Drôles de bêtes (des montagnes)

Chez Chilowé, si vous ne l’aviez pas déjà remarqué, on a un lien très personnel avec le monde animal… Chacun.e incarne un animal totem. Dans cet article, pas de chamois, de marmotte ni de renard roux : portraits d’une faune plutôt singulière qui habite les montagnes de France. Connaissez-vous le lagopède ou le grand tétras ? Savez-vous différencier le chocard du chouca ? Avez-vous déjà… croisé un patou ? Le but de cette mise en lumière : apprendre, protéger, ouvrir grand les yeux cet été et réaliser qu’on est pas si différents de nos ami.es les animaux. Pour le meilleur ou pour le pire ! 

Le lagopède change de robe

Le lagopède fait partie de ces oiseaux du froid qui peuplaient encore l’ancien monde : c’est une relique glaciaire. Il est majestueusement emplumé, de la tête aux pattes. Le galliforme mesure une trentaine de centimètres et pèse un peu moins qu’un paquet de farine. Ce bel oiseau change de robe trois fois par an : blanche l’hiver, bicolore à l’intersaison et grise l’été. Modèle de sobriété qui a d’ailleurs inspiré la marque de vêtements de montagne Lagoped

lagopède
Boule de neige ou poule des neiges ?

Il se cache. Il se terre. Il s’enfouit dans la neige pour se dérober des prédateurs. On le trouve dans les Parcs nationaux français des Pyrénées, de la Vanoise, du Mercantour et des Écrins. C’est un animal mythique de haute-montagne vivant entre 1800 et 3000m d’altitude. Avec l’évolution des températures, le lagopède n’est pas en grosse grosse forme. Il subit des migrations forcées vers les sommets. D’après le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d’Altitude (CREA), plus de 90 % de l’habitat du lagopède alpin est voué à disparaître d’ici 2100. Ouvrez bien les yeux pour le voir, ça va pas durer ! 

Le chocard a la tchache

Le chocard fait son cirque en voltigeant très haut dans les cimes. L’oiseau est parfois appelé chouca à tort. Dans le jeu des différences, deux sont notables : les pattes et le bec. Le chocard a un le clapet jaune et les pieds rouges, tandis que le chouca est entièrement noir. Imaginez Zorro en costume de plumes ! Le chouca lui n’a jamais vu la montagne, c’est une sorte de corneille des clochers.

chocard
Tu veux ma photo ?

Le chocard est le plus sociable des corvidés, aussi bien avec ses compères corbeaux qu’avec l’espèce humaine. Avec ses amis, il se déplace en escadrille. Il fait aussi des dodos dortoir à 50 dans des cavités ou des grottes durant l’hiver. Avec les humains, il partage les casse-croûtes. 

Le patou adopte des brebis

Le patou est un chien de protection de troupeau. Grand, au propre comme au figuré, il est l’allié du berger. Suite au retour du loup dans les montagnes en Europe ces dernières années, les éleveurs ont été tenus d’adopter des patous. Sa grande particularité est qu’il grandit au sein du troupeau, c’est-à-dire avec les p’tites brebis à la bergerie. Le troupeau, c’est sa famille. Lui aussi a un pelage beige/blanc cassé mais il ne bêle pas, il aboie. Fidèle et protecteur, il sera, toute sa vie, dévoué à protéger le bétail. 

patou
Patouche aux brebis.

D’aspect mi-chien, mi-loup, il est colossal. Le patou est une belle bête d’un poids moyen de 60 kg et d’une taille de 70 cm environ. On le trouve dans les prairies de montagne où paissent caprins et ovins, au cœur des Alpes et des Pyrénées. Protecteur, il peut être menaçant sous ses aspects de gros nounours : pour savoir comment réagir face à un patou, c’est dans cette vidéo ! 

Le grand tétras fait le dandy

Le grand tétras, ou coq de bruyère pour le mâle est cousin du lagopède. Quand on a la chance d’en voir un, on dit plutôt « Oh regarde ce gros dindon ! » Le grand tétras est assurément coquet : ses yeux fardés et entourés de rouge, sa barbichette sous le bec et son costard de plumes noires nous épatent. Il se tient fièrement sur ses deux pattes avec la tête haute. Puis, à la saison des amours, le coq parade devant les poulettes. Bref, un véritable dandy séducteur. 

grand tétras

Qui dit dandy dit gourmet. Le grand tétras raffole des petites myrtilles l’été et bourgeons de conifères l’hiver. Il a le ventre bombé comme une gourde. C’est un oiseau plutôt dodu, soit le plus gros des oiseaux de forêt : un mâle peut peser jusqu’à 5 kg. On trouve ce majestueux animal dans les régions froides et boisées (entre 700 et 2000m d’altitude). Désormais disparu des Alpes, il est encore présent en petit nombre dans les montagnes jurassiennes, vosgiennes et pyrénéennes… Il est très exigeant en termes d’habitat et, en ce moment, c’est la crise du logement. Faites-vous une beauté pour le voir ! 

Vous en voulez encore ?