un bénévole de l’Association Montagne et Patrimoine, mais aussi et surtout un passionné d’Histoire avec un grand H. Si on vous racontait toutes ses anecdotes, on devrait rédiger non pas un article, mais une mini-encyclopédie.
Avec ses archives de ducs de Savoie, ses randos d’ânes avec les enfants de l’école, les coulisses des fouilles locales et les ravages de la tempête Alex, on a failli troquer les bâtons de rando pour une pelle d’archéo.
Notre stock de calories arrive sur la réserve. Pour éviter le coup de mou, on s’installe à table de l’Ostan. Salade fraîchement garnie et joyeusement accueillie, on n’hésite pas à faire un planter de fourchette dans un chèvre pané pour recharger nos batteries.
Jour 3 : Retour en navette sur Nice
« Et bonjour » : c’est comme ça qu’on salue ici, avec le « et » devant. Le sud a ses coutumes… Ce matin, le petit dej est coloré de fruits sucrés et d’une tranche de brioche perdue. C’est un réveil digne des vacances ! Clap de fin (ou presque) de ce séjour de rando Very Nice dans la navette L90 pour rejoindre le centre de Nice.
Le retour sur les lacets de montagne n’aura pas eu raison de nos estomacs. On décide de retrouver le bord de mer pour un petit shot iodé. La ville grouille de bonnes adresses. On active notre radar aux pépites responsables et engagées avec une touche de gourmandise.
Bip, bip, bip. L’épicerie 21 paysans vient d’être détectée. Des produits locaux de qualité, une cuisine savoureuse bourrée de délices et un service qui frôle la perfection. Bingo ! Quoi de mieux que de savourer le meilleur de la cuisine locale avant de sauter dans le wagon de fin de séjour et le retour à notre petit train-train du quotidien ?
Accès
- Gare la plus proche : Gare de Nice
Idée Budget
- Bus Nice – Levens :
- Pique-nique à la boulangerie Alexis à Levens :
- Nuit et dîner à l’hôtel Bellevue :
- Visite avec Christophe :
- Visite avec Éric :
- Nuit et dîner à l’hôtel :
- Bus retour :
- Déjeuner au restaurant de Nice :
Ce qu’il faut apporter
- Le pack anti-cuisson : beaucoup d’eau, de la crème solaire, un couvre-chef et des pauses à l’ombre
- Des bonnes baskets et quelques échauffements de chevilles, ici c’est des chemins de pierres qui roulent
- De la place dans le sac pour des pique-niques gourmands qui seront nécessaire pour faire le plein de fioul
- Un sac à dos transpi-friendly
Lokki, c’est la plateforme qui fait rimer location avec sensation. Du matos au top, dispo partout en France, pour kiffer sans s’encombrer. Moins de trucs, plus d’aventures : c’est pas ça, la vraie richesse ?

Une fois par semaine, le meilleur de Chilowé pour toutes celles et ceux qui aspirent à un mode de vie local, joyeux et tourné vers la nature.